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Il se mit à courir le long du rivage - Couverture souple

Ligier, Christian

 
9782221095348: Il se mit à courir le long du rivage

Synopsis

"Sur une plage au nord de Rome, un homme vacille, tombe sur le sable noir, et meurt. C'est là que je l'ai trouvé : il était le peintre le plus provocateur d'Europe ; ce jour-là, il avait l'air d'un gueux.
Il s'agissait, dès lors, de remonter la piste : il avait trente-huit ans ; il était condamné à mort par le pape ; les chevaliers de Malte le traquaient ; des collectionneurs fous de ses toiles le poursuivaient. Il fuyait.
Je cherchais encore. Il avait déjà couru à travers les fumées des bûchers hérétiques. Autour de lui, l'Europe de 1600 bougeait comme une enfant qui s'éveille.
Je m'obstinais sur ses traces. Des princes et des cardinaux l'avaient aimé. Lui, il avait aimé des femmes étranges, des garçons insolents, et la création divine. Surtout la création divine, qu'il traquait dans les paniers de cerises et de pommes aussi bien que dans les corps délicieux des anges et les rictus des brigands. Il osait accrocher le réel aux murailles des églises et aux galeries des palais, comme on propose la face d'un dieu interdit. On l'appelait le Caravage. Quatre de ses toiles ont dérivé jusqu'au Louvre.
Au bout de la quête, il m'a paru que seul le langage romanesque aux limites de l'imaginaire pouvait dire les exigences de cette vie violente. La voici, dans son désordre, avec ses éclats de lumière sur fond de nuit."
Ch. L.

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À propos de l'auteur

Essayiste, romancier ( Le Roman de Rossel, La Nuit du Faraman), Christian Liger est aussi le " biographe " passionné de Nîmes, sa ville natale ( Nîmes sans visa).

À propos de la quatrième de couverture

"J ai rencontré l oeuvre de Caravage avant de savoir sa vie : les cris muets de ses toiles, ces scènes de meurtres ou de sacrifices, ces Vierges trop humaines, ces jeunes gens trop tendres, et ces exécuteurs professionnels, il me semblait les connaître. Ils avaient pourtant quatre cents ans. Mais leur violence et leur matière ne cessaient de croiser la nôtre. Ils étaient nos contemporains.
Je découvris ensuite la mort du créateur : une fuite solitaire sur une felouque ; son cadavre, sans que l on sache comment sur une plage de la mer Tyrrhénienne. Il avait trente-huit ans ; c était en 1610. Shakespeare vivait encore ; Galilée allait être poursuivi ; Henri IV de France, assassiné. Et le Caravage, là, au milieu, on l accusait de peindre hérétique. Alors pourquoi cette mort abandonnée et cette gloire ambiguë dans les églises de Rome ? Pourquoi cette faveur des princes et des cardinaux, ces querelles de rue et ce meurtre dont on l accuse ?
Je lus donc tout ce qui existait en français et en italien sur cette aventure ; depuis les savantes études esthétiques jusqu aux déplorables raccourcis biographiques du genre : "artiste et meurtrier" ou "le glorieux scélérat". De là me prit la nécessité de dire cette "vie violente" et ce n est pas par hasard que je prend un titre de Pasolini à ma façon, c est-à-dire romanesque.
La manière romanesque me paraissait nécessaire pour saisir une existence créatrice où le spirituel et la matière se rejoignent. Assez descriptive d un temps forcené, de lieux singuliers et de conflits, inséparables du personnage. Et assez libre pour autoriser la priorité à l écriture sans laquelle "les choses ne sont que ce qu elles sont".
Caravage n a jamais eu de vraie maison, jamais de longues amours, jamais de paix ni de respectabilité. De Milan à Rome, à Naples, à Malte, à Syracuse, à Messine et à cette plage noire, il n a jamais cessé de courir le long du rivage. De ce rivage part son histoire, ce roman." (Christian Liger)

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