Les deux chaumières: - Sur les limites du département de l'Aisne, à l'ouest de la petite ville de Villers-Cotterêts, engagées dans la lisière de cette magnifique forêt qui couvre vingt lieues carrées de terrain, ombragées par les plus beaux hêtres et les plus robustes chênes de toute la France, peut être, s'élève le petit village d'Haramont, véritable nid perdu dans la mousse et le feuillage, et dont la rue principale conduit par une douce déclivité au château des Fossés, où se sont passées deux des premières années de mon enfance. A mesure qu'on avance dans la vie, et qu'on s'éloigne, en réalité, du berceau pour se rapprocher de la tombe, il semble que ces fils invisibles qui rattachent l'homme aux lieux de sa naissance se fassent plus forts et plus invincibles. C'est que le cœur, l'esprit, l'intelligence, tout l'être enfin, réagit contre ce spectre qu'on appelle le temps, qui nous pousse sans cesse en avant d'une main plus forte et d'une impulsion plus sensible, comme si notre vie suivait une pente, et que, selon les lois de la pesanteur, elle roulât plus rapide vers la fin que vers le commencement; alors on se retourne éploré; on crie, on se cramponne à tout ce que l'on rencontre sur la route; puis, comme tout ce que l'on rencontre suit la même pente, entrainé par le même tourbillon, l'on sent que toute résistance est inutile et désespérée; l'on tend les bras vers les objets qui brillent à l'horizon matinal comme aux dernières flammes du couchant, blanchissent parfois, à l'horizon opposé, les murailles d'une humble petite maison, ou enflamment les vitres d'un orgueilleux et splendide château. La vie de l'homme se sépare en deux phases bien distinctes: les trente cinq premières années sont pour l'espérance; les autres sont pour le souvenir........
En 1810, dans le petit village d’Haramont, près de Villers-Cotterêts, deux familles se soutiennent pour faire face à la dureté de la vie paysanne. D’un côté la famille Cadet composée du grand-père, de la belle-fille et du petit-fils Conscience que l’on appelle «l’innocent» du fait de sa grande franchise et de sa grande douceur, que ce soit envers les hommes ou les animaux. De l’autre coté une jeune fille Mariette, sa mère et son petit frère. Elevés ensemble, Conscience et Mariette découvrent un beau jour d’octobre 1813 qu’ils s’aiment d’amour. Malheureusement pour eux, l’actualité les empêche de profiter de leur bonheur naissant. En effet, Napoléon, sur le déclin, a un besoin urgent d’hommes pour faire face à la coalition européenne. Conscience est appelé à la conscription au cours de laquelle il tire un mauvais numéro...
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