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Le Chemin des Anglais - Couverture souple

Soler, Antonio

 
9782226176653: Le Chemin des Anglais

Synopsis

" Il y eut un été au centre de nos vies, un poète qui n'écrivit aucun vers, une piscine où tombait du haut d'un plongeoir un nain aux yeux de velours et un homme qu'une nuit les nuages emportèrent. Les jours tombèrent sur nous comme des arbres morts. " Quelque part en Andalousie, non loin de la mer. Un groupe d'adolescents savoure le dernier été au seuil de leur vie d'adulte. Et, tandis que la saison s'achève, doucement et inexorablement, un sentiment d'inéluctabilité pèse sur ce bonheur fragile et un parfum de mort écrase l'air... Considéré comme l'un des meilleurs écrivains espagnols contemporains, Antonio Soler ressuscite à travers des destins croisés une période charnière de la vie et nous immerge dans son univers cru, poétique et sombre. Le suspense psychologique, la tension narrative et le lyrisme du style donnent à ce roman, couronné par le prestigieux Prix Nadal, la force troublante, fiévreuse et entêtante du souvenir.

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Présentation de l'éditeur

«Il eut un été au centre de nos vies, un poète qui n'écrivit aucun vers, une piscine où tombait du haut d'un plongeoir un nain aux yeux de velours et un homme qu'une nuit les nuages emportèrent. Les jours tombèrent sur nous comme des arbres morts.»
Quelque part en Andalousie, non loin de la mer. Un groupe d'adolescents savourent le dernier été au seuil de leur vie d'adulte. Et, tandis que la saison s'achève, doucement et inexorablement, un sentiment d'inéluctabilité pèse sur ce bonheur fragile et un parfum de mort écrase l'air...

Considéré comme l'un des meilleurs écrivains espagnols contemporains, Antonio Soler ressuscite à travers des destins croisés une période charnière de la vie et nous immerge dans son univers cru, poétique et sombre. Le suspense psychologique, la tension narrative et le lyrisme du style donnent à ce roman, couronné par le prestigieux Prix Nadal, la force troublante, fiévreuse et entêtante du souvenir.

«Un Amarcord à l'andalouse, d'une maîtrise et d'une poésie exceptionnelles.»
El Mundo

«Avec un art consommé, une technique souvent magistrale, une langue raffinée et irisée, Antonio Soler crée à nouveau une magnifique pièce d'orfèvrerie.»
El Pais

Antonio Soler a cinquante ans et vit toujours à Malaga où il est né. Les éditions Albin Michel ont déjà traduit Les Héros de la frontière, Les Danseuses mortes et Le Spirite mélancolique. Le Chemin des Anglais lui a valu le Prix Nadal en 2004 (LE grand prix littéraire espagnol). Ce roman a été écrit en partie à la Villa Mont Noir, en France, dans la propriété d'enfance de Marguerite Yourcenar et aujourd'hui résidence d'écrivains européens.

Extrait

Il y eût un été au centre de nos vies, un poète qui n'écrivit aucun vers, une piscine où tombait du haut d'un plongeoir un nain aux yeux de velours et un homme qu'une nuit les nuages emportèrent. Les jours tombèrent sur nous comme des arbres morts.
Ceci est l'histoire de Miguelito Dávila et de son rein droit. Et c'est aussi l'histoire de beaucoup d'autres personnes, de la Demoiselle au Casque Carthaginois, d'Amadeo Nunni, le Babiroussa, et celle de Paco Fronton avec sa voiture couleur fraises à la crème dans laquelle il se promenait quand son père était en prison. Et c'est aussi ma propre histoire. En me rappelant cette époque, c'est une partie de moi-même qui ressuscite. Tel un vieux paysagiste voulant peindre des rivières, les feuilles des arbres et le bleu des montagnes qui sont devant lui, tracerait le contour de ses yeux, la marque sinueuse que le temps a laissée dans les rides de sa peau. Son autoportrait.
Je ne sais quelle photographie, parmi toutes celles qu'on a prises de nous au cours de notre existence, serait celle qui nous définirait le mieux. Celle qui, hors du temps, montrerait qui nous avons été vraiment. Mais je sais que l'été au cours duquel se déroula l'histoire de Miguel Dávila est la photographie qui définit ce qui fut le germe, l'essence même de nos vies.

Nous avons vu Dávila revenir dans le quartier un beau matin, à la fin du mois de mai, quand les jasmins de dona Ursula commençaient à envahir la rue de leur odeur sucrée et que les chats, qu'en d'autres temps écorchait vifs Rafi Ayala, miaulaient en rut, désespérément. Dávila avait toujours sa silhouette fine et hautaine malgré les cinquante-quatre points de suture de la cicatrice en demi-lune qu'il cachait sous sa chemise blanche, légèrement empesée. Tout le monde connaissait Dávila sous le nom de Miguelito. Depuis l'opération qu'il avait subie ce printemps-là on commençait à l'appeler aussi Miguelito le Poète ou, carrément, Dávila le Fou. Il portait sous le bras un gros livre tout écorné. Symbole de son malheur.

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