Ford, Richard Canada

ISBN 13 : 9782757845240

Canada

Note moyenne 3,5
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9782757845240: Canada
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504pages. poche. Broché.

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Revue de presse :

Roman-monde, «Canada» est un chant puissant, funèbre et magnifique, un magistral requiem à la jeunesse perdue qui confirme la place essentielle qu'occupe Richard Ford dans le roman américain contemporain. (Didier Jacob - Le Nouvel Observateur du 22 août 2013)

Le récit du geste insensé des époux Parsons, de l'effarante sortie de route de ce couple que rien ne prédisposait au crime, a beau occuper les deux cents premières pages de Canada, ce n'est clairement pas dans une narration à suspense, une aventure épique que l'on s'avance, entreprenant la lecture de ce septième, et somptueux, roman de Richard Ford (1). Il y a certes l'enchaînement des faits, que déroule minutieusement Dell Parsons, un demi-siècle plus tard, alors qu'il a 63 ans - ajoutant bientôt, à la chronique de sa prime enfance et à celle du hold-up parental, celle de sa survie postérieure, la disparition volontaire de sa jumelle Berner, son propre exil au Canada, et, là, sa rencontre décisive avec le mys­térieux, charmeur et manipulateur ­Arthur Remlinger, etc. Mais, de fait, nourri par les souvenirs que Dell repêche un à un dans sa mémoire et articule entre eux, ce déploiement romanesque si plein de détails concrets et d'admirables seconds rôles, si maîtrisé et savoureusement précis, s'impose comme le support d'une méditation - conduite par Richard Ford de façon tout à la fois savante et sensible, à travers la voix et les réflexions de son narrateur. (Nathalie Crom - Télérama du 21 août 2013)

Canada est l'aventure d'un adolescent de 16 ans, Dell, dont les parents font un hold-up foireux pour rembourser des dettes. Le père travaille dans l'Air Force, comme naguère le père de la femme de Ford. La comparaison s'arrête là...
La banque attaquée est dans un trou du Nord Dakota. Les parents sont arrêtés sous le nez de leurs enfants : longue et formidable scène, du point de vue de Dell. Ils meurent en prison, vite. Pour échapper à l'orphelinat, la soeur de Dell fugue et lui, file au Canada. Le voilà chez un propriétaire d'hôtel de passe, pour qui il travaille. Ce propriétaire pourrait devenir une sorte de nouveau père : c'est un type plein de mystère. Mais c'est aussi un monstre. Canada est un roman d'apprentissage rétrospectif. Il flotte aux confins indéterminés d'un deuil impossible et d'un avenir possible...
Enfant, il aimait beaucoup son père. Quand celui-ci est mort, il n'a pas pleuré : «J'ai pensé "tu es très triste, pourquoi tu ne pleures pas ?" Puis je me suis demandé "c'est quoi, pour toi, la nature du chagrin ? As-tu une réponse ? Non." Finalement, cette mort, c'était ma liberté.» (Philippe Lançon - Libération du 19 août 2013)

La lecture de Canada, de Richard Ford, est d'une évidence troublante. Troublante à ce point qu'un (court) temps on s'en défierait presque, comme si la fluidité sans écueil des quelque 500 pages du roman risquait de signaler une densité manquante - manque qui serait alors facilité, celle d'une langue trop peu inquiète d'elle-même pour que quelque chose de saillant y advienne. Mais il y a une autre forme d'évidence, une autre forme de fluidité qui se trouve être l'horizon et la fierté d'un romancier : celle par laquelle il est parvenu, au prix d'un travail qu'il a l'élégance d'avoir enfoui, à donner cet heureux sentiment que les phrases, puis les paragraphes, puis les chapitres, glissent infiniment les uns sur les autres, en cette forme ici rhapsodique par laquelle le narrateur, Dell Parsons, professeur désormais à la veille de la retraite, déroule en soixante-neuf séquences le long ruban d'une période décisive, violente et insensée de sa jeunesse...
C'est cela, l'évidence troublante de ce livre, celle par laquelle l'écriture, puissance picturale et musicale, en faisant magiquement circuler le langage dans la matière des choses, les renoue enfin entre elles et les réconcilie avec celui qui les pense - et aussi, bien sûr, avec celui qui les lit. (Tanguy Viel - Le Monde du 12 septembre 2013)

C'est à une surprenante traversée que nous convie l'Américain Richard Ford avec ce septième roman, dont la simplicité révèle bien des richesses. Sans effets ni fracas, Canada ouvre une brèche vers l'inextricable enchaînement des destinées, fraie un passage dans lequel le lecteur s'engouffre dès les premières phrases, promesses d'aventures qui exhalent le danger et la mort...
Éloge tout à la fois du mouvement et de la permanence, récit faussement amoral - les déviants sont châtiés, tout au mieux exilés - sans être jamais moralisateur, sombre sans être cynique, Canada est un roman en marche, qui se compose à mesure des questionnements de Dell. Richard Ford y abandonne la vérité aux plus timorés, pour offrir aux esprits curieux la saveur âpre et mystérieuse de la vie. Car «ce qu'on fait, ce qu'on n'a pas fait, ce qu'on a rêvé de faire, un beau jour tout se rejoint.» (Fabienne Lemahieu - La Croix du 18 septembre 2013)

