Description des contes de Mirbeau Il est clair que le romancier n’accordait que peu d’importance à une besogne qui, à ses yeux, était avant tout alimentaire. En effet, le conte joue alors un rôle de premier plan dans la grande presse et il est, avec la chronique, un genre fort prisé du public, qui permet à la plupart des écrivains de gagner leur vie beaucoup plus sûrement que par la publication de leurs livres. Pour les quotidiens, il est une manière de fidéliser leurs lecteurs en leur offrant un espace ludique et en leur apportant une dose modérée d’émotion ou de gaieté. Mirbeau y voit aussi une occasion précieuse de faire ses gammes en y traitant des sujets et en y brossant des personnages et des décors auxquels il entend donner des développements dans ses œuvres romanesques. Mais, pour lui, il n'est pas question pour autant de réduire ses récits de presse à de vulgaires divertissements, et il entreprend de subvertir le genre : au lieu de rassurer et d’entretenir le misonéisme et la bonne conscience de ses lecteurs bourgeois, il va les inquiéter et les obliger à « regarder Méduse en face ». L’humour grinçant et l’horreur qu’il affectionne n’ont rien de gratuit et servent au contraire à perturber le confort moral et intellectuel du lectorat pour le contraindre à réagir : tout vaut mieux que cette indifférence des troupeaux que l’on mène à l’abattoir… ou aux urnes. Les thèmes abordés suscitent un choc pédagogique : le tragique de l’humaine condition et « l’horreur d’être un homme » ; la souffrance consubstantielle à l’existence ; le sadisme, les impulsions homicides et la loi du meurtre sur laquelle reposent les sociétés ; l’incommunicabilité et la guerre entre les sexes ; et la dérisoire existence larvaire d’êtres humains déshumanisés par une société oppressive et aliénante. Avant Le Jardin des supplices, Mirbeau y dresse l’inventaire des infamies humaines et de l’universelle souffrance : « L’homme se traîne pantelant, de tortures en supplices, du néant de la vie au néant de la mort » Les contes de Mirbeau, farcis d’allusions polémiques à l’actualité, sont le complément de ses chroniques journalistiques. Il s’y livre à un contestation radicale de toutes les institutions et y attaque toutes les formes du mal social de la fin du siècle : le cléricalisme qui empoisonne les âmes, le nationalisme qui pousse au crime, le revanchisme fauteur de guerre, l’antisémitisme homicide, le colonialisme génocidaire, le cynisme des politiciens qui arnaquent les électeurs, le sadisme des « âmes de guerre », la misère des prolétaires des villes et des campagnes, la prostitution, l’exploitation des pauvres et l’exclusion sociale. Loin de n’être qu’un inoffensif dérivatif, les contes cruels de Mirbeau constituent une véritable entreprise de démystification.
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Octave Mirbeau, né le 16 février 1848 à Trévières (Calvados) et mort le 16 février 1917 à Paris, est un écrivain, critique d'art et journaliste français. Il connaît une célébrité européenne et de grands succès populaires, tout en étant également apprécié et reconnu par les avant-gardes littéraires et artistiques, ce qui n'est pas commun. Journaliste influent et fort bien rémunéré, critique d’art défenseur des avant-gardes, pamphlétaire redouté, Octave Mirbeau est aussi un romancier novateur, qui a contribué à l'évolution du genre romanesque, et un dramaturge, à la fois classique et moderne, qui a triomphé sur toutes les grandes scènes du monde. Mais, après sa mort, il traverse pendant un demi-siècle une période de purgatoire : il est visiblement trop dérangeant pour la classe dirigeante, tant sur le plan littéraire et esthétique que sur le plan politique et social. Littérairement incorrect, il est inclassable, il fait fi des étiquettes, des théories et des écoles, et il étend à tous les genres littéraires sa contestation radicale des institutions culturelles ; également politiquement incorrect, farouchement individualiste et libertaire, il incarne une figure d'intellectuel critique, potentiellement subversif et « irrécupérable », selon l'expression de Jean-Paul Sartre dans Les Mains sales.
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Paperback. Etat : new. Paperback. Description des contes de Mirbeau Il est clair que le romancier n'accordait que peu d'importance a une besogne qui, a ses yeux, etait avant tout alimentaire. En effet, le conte joue alors un role de premier plan dans la grande presse et il est, avec la chronique, un genre fort prise du public, qui permet a la plupart des ecrivains de gagner leur vie beaucoup plus surement que par la publication de leurs livres. Pour les quotidiens, il est une maniere de fideliser leurs lecteurs en leur offrant un espace ludique et en leur apportant une dose moderee d'emotion ou de gaiete. Mirbeau y voit aussi une occasion precieuse de faire ses gammes en y traitant des sujets et en y brossant des personnages et des decors auxquels il entend donner des developpements dans ses oeuvres romanesques. Mais, pour lui, il n'est pas question pour autant de reduire ses recits de presse a de vulgaires divertissements, et il entreprend de subvertir le genre: au lieu de rassurer et d'entretenir le misoneisme et la bonne conscience de ses lecteurs bourgeois, il va les inquieter et les obliger a regarder Meduse en face . L'humour grincant et l'horreur qu'il affectionne n'ont rien de gratuit et servent au contraire a perturber le confort moral et intellectuel du lectorat pour le contraindre a reagir: tout vaut mieux que cette indifference des troupeaux que l'on mene a l'abattoir. ou aux urnes. Les themes abordes suscitent un choc pedagogique: le tragique de l'humaine condition et l'horreur d'etre un homme; la souffrance consubstantielle a l'existence; le sadisme, les impulsions homicides et la loi du meurtre sur laquelle reposent les societes; l'incommunicabilite et la guerre entre les sexes; et la derisoire existence larvaire d'etres humains deshumanises par une societe oppressive et alienante. Avant Le Jardin des supplices, Mirbeau y dresse l'inventaire des infamies humaines et de l'universelle souffrance: L'homme se traine pantelant, de tortures en supplices, du neant de la vie au neant de la mort Les contes de Mirbeau, farcis d'allusions polemiques a l'actualite, sont le complement de ses chroniques journalistiques. Il s'y livre a un contestation radicale de toutes les institutions et y attaque toutes les formes du mal social de la fin du siecle: le clericalisme qui empoisonne les ames, le nationalisme qui pousse au crime, le revanchisme fauteur de guerre, l'antisemitisme homicide, le colonialisme genocidaire, le cynisme des politiciens qui arnaquent les electeurs, le sadisme des ames de guerre, la misere des proletaires des villes et des campagnes, la prostitution, l'exploitation des pauvres et l'exclusion sociale. Loin de n'etre qu'un inoffensif derivatif, les contes cruels de Mirbeau constituent une veritable entreprise de demystification. This item is printed on demand. Shipping may be from our UK warehouse or from our Australian or US warehouses, depending on stock availability. N° de réf. du vendeur 9781508564522
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