Cette Leçon de civilisation se place au point de jonction des deux plus riches héritages que l'Antiquité nous a légués: l'héritage égyptien et l'héritage grec. Pendant trois siècles, de la mort d'Alexandre le Grand jusqu'à celle de Cléopâtre, l'occupation de l'Egypte par les monarques d'origine macédonienne provoque le brassage de deux mondes que tout séparait. Ainsi s'est formée une Grèce d'Afrique, qui fut l'une des créations les plus originales des descendants d'Aristote.Les Grecs étaient littéralement fascinés par l'Egypte. Mercenaires, marchands et voyageurs découvraient un peuple qui cultivait toutes les sciences et tous les arts. Un peuple pieux qui observait les règles de la morale. Un peuple dont la stabilité politique leur semblait refléter l'harmonie cosmique. Peu à peu, ils s'adaptèrent à ce pays fertile que le dieu Hapî protégeait de la famine, cherchant à se couler dans les coutumes égyptiennes plus qu'à imposer leurs institutions et leurs modes de vie. Cette politique de souplesse leur paraissait le meilleur moyen de préserver leurs intérêts. Quant aux Egyptiens, ils acceptaient d'autant mieux la domination des Ptolémées qu'ils voyaient dans les Grecs non pas tant des occupants que des libérateurs venus les délivrer du joug perse...De la rencontre de ces deux peuples est née une nouvelle civilisation où il n'existait plus de barbare " puisque chacun pouvait être appelé barbare. Le rêve d'Alexandre se réalisait: d'Alexandrie, la nouvelle Athènes, l'hellénisme rayonnait sur un monde où les habitants cherchaient à se comprendre plutôt qu'à se combattre.André Bernand, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, est professeur émérite de littérature, épigraphie et civilisation grecques à l'université de Lille III. Outre un livre sur Alexandrie, il a consacré plusieurs volumes à l'étude des inscriptions grecques d'Egypte et est également l'auteur de Sorciers grecs (Fayard, 1991)."
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Cette Leçon de civilisation se place au point de jonction des deux plus riches héritages que l'Antiquité nous a légués: l'héritage égyptien et l'héritage grec. Pendant trois siècles, de la mort d'Alexandre le Grand jusqu'à celle de Cléopâtre, l'occupation de l'Egypte par les monarques d'origine macédonienne provoque le brassage de deux mondes que tout séparait. Ainsi s'est formée une Grèce d'Afrique, qui fut l'une des créations les plus originales des descendants d'Aristote.Les Grecs étaient littéralement fascinés par l'Egypte. Mercenaires, marchands et voyageurs découvraient un peuple qui cultivait toutes les sciences et tous les arts. Un peuple pieux qui observait les règles de la morale. Un peuple dont la stabilité politique leur semblait refléter l'harmonie cosmique. Peu à peu, ils s'adaptèrent à ce pays fertile que le dieu Hapî protégeait de la famine, cherchant à se couler dans les coutumes égyptiennes plus qu'à imposer leurs institutions et leurs modes de vie. Cette politique de souplesse leur paraissait le meilleur moyen de préserver leurs intérêts. Quant aux Egyptiens, ils acceptaient d'autant mieux la domination des Ptolémées qu'ils voyaient dans les Grecs non pas tant des occupants que des libérateurs venus les délivrer du joug perse...De la rencontre de ces deux peuples est née une nouvelle civilisation où il n'existait plus de barbare " puisque chacun pouvait être appelé barbare. Le rêve d'Alexandre se réalisait: d'Alexandrie, la nouvelle Athènes, l'hellénisme rayonnait sur un monde où les habitants cherchaient à se comprendre plutôt qu'à se combattre.André Bernand, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, est professeur émérite de littérature, épigraphie et civilisation grecques à l'université de Lille III. Outre un livre sur Alexandrie, il a consacré plusieurs volumes à l'étude des inscriptions grecques d'Egypte et est également l'auteur de Sorciers grecs (Fayard, 1991)."
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