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L Obomsawin - Couverture souple

 
9780920814949: L Obomsawin

Synopsis

Un beau matin de printemps, un petit hydravion se pose sur un lac non loin de Sioux Junction, pour y déposer trois visiteurs : le juge, le procureur de la Couronne et l'avocat de la défense du procès qui s'ouvre le lendemain. Le peintre Thomas Obomsawin est accusé d'avoir mis le feu à la maison familiale. Ce procès, pour le moins inusité, va causer des maux de tête aux gentils propriétaires de l'Hôtel des Draveurs et transformer par le fait même l'allure de Sioux Junction, ville ouvrière jusque-là moribonde.

L'Obomsawin, c'est la vie tumultueuse de ce peintre amérin­dien, avec ses ruses et ses faiblesses. C'est aussi une ribambelle de personnages courageux, drôles, parfois rebelles, qui parlent avec tout leur coeur et dont chaque geste est une aventure.

Né à Ottawa, Daniel Poliquin se passionne depuis longtemps pour les langues étrangères et la littérature. Il détient une maîtrise en Allemand et un doctorat en Lettres françaises. Traducteur à la Fonction publique fédérale depuis 1976, il est maintenant réviseur et enseigne à temps partiel à l'École des traducteurs et interprètes de l'Université d'Ottawa.
Il a publié son premier roman, Temps pascal, chez Tisseyre en 1982. À l'automne 1987, Québec/Amérique publiera Nouvelles de la Capitale, un recueil de nouvelles.

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Extrait. © Reproduit sur autorisation. Tous droits réservés.

L'Obomsawin somnole.

Il est seul. Le seul occupant du seul banc public de Sioux Junction, sa ville natale, où il subit son procès pour incendie criminel.
Banc public, c'est vite dit : un banc que lui-même, Obom, a arraché de l'église catholique ukrainienne fermée depuis longtemps, et où il passe presque tout son temps en attendant le verdict. Ville, façon de parler : il ne reste à peu près plus rien de Sioux Junction depuis que les employeurs en sont partis.
C'est Thomas Obomsawin, le peintre, un nom qui veut encore dire quelque chose. Son oeuvre est connue dans toutes les capitales du monde. Il a déjà deux biographes : un professeur de Toronto et un critique montréalais.
L'Obomsawin n'est plus le même, toutefois. Il est temps de récrire sa vie. Je suis son troisième biographe.
*
L'Obomsawin est revenu à Sioux Junction il y a environ un an. Sa vie est une longue litanie de départs forcés et de retours consentis à Sioux, où il est né et où il mourra. Il est réapparu l'an dernier, décidé à ne plus jamais peindre. Il a tenu parole.
Pour le moment, disons que ça va mal. Thomas Christophe Obomsawin, né le 18 décembre 1935, à Sioux Junction, Province de l'Ontario, a été inculpé d'incendie criminel le 4 avril 1985 et traduit en Cour suprême de l'Ontario le 19 mai suivant, devant Son Honneur, le juge James H. Kendrick. Aux termes du Code criminel, quiconque est reconnu coupable d'avoir causé volontairement et de propos délibéré un incendie est passible de quatorze ans de détention. L'Obomsawin, qui semblait parfaitement indifférent à la question, a finalement plaidé non coupable sur les instances de son avocat, lequel lui a fait comprendre, non sans mal, que c'était sérieux. Si le procès tourne mal, c'est le pénitencier de Kingston pour longtemps, ou alors, l'internement à l'asile à Toronto. L'Obomsawin persiste à dire que de toute façon, sa vie s'achève, alors, vous ferez ce que vous voudrez... Toutefois, l'Obom n'est pas fâché du répit que lui donne le procès.

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