Marseille de nos pères

 
9782812607011: Marseille de nos pères
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128pages. in4. Reliure editeur.

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Extrait :

A l'école, c'était formidable. On nous apprenait que nous descendions tous de Gyptis et Protis, fondateurs de Massilia, dans la calanque du Lacydon. Nous, les filles, on s'imaginait superbes, princesses dignes de faire fondre d'amour un capitaine grec. Et les garçons, qui n'avaient sans doute pas encore le sens du politique, se voyaient bien en marin grec, boucles brunes et teint hâlé, capable de faire chavirer une «nistonne», au premier regard.
C'est à la maison que c'était plus compliqué. Difficile de retrouver Gyptis dans nos mères aux hanches larges, qui «trissaient» l'aïoli d'une main ferme, roulaient la semoule ou étalaient la pâte. Compliqué d'imaginer cette blonde aux yeux verts, qui mêlait la crème fraîche de sa Normandie natale à l'huile d'olive, en descendante royale d'une belle brune. Sans doute, pour nos pères aux accents chantants, tantôt italiens, auvergnats, arméniens, grecs, espagnols ou tunisiens, elles avaient été, un jour, de sublimes princesses. Mais l'histoire devenait tout de même un peu compliquée côté filiation. Et cette différence entre la légende et nos vies signifiait juste que nous grandissions. À Marseille.
Et puis il y a eu nos pères. Nés ici. Dans ces quartiers-villages accrochés aux collines qui dévalent vers le port. Ils nous ont raconté la ville. Celle de leur enfance. Et si l'insouciante jeunesse nous rendait un peu sourds, ces mots sont restés accrochés aux murs et mêlés aux parfums de la ville.
Le mien était marin. Né dans le quartier des Chartreux. Vite parti sur les océans pour devenir capitaine au long cours, puis pilote des ports de Marseille. L'éloignement lui avait donné un attachement viscéral à cette ville, puis à la Provence dont il apprit la langue tardivement.
Celui d'Hélène Tabès était reporter-photographe, natif de Niort, puis installé avec ses parents à Perpignan, dans les années 1930. Un voyageur lui aussi, qui attrapait du bout de l'objectif les scènes qui lui semblaient illustrer la vie, voire l'exotisme des cités traversées.
En découvrant ses photographies, j'ai entendu des mots. Ceux de mon père qui me racontait son Marseille. Et tout est revenu. Intact. Il a été parfois difficile de retrouver certains lieux. Mais la petite musique des mots est restée là. Comme le souvenir d'un soir de 14 Juillet, sur le Vieux-Port où, depuis une pilotine - bateau utilisé par les pilotes pour aller à la rencontre des navires qu'ils font entrer dans le port -, la petite fille que j'étais, terrifiée par le bruit du feu d'artifice, cachait son visage dans les bras paternels. Le bruit, les milliers de lumières ce soir-là, m'ont fait rêver que j'étais princesse dans les bras d'un prince au costume d'étoiles. Une princesse marseillaise.

AVANT LA TEMPÊTE

1942. Il avait vingt ans. Au retour d'un marin vers Marseille, que ce soit d'une pêche au large de la rade ou d'un long voyage jusqu'en Afrique, le premier regard est pour la Bonne Mère. Notre-Dame-de-la-Garde, figure maternelle, repère de navigation comme des âmes.
1942, l'envahisseur a franchi la frontière vers le sud. Il est là. Et Marseille s'accroche à un quotidien faussement calme, perpétuant habitudes et usages. Il faut bien vivre. Immuable, la Bonne Mère est là, comme garante d'une liberté qui s'amenuise. On y monte pour prier. On y grimpe pour lire les ex-voto qui ornent par centaines les murs de pierre. On vient remercier d'avoir ramené l'enfant marin. On y va juste en promenade voir cette ville qui baigne dans le soleil et semble encore à l'abri de la guerre.
Belle illusion avant de descendre manger la glace sur le Vieux-Port, ainsi nommé depuis qu'un nouveau port accueille les navires de commerce, laissant place libre aux bateaux de pêcheurs.
Puis, on traverse grâce au pont transbordeur qui vit là ses dernières heures, on flâne, on se persuade que la paix est proche, la guerre lointaine même si elle est déjà là.
1942. Ce sont les dernières images d'une ville avant la tempête. Les dernières de leur enfance.

Présentation de l'éditeur :

Photographe renommé de l'après-guerre, le père d'Hélène Tabès, Jean Ribière, a séjourné à Marseille dès 1942, réalisant de saisissants clichés de la ville occupée, dernières images avant la tempête des destructions allemandes et des bombardements alliés. À la même époque, le père de Silvie Arles, né aux Chartreux, se rêvait capitaine au long cours, ce qu'il serait un jour avant de devenir pilote des ports de Marseille. Leurs filles réunissent leurs souvenirs de la cité phocéenne dans ce livre lumineux et gracieusement nostalgique qui déroule les images pas si lointaines d'une ville aux dimensions d'une poignée de villages. On y passe d'une rive à l'autre par le pont transbordeur, un funiculaire grimpe à la Bonne Mère, au vallon des Auffes des grues émaillent le chantier des futurs immeubles. Gouailleur et chaleureux, le peuple de la plus ancienne ville de France prend le visage d'un marin raccommodant ses filets, d'une habile santonnière ou d'une marchande de jujubes... C'est le Marseille de nos pères, à la réputation déjà sulfureuse, mais où il est si heureux de vivre.

Native de Marseille, Silvie Ariès a travaillé comme journaliste pendant 25 ans, notamment comme chef d'agence pour La Provence. Elle se consacre désormais à l'écriture. Au Rouergue, elle est l'auteur des textes du livre Rabanel, consacré au chef arlésien (2011).

Jean Ribière, photographe de renom actif dans les années 1940 à 1970, avait créé sa propre agence et vendait ses reportages aux grands titres de presse de l'époque : L'Express, l'Aurore, Match, Keystone, etc. Sa fille Hélène Tabès gère aujourd'hui son oeuvre. Elle a notamment initié la publication du livre Aveyron, le temps de la terre (Éditions du Rouergue, 2012).

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1.

Aries Silvie/ribiere Jean/tabes Helene
Edité par ROUERGUE (2014)
ISBN 10 : 2812607017 ISBN 13 : 9782812607011
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Ariès, Silvie/ Tabès, Hélène
Edité par Editions du Rouergue (2014)
ISBN 10 : 2812607017 ISBN 13 : 9782812607011
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Description du livre Editions du Rouergue, 2014. Hardcover. Etat : Brand New. French language. 9.53x7.64x0.71 inches. In Stock. N° de réf. du vendeur zk2812607017

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