Oedipe à Alcala : Le désir du psychanalyste à l'épreuve de don Quichotte

 
9782918394198: Oedipe à Alcala : Le désir du psychanalyste à l'épreuve de don Quichotte
Extrait :

LE DÉSIR DU PSYCHANALYSTE FACE AU DÉFI DE DON QUICHOTTE

CARLOS GÓMEZ

NOS AMIS et collègues français ont voulu que ce soit à Alcala de Henares, où naquit Cervantès, que se déroule cette rencontre sur le défi de don Quichotte pour la psychanalyse. Parmi les antécédents à une doctrine scientifique, on ne compte pas en général les précédents littéraires, qui n'ont qu'un rôle ornemental ou ne sont que goûts personnels ou culturels de l'auteur. Certes, il n'en est pas toujours ainsi, mais dans le cas de Freud, le caractère particulier de ses intérêts oblige à considérer la littérature comme étant un des piliers de sa formation. Ainsi que lui-même l'a indiqué à diverses reprises, ni à l'époque de son choix professionnel ni après, il ne s'est senti d'attrait particulier pour la médecine ou la pratique médicale. Il écrit dans son Sigmund Freud présenté par lui-même que, se sentant énormément attiré par les doctrines de Darwin, il décida de faire médecine à la lecture d'un poème de Goethe sur «La Nature» lors d'une conférence de vulgarisation scientifique. Mais l'explication de Freud est confuse : il est curieux qu'il ait pris cette décision d'étudier la médecine dans un moment d'exaltation provoquée par un chant - dont on sait aujourd'hui qu'il n'était pas de Goethe - dont le ton panthéiste célèbre la nature comme mère tendre aux ressources inépuisables. En outre, Freud reconnaissait qu'il était «plutôt mû par une sorte de désir de savoir, lequel se rapportait toutefois plus à la condition humaine qu'à des objets naturels». Étant donné que sa famille ne semble pas l'avoir influencé, l'explication d'un choix si étrange peut être trouvée dans d'autres témoignages de Freud lui-même. En février 1896, il avouait à son ami Fliess : «Dans ma jeunesse je n'ai eu d'autre aspiration que celle du savoir philosophique, aspiration que je suis sur le point de satisfaire maintenant, car je me prépare à passer de la médecine à la psychologie.» Si malgré tout il ne s'y est pas consacré, cela semble dû à la prudence à l'égard d'un objet aussi convoité, dont il se défendit comme d'un amour dans lequel il aurait craint de se perdre, et au fait qu'il déplorait l'excès de spéculation auquel s'abandonnent souvent les philosophes et dans lequel lui-même pouvait tomber. Il lutta contre son intérêt pour la philosophie par une sobre discipline scientifique qui devait lui permettre de ne pas s'égarer dans une spéculation qui embrasserait tout et qu'il n'aborda que dans les dernières années, à partir d'une base plus empirique. C'est peut-être pour cela qu'à 79 ans, dans la note ajoutée à son Sigmund Freud présenté par lui-même, il reconnaissait avoir fait un long détour avant de revenir à ces «problèmes culturels qui avaient jadis captivé le jeune homme qui s'éveillait à peine à la pensée.» Il est certain que, en empruntant ces étranges voies, il s'aliéna la considération des scientifiques sans gagner la reconnaissance des philosophes. Mais il est vrai aussi qu'à la longue il finit par satisfaire les deux tendances, celle de l'observation empirique et celle de la spéculation, obligeant les uns et les autres, scientifiques et philosophes, à tenir compte des points de vue dérivés du nouveau continent que lui seul avait osé découvrir et, dans une bonne mesure, coloniser : celui de l'inconscient.

Présentation de l'éditeur :

Le psychanalyste dans son acte, est un lecteur de lettres, lettres mises en paroles, lettres inscrites dans le corps, de «livre de chair»... Il s'affronte dans son écoute à leurs cris, leurs plaintes, leurs mouvements de désir.
Il y a, dans le désir du psychanalyste en jeu dans chaque cure, un lecteur qui s'éprouve et c'est à ce titre qu'Oedipe le Salon souhaite se mettre en mouvement. Un lieu, une oeuvre. C'est l'oeuvre qui l'intéresse ; point l'auteur en mal de compréhension mais bien l'oeuvre et sa fiction au plus près de nos vérités ! Il s'agit, pour chacun qui s'y risque, de s'affronter à ces textes, une grande oeuvre comme l'on dit, sur les lieux mêmes qui l'accueillent. S'affronter aux lettres de l'écrivain, faire le pari que la lecture du livre éclairera d'un autre jeu d'ombres et de lumières ce qui met en mouvement un désir d'analyste.
Aujourd'hui nous proposons Cervantès à Alcala de Henares avec le souhait - Wunsch - de compagnonner avec des psychanalystes espagnols.

E psicoanalista, en su actuar, es un lector de letras, letras convertidas en palabras, letras inscritas en el cuerpo, de "libro-libra de carne"...A través de la escucha el analista se confronta con sus gritos, sus quejas, sus movimientos de deseo.
En el deseo del psicoanalista que esta en juego en cada cura, hay un lector que se pone a prueba y por esta razón Edipo el Salón desea ponerse en movimiento. Un lugar, una obra. Le interesa la obra misma, y en absoluto analizar al autor, sino la obra y su ficción, que tan cerca están de nuestras verdades. Para los que quieran correr el riesgo, se trataría de medirse con estos textos, que son como suele decirse una obra maestra, en los mismos lugares donde es acogida. Medirse con las letras del escritor, apostar que la lectura iluminará con otro tipo de luces y sombras lo que pone en movimiento el deseo del analista.
Hoy día, proponemos a Cervantes en Alcalá de Henares con el deseo - Wunsch - de crear lazos de compañerismo con analistas españoles.

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