Mongo Beti parle : Testament d'un esprit rebelle

 
9782915129168: Mongo Beti parle : Testament d'un esprit rebelle
Extrait :

Extrait de l'avant-propos :

TOUT COMMENCE un jour de juin 1981, au lendemain de la soutenance de ma thèse de doctorat d'Etat es let­tres à l'Université de la Sorbonne et à la veille d'un voyage que j'avais décidé d'effectuer au pays après dix ans d'absence ininterrompue. Mongo Beti qui dirigeait la revue Peuples Noirs-Peuples Africains (PNPA) depuis 1978 m'avait donné rendez-vous à Paris, sur ma demande, au n° 3 de la rue de l'Asile-Popincourt, alors siège de la revue. Lorsque je fais part du rendez-vous à un ami qui ne me voulait que du bien, il en est tellement contrarié qu'il se demande quel stratagème il pourrait bien trouver pour m'empêcher d'honorer la rencontre : «Si je le pouvais, me dit-il, j'aurais pas hésité à te faire avaler des somnifères pour te clouer au lit toute la journée !» C'est qu'après dix ans de séjour en Europe et en Amérique et nanti d'une thèse d'Etat, j'avais, selon ce que l'ami prévoyait pour moi, une carrière en or dans l'enseignement supérieur camerounais ou dans la haute fonction publique de mon pays ; il trouvait donc, de ce point de vue, qu'une rencontre avec Mongo Beti risquait fort de compromettre mon bel avenir. Il n'avait pas tout à fait tort. Sauf que la carrière qu'il semblait envisager pour moi ne devait pas tellement correspondre à celle que j'avais en tête.
En tout cas, la rencontre avec Mongo Beti a bel et bien eu lieu et elle s'est d'ailleurs terminée dans un café du coin. C'est dire que le contact s'est fait sous le signe de la plus grande cordialité. Entre autres choses, on a évoqué le procès Ouandié-Ndongmo de 1971, procès qui est le sujet de Main basse sur le Cameroun (1972) et qui avait eu lieu alors que je terminais mes études à l'Université de Yaoundé. Je lui ai raconté comment des amis et moi avions fait l'école buissonnière à l'époque pour suivre la macabre mise en scène au palais de justice de Yaoundé et combien j'avais été littéralement ébloui lorsque, peu après mon arrivée en France, j'avais découvert Main basse... qui relatait et analysait de manière extrêmement saisissante les événements que nous avions vécus quelques mois auparavant.
Les liens avec Mongo Beti vont se nouer de manière durable aux alentours de 1984, lorsque je lui fais con­naître ma décision de retourner enseigner à l'Université de Yaoundé. Au cours d'une longue conversation à Paris, il me fait part de la misère dans laquelle se trouve sa famille d'Akométam. Tous ses efforts pour leur envoyer de quoi se procurer le minimum vital avaient échoué parce que les intermédiaires avaient constamment détourné l'argent, soit par cupidité, soit par peur d'entrer en contact avec la famille du célèbre opposant et d'être étiqueté de subversif avec les conséquences que cela pouvait entraîner. D'emblée, j'ai accepté de jouer au go-between entre Mongo Beti et sa mère, presque grabataire à Akométam. Mais ne parlant pas la langue de la vieille femme, j'ai fait appel à Jean-Marc Ela pour effectuer la mission.

Présentation de l'éditeur :

DANS LES MILIEUX LITTERAIRES, intellectuels et politiques africains, Mongo Beti (1932-2001) est entré dans l'histoire tant son écriture et ses opinions ont suscité et suscitent encore débats et controverses. Reconnu dès 1954 comme l'un des écrivains de langue française les plus importants, il fut cependant censuré à la fois en France et dans de nombreux pays africains pour ses dénonciations de toutes les formes de colonisation, du néocolonialisme, des dictatures et de la Françafrique.
POLÉMISTE REDOUTABLE, pamphlétaire infatigable, roman­cier renommé et travailleur acharné, il fut pendant plus de 30 ans un écrivain exilé. Par crainte légitime des pièges et persécutions dont il pouvait être l'objet, il avait instauré une distance entre lui et quiconque cherchait à l'approcher, ce qui n'a pas facilité le travail des chercheurs autour de son oeuvre.
«MONGO BETI PARLE», recueil de discussions et d'entretiens avec Ambroise Kom, est le testament d'un intellectuel hors norme qui, par son engagement total en faveur de la liberté en Afrique en général et au Cameroun en particulier, a inspiré plusieurs générations de leaders. C'est aussi et surtout un ouvrage de réflexions d'un libre penseur, avec ses ambiguïtés, ses paradoxes mais également son attachement viscéral à l'Afrique, au Cameroun et à son coin de pays natal.

Ambroise Kom a enseigné les littératures africaines, africaines-américaines et caraïbes aux USA, Canada, France, Allemagne, Maroc et Cameroun. Il est actuellement professeur de littératures et titulaire, au Collège of The Holy Cross à Worcester, aux États-Unis, de la «Eleanor Howard O'Leary Chair in French and Francophone Studies». Il a dirigé plusieurs collectifs et publié des ouvrages sur Chester Himes, George Lamming et les enjeux culturels de la condition post-coloniale en Afrique.

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1.

Mongo, Beti ; Kom, Ambroise
Edité par Homnisphères (2006)
ISBN 10 : 2915129169 ISBN 13 : 9782915129168
Neuf(s) Couverture souple Quantité : 3
Vendeur
Tamery
(Paris, France)
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Description du livre Homnisphères, 2006. Couverture souple. État : Neuf. # Broché: 320 pages # # Parution: 17 octobre 2006. N° de réf. du libraire ABE-8120767624

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