Tout est là ! Richard Ford traque les moments de bascule. Plus que les défaites d'une vie, ce qui l'intéresse, ce sont les instants qui mènent à la sortie de route. Comment dérapons-nous ? Le destin ? Le fruit des rencontres ?...
Sommes-nous les témoins ou les complices ? La frontière entre ces deux états est aussi peu claire que celle qui sépare les Etats-Unis du Canada : invisible, artificielle, symbolique. Dell perd sa soeur jumelle, Berner, qui a préféré s'enfuir vers la Californie, et se retrouve au Canada, ce faux jumeau de l'Amérique. Richard Ford, lui, frappe un grand coup. Et signe un livre qui n'en finira pas de résonner dans l'âme du lecteur. (François Busnel - L'Express, septembre 2013)

Dans « Canada », Richard Ford suit le destin de deux adolescents qui vont payer cher les erreurs de leurs parents...
Ford joue de toutes les noirceurs. Comme si le fond n'était jamais atteint. Il nous entraîne dans une réflexion sur l'idée du basculement et de la maîtrise du destin. « On aurait tort de passer à la trappe des événements, même néfastes, car ils sont la seule voie qui nous mène au présent. » Le présent n'est pas le seul sujet de Ford. L'avenir l'est aussi. Mais de qui dépend-il ? De soi ? Des autres ? Du hasard ? De quoi méditer une fois refermé l'immense roman de Ford. (Valérie Trierweiler - Paris-Match, novembre 2013)

Extrait :

D'abord, je vais raconter le hold-up que nos parents ont commis. Ensuite les meurtres, qui se sont produits plus tard. C'est le hold-up qui compte le plus, parce qu'il a eu pour effet d'infléchir le cours de nos vies à ma soeur et à moi. Rien ne serait tout à fait compréhensible si je ne le racontais pas d'abord.
Nos parents étaient les dernières personnes qu'on aurait imaginées dévaliser une banque. Ce n'étaient pas des gens bizarres, des criminels repérables au premier coup d'oeil. Personne n'aurait cru qu'ils allaient finir comme ils ont fini. C'étaient des gens ordinaires, même si, bien sûr, cette idée est devenue caduque dès l'instant où ils ont bel et bien dévalisé une banque.

Mon père, Bev Parsons, était un gars de la campagne, né dans le comté de Marengo, Alabama, en 1923 ; il avait quitté l'école en 1939, brûlant d'entrer dans l'armée de l'air, ce corps qui est devenu l'Air Force. Il a intégré Demopolis, fait ses classes à Randolph, près de San Antonio, et il voulait à tout prix être pilote de chasse mais, n'en ayant pas les capacités, il a appris à piloter un bombardier. Il pilotait les B-25, les Mitchell poids léger, qui ont servi aux Philippines, puis à Osaka, où ils faisaient pleuvoir la destruction sur terre - frappant l'ennemi comme l'innocent. C'était un grand gaillard sympathique, souriant, bel homme, de plus d'un mètre quatre-vingts (il tenait tout juste dans l'habitacle du bombardier), avec un visage large et carré tourné vers autrui, des pommettes saillantes, une bouche sensuelle et de longs cils de fille, superbes. Il avait des dents d'une blancheur éclatante et des cheveux noirs coupés court dont il était très fier, comme il était fier de son prénom, Bev. Capitaine Bev Parsons. Il n'a jamais voulu reconnaître que Beverly était un prénom féminin pour la plupart des gens. C'était d'origine anglo-saxonne, disait-il. «Très courant en Angleterre, il y a des hommes qui s'appellent Vivian, Gwen et Shirley, là-bas. Et on ne les confond pas avec des femmes pour autant.» C'était un causeur impénitent, l'esprit ouvert pour un sudiste, des manières affables et obligeantes qui auraient dû le mener très loin au sein de l'Air Force, mais qui ne l'ont mené nulle part. Ses yeux vifs, noisette, parcouraient la pièce où il se trouvait pour y découvrir un auditoire - ma soeur et moi en général. Il racontait des blagues ringardes avec un cabotinage typiquement sudiste, il connaissait des tours de cartes et des tours de magie, il arrivait à détacher la première phalange de son pouce et à la remettre en place, il savait faire disparaître et revenir un mouchoir. Il jouait du boogie-woogie au piano et parfois il nous parlait «dixie», ou bien comme dans Amos 'n' Andy. Il avait perdu un peu d'audition en pilotant les Mitchell et il était susceptible sur ce chapitre. Mais il était rudement chic avec sa coupe d'«honnête» GI et sa tunique bleue de capitaine ; en somme, il dégageait une chaleur sincère qui faisait que ma soeur jumelle et moi, on l'adorait. C'est d'ailleurs sans doute ce qui avait attiré ma mère (même s'ils étaient aussi différents, aussi désassortis que possible, tous les deux) qui était par malchance tombée enceinte dès leur première rencontre, expéditive, après une soirée en l'honneur des aviateurs rentrés du front, non loin de l'endroit où il se recyclait en directeur de l'approvisionnement, à Fort Lewis, en mars 1945, ses services de largueur de bombes n'étant plus requis. Ils s'étaient mariés dès qu'ils s'en étaient aperçus. Ses parents à elle, des juifs polonais émigrés qui habitaient Tacoma, n'étaient pas ravis. Gens instruits, professeurs de mathématiques, musiciens semi-professionnels - ils donnaient des petits concerts très courus à Potsdam, qu'ils avaient quitté en 1918 pour s'installer dans l'État de Washington via le Canada -, ils étaient devenus, hasards de la vie, concierges d'école. Être juifs ne voulait plus dire grand-chose pour eux à l'époque, ni pour notre mère, et renvoyait surtout à un mode de vie étriqué, vieillot et contraignant qu'ils n'étaient pas fâchés d'avoir laissé derrière eux en émigrant dans un pays apparemment exempt de juifs.

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