Articles liés à Anne-Marie Javouhey, l'aventure missionnaire

Anne-Marie Javouhey, l'aventure missionnaire - Couverture souple

Richomme, Agnès

 
9782215041382: Anne-Marie Javouhey, l'aventure missionnaire

Synopsis

Poète et librettiste d’opéra, François-Augustin Paradis de Moncrif (1687-1770) fit au XVIIIe siècle une brillante carrière mondaine qui lui valut d’être élu à l’Académie française en 1733. Le jour de sa réception à l’Académie, un mauvais plaisant lâcha en pleine séance un chat qui troubla la cérémonie. Moncrif avait en effet publié quelques années plus tôt, en 1727, un livre intitulé "Les Chats", abondamment réimprimé sous le titre "Histoire des chats", qui avait paru trop peu sérieux pour un candidat au titre d’immortel, mais dont le succès dans toute l’Europe avait surtout fait des jaloux. Moncrif avait conçu son livre, composé de onze lettres à une marquise, à la fois comme une défense mi-sérieuse, mi-souriante des chats, et comme un hommage aux écrivains français les ayant pris pour thème avant lui : il cite au fil des pages des textes parfois rares de grands auteurs comme Du Bellay, La Fontaine, Fontenelle ou Madame Deshoulières. L’érudition des notes, dont l’abondance pastiche les usages de l’édition savante tout en faisant preuve d’une immense culture, fait partie du charme de cet ouvrage avant tout animé par un désir sincère de défendre les chats contre les préjugés négatifs qui étaient encore monnnaie courante à leur sujet. Avec le temps, l’ "Histoire des chats" de Moncrif est devenue, comme "Les Chats" de Champfleury précédemment réédités par nos soins, un classique par excellence en la matière. Nous avons choisi de le proposer ici dans une version à l’orthographe modernisée, suivie de l’Eloge de Moncrif par D’Alembert. Cette édition est accompagnée de dessins et gravures du plus grand peintre et dessinateur qui ait jamais pris les chats pour modèles, Théophile Alexandre Steinlen (1859-1924). Originaire de Lausanne, ami de Toulouse-Lautrec, d’Anatole France, d’Octave Mirbeau, de Forain, Steinlen est célèbre pour les nombreuses affiches qu’il réalisa aussi bien pour des cabarets parisiens tel Le Chat noir que pour des syndicats, des cliniques vétérinaires ou des marques de chocolat. Mais son œuvre de dessinateur et de graveur, d’une évidente modernité, est sans doute celle qui mérite le plus d’être admirée. L’esprit qui l’anime, à un siècle et demi de distance, est le parfait prolongement de celui qui inspirait Moncrif : traiter le chat comme un être à part entière, digne partenaire de l’être humain, objet d’étonnement, de fascination, mais aussi de tendresse. Un cadeau idéal pour tous les amoureux des chats.

Les informations fournies dans la section « Synopsis » peuvent faire référence à une autre édition de ce titre.

À propos de l'auteur

Poète et librettiste d’opéra, auteur de romances qui connurent un grand succès mais aussi passionné d’escrime, François-Augustin Paradis de Moncrif (1687-1770) fit, grâce à son charme et à la fréquentation des salons parisiens les plus en vue du XVIIIe siècle, une brillante carrière mondaine qui lui valut d’être élu à l’Académie française en 1733. Il est célèbre pour l' "Histoire des chats" mais aussi pour ses "Essais sur la nécessité et sur les moyens de plaire" (1738) dont le thème indique bien quel fut le fil conducteur de sa vie.

Extrait. © Reproduit sur autorisation. Tous droits réservés.

