Eric Oliva Du soleil vers l'enfer

ISBN 13 : 9782918413387

Du soleil vers l'enfer

 
9782918413387: Du soleil vers l'enfer
Extrait :

- Bonjour, Martine, lança Emma tout essoufflée.
- Bonjour, répondit la nounou sur le pas de la porte.
- Je suis follement en retard, je ne peux pas traînasser.
- J'ai vu oui, tu ne seras jamais à l'heure au boulot.
- Ce matin, impossible de remettre la main sur mes clefs de voiture, je les ai cherchées dans tout l'appartement pendant un bon quart d'heure.
- J'imagine que tu devais être bigrement énervée.
- Vous n'avez pas idée, surtout quand Brian les retrouve dans le frigo, il avait dû les y déposer hier soir...
- Ah ces gosses !
- Et encore, quand je pense au sketch de Coluche ; ils ont dit qu'il fallait faire deux enfants et demi... Je suis bien contente de n'avoir pas mis la dernière moitié en route avant que mon mari ne nous quitte.
Martine la fixa avec deux yeux ronds. À bientôt soixante-dix ans, elle manquait cruellement d'humour, ce qui plaisait énormément à Emma qui passait son temps à la piquer gentiment. Elle paraissait pourtant bien plus jeune. Du haut de son mètre soixante, à huit heures du matin, cinq jours par semaine, elle était apprêtée comme pour sortir, élégamment coiffée et toujours maquillée.
Depuis que la nounou s'occupait de ses enfants, Emma Paolini était détendue et pouvait se consacrer entièrement à son travail. Les problèmes liés à la garde de sa progéniture ne l'atteignaient plus le moins du monde.
- Allez file ! Ton retard ne va pas s'améliorer, dit Martine en levant des sourcils fins et épilés.
- Je suis partie, répliqua la maman en faisant une bise sur le front de sa petite fille, tu seras bien sage mon bébé, n'est-ce pas ?
Mia se contenta de lui rendre un sourire et fit volte-face pour entrer chez sa nourrice.
- Ça c'est fait..., murmura Emma à l'attention de Martine.
- Ne t'en fais pas, elle te pardonnera un jour ; sans le savoir, quelqu'un lui manque, c'est tout.
- Je suppose, soupira-t-elle, c'est l'histoire de notre vie.
Après avoir tendu à Martine le sac qui renfermait les habits de Mia, Emma se dit qu'il était temps de passer à la vitesse supérieure. Délaissant volontairement l'ascenseur qui avait tendance à se faire prier, elle descendit l'escalier de marbre pour rallier la ferveur de la rue.
Il lui fallut vingt bonnes minutes pour rejoindre son bureau situé au centre d'affaires de l'Arénas, à l'ouest de Nice, à proximité de l'aéroport. Comme souvent, son chemin croisa celui de plusieurs collègues, certains tout aussi en retard qu'elle ; Patrick, qui venait de batailler pour trouver une place de stationnement ou Jérémie qui cherchait désespérément une nouvelle excuse pour son énième panne de réveil. Mais pourquoi venaient-ils s'épancher sur sa frêle épaule ? Elle qui, sempiternelle ment chaque matin, ramait entre les couches de Mia, l'école de Brian et son travail s'en voyait déjà de toutes les couleurs. Comment pourrait-elle gérer les problèmes des autres ?
- Je dois avoir la tête à ça, fit-elle à voix basse en rejoignant l'Escalator de la tour de verre.

Un mot de l'auteur :

Polar. Que signifie réellement ce terme lorsqu'il est prononcé par un lecteur, un auteur, un cinéphile, un cinéaste ?
C'est un terme générique qui rassemble une multitude de scènes ou sont censés se côtoyer les bons et les méchants ou les premiers sont souvent les flics et les seconds, logiquement, les voyous...
Quand j'ai commencé l'écriture de Du soleil vers l'enfer, j'ai tout de suite voulu donner un sens à l'histoire d'Emma. Cette mère de famille allait connaître l'enfer oui, mais après 23 ans de métier, je sais ce qu'est vraiment l'enfer pour une femme lorsque les aléas de la vie fait qu'elle tombe entre de mauvaises mains. J'ai vu ce qu'ils étaient capables de leur faire, et ce qu'elles étaient capables d'endurer.
Mais le but n'était pas de faire pleurer dans les chaumières, et je me suis servi de ce que je vis au quotidien pour raconter une réalité du terrain à mille lieues des séries policières. Je sais que j'y suis arrivé lorsqu'un lecteur me dit "En lisant ce roman, j'ai l'impression de regarder Complément d'enquête".
Ma plume est souvent cinglante, des passages peuvent parfois être violents, mais je m'applique à rester au plus près de ce que les enquêteurs vivent chaque jour, de ce que les victimes ressentent chaque seconde.
Et quand un lecteur m'écrit qu'il a été ému par la lecture de mon roman, là je sais que j'ai gagné.

Eric Oliva

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