Depuis que les modernes ont déserté le bel édifice de l'ancienne rhétorique générale, on ne songe plus à affirmer ut pictura poesis, ni a suggérer qu'on puisse dire la même chose par la langue et par la peinture. La peinture s'est émancipée de la littérature, le texte semble aveugle en regard du tableau et l'écrivain frappé de cécité, tel Homère, auquel se réfère Lessing dans le fameux traité inspiré par la sculpture du Laocoon, qui trace les frontières entre la poésie et la peinture. Ce rigorisme classique, cette préférence pour le marbre blanc et ce rejet de la polychromie, Goethe ne les partageait pas. Sa théorie et sa poétique des couleurs restent l'un des chapitres les plus fascinants de l'histoire culturelle européenne. Longtemps considérée comme le continent brumeux des penseurs et des poètes visionnaires, la Germania rejoindra l'Italie et la France, nations des couleurs, à l'époque de l'expressionnisme. La littérature, depuis le XIXe siècle, se remet à l'école de la peinture : Rilke à celle de Cézanne, Trakl à celle de Kokoschka, comme autrefois Baudelaire à celle de Delacroix. Tandis que la couleur entraîne les peintres vers l'abstraction, l'écriture moderne s'affranchit des contraintes et des illusions de la mimésis que le réalisme et le naturalisme avaient mis à l'honneur. Comment peindre avec les mots et comment dire les couleurs ? La diversité et la multiplicité des objets colorés restent-elles hors d'atteinte pour l'écriture et pour la parole ? Rien de plus simple que de s'entendre sur les couleurs et cependant, nous dit la sagesse populaire, mieux vaut ne pas en disputer... Chez Wittgenstein, la problématique des couleurs revient au centre de la philosophie. Aux yeux de la psychanalyse, les couleurs traduisent et trahissent l'invisible de l'inconscient. Condamnée au blanc du papier et au noir de l'encre, la lettre serait morte ; réduite à une voix blanche, la parole suffoquerait ; sans les couleurs, il n'y aurait ni nature, ni culture, ni vie, ni sens.
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Jacques le Rider est germaniste. Professeur à l'Université de Paris VIII et membre de l'Institut Universitaire de France, il dirige avec Michel Espagne la Revue Germanique Internationale, publiée aux Presses Universitaires de France. Il a déjà publié dans la collection " Perspectives critiques " un essai sur Otto Weininger et une étude désormais classique, sur la modernité viennoise.
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Vendeur : LE PIANO-LIVRE, QUIMPER, France
Rayon : Philosophie Editeur : Presses Universitaires de France Date de parution : 1997 Description : In-8, 428 pages, broché remplié, occasion, très bon état. IMPORTANT : Pour les envois internationaux, il est préférable de vous renseigner avant de passer commande. Les envois se font uniquement en point relais MONDIAL RELAY ou INPOST pour les pays suivants : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, et Portugal. Merci de nous indiquer en retour le point relais choisi ainsi que votre numéro de téléphone mobile pour assurer le suivi du colis. ATTENTION : Les expéditions nationales de plus de 2 kilos et les expéditions internationales de plus de 1 kilo se voient appliquer un supplément de port. Envois quotidiens du mardi au samedi. Les livres sont envoyés sous enveloppe bulles. Les frais de ports comprennent les frais d'affranchissements et d'emballage. Librairie Le Piano-Livre. Merci. Référence catalogue vendeur: X21435. N° de réf. du vendeur X21435
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