Il faudra ensuite expliquer cette autre figure antique ; elle est ornée de symboles qui mettront de bien mauvaise humeur ceux qui ont résolu de ne point estimer les chats. Le Dieu chat a devant lui, comme vous voyez, Madame, un sistre, dont le manche est posé dans une petite coupe, ou, si l’on veut, un gobelet ; nous remarquerons d’abord que ce sistre était un instrument consacré aux plus grandes divinités des Égyptiens ; nous trouverons tout de suite occasion d’établir que la musique était admise dans leurs festins ; et cela sans découvrir encore combien cette musique a de rapport avec nos chats. Plutarque, dirons-nous, fait mention d’une chanson célèbre qui se chantait dans tous les soupers de l’Égypte ; cette chanson était à la louange du jeune Maneros dont elle portait le nom. Les Égyptiens le croyaient inventeur de la musique ; il était fils du Roi Malcander, et de la Reine Astarté, qui accueillirent Isis, lorsque, cherchant le corps de son époux que Typhon avait divisé par morceaux, elle le trouva jeté par les vagues sur la côte de Biblus, où régnait alors ce Roi, père du jeune Maneros. Une autre circonstance qu’il sera bien essentiel de faire remarquer, est que l’extrémité supérieure du sistre égyptien était ordinairement enrichie d’une belle sculpture, qui représentait une chatte à face humaine, et qu’il y avait quelquefois des chats semés en différents endroits de cet instrument. Mais nous avons un autre monument de l’Antiquité plus imposant encore. Le Dieu-Chat est représenté avec sa tête naturelle sur le corps d’un homme ; remarquez bien, Madame, tous ses attributs. Il tient ce sistre même ; mais avec une dextérité, et avec un air d’habitude qui frappe, et qui découvre qu’il sait faire usage de cet instrument. Eh ? pourquoi n’y aurait-il pas de vrais rapports entre les instruments de musique et les chats ? tandis que les dauphins, depuis tant de siècles, sont en droit de s’attendrir aux accords de la lyre, que les cerfs se plaisent au son de la flûte, et que les juments de la Grèce aimaient si fort les chansons, qu’on en avait fait une exprès pour elles, et qui portait leur nom. C’était, selon ce que rapport Plutarque, une sorte d’épithalame, dont le charme adoucissait la rigueur de ces juments. Elles ne consentaient à recevoir un époux, que lorsqu’elles entendaient cet air voluptueux qui n’était employé qu’à cet usage. Mais voici bien une autre découverte qu’il faut absolument manifester. Les chats sont très avantageusement organisés pour la musique ; ils sont capables de donner diverses modulations à leurs voix, et dans les expressions des différentes passions qui les occupent, ils se servent de divers tons. Ceux qui s’élèveront contre cette proposition, seront bien étonnés d’apprendre que nous nous serons servis expressément des termes de deux hommes célèbres par leur science. Les chats mis en possession d’une belle et grande voix, nous demanderons à leurs adversaires ce qu’ils pensent de cet assemblage du sistre et du gobelet trouvés tant de fois entre les pattes des chats. Il me semble, Madame, qu’ils avoueront de bonne foi, (car il y a de certaines vérités qui percent à travers la prévention) ils conviendront, dis-je, que ce sistre, symbole de la musique, et ce gobelet qui réveille nécessairement l’idée des festins, découvrent évidemment que chez les Égyptiens les chats étaient admis dans les festins, et qu’ils en faisaient les délices par le charme de leur voix. Mais supposé qu’ils ne saisissent pas d’abord le simple de cette proposition, et que semblables à ces esprits forts de la fable de Monsieur de la Mothe, qui trouvent impossible ce qu’ils ne comprennent pas, ils osent nous soutenir que jamais le chant des chats, qu’ils ne manqueront pas d’appeler un miaulement, fondé sur un vers attribué injustement à Ovide, que ce chant, dis-je, n’a pu être harmonieux, ni même supportable, cela nous paraîtra d’une grande déraison ; mais nous le dissimulerons pour ne point paraître prévenus. Nous nous contenterons d’abord de répondre que ce qui leur semble un miaulement dans les chats d’aujourd’hui, ne prouve rien contre les chats de l’Antiquité, les arts étant sujets à de grandes révolutions. Nous ajouterons, avec tout le ménagement possible, que ces dissonances dont ils se plaignent, ne sont peut-être qu’un manque de savoir et de goût de leur part. Ceci pourra avoir besoin de quelque éclaircissement ; et c’est alors que la vérité paraîtra dans son plus beau jour. Notre musique à nous autres modernes, dirons-nous, est bornée à une certaine division de sons que nous appelons tons, ou demi-tons ; et nous sommes assez bornés nous-mêmes, pour supposer que cette même division comprend tout ce qui peut être appelé musique ; de-là nous avons l’injustice de nommer mugissement, miaulement, hennissement, des sons dont les intervalles, et les relations admirables peut-être dans leur genre, nous échappent, parce qu’ils passent les bornes dans lesquelles nous nous sommes restreints. Les Égyptiens étaient plus éclairés sans doute ; ils avaient étudié vraisemblablement la musique des animaux ; ils savaient qu’un son n’est ni juste, ni faux en soi, et que presque toujours il ne paraît l’un ou l’autre, que par l’habitude que nous avons de juger que tel assemblage de sons est une dissonance ou un accord ; ils sentaient, par exemple, si les chats dans leur musique, passaient avec la même proportion que nous faisons, d’un ton à un autre, ou s’ils décomposaient ce ton même, et en frappaient les intervalles que nous appelons "comas", ce qui aurait mis une différence prodigieuse entre leur musique et la nôtre ; ils discernaient dans un chœur de matous, ou dans un récit, la modulation simple ou plus détournée, la légèreté des passages, la douceur du son, ou l’aigu qui peut-être en faisait l’agrément. De là ce qui ne nous semble qu’un bruit confus, un charivari, n’est que l’effet de notre ignorance, un manque de délicatesse dans nos organes, de justesse et de discernement. (Extrait de la Première Lettre).

Les informations fournies dans la section « A propos du livre » peuvent faire référence à une autre édition de ce titre.