Matteo Ricci: Le sage venu de l'Occident - Couverture souple

Cronin, Vincent

 
9782226207432: Matteo Ricci: Le sage venu de l'Occident

Synopsis

Italien de la Renaissance, appartenant à la deuxième génération de la Compagnie de Jésus, Matteo Ricci (1552-1610) est le premier européen à avoir pénétré dans la Cité interdite. Parti en Chine comme messager de l'Évangile, il a tenté d'inventer, comme l'a écrit Claude Larre, « une mission qui évangéliserait les peuples sans les expulser de leur culture ». En décidant de s'habiller à la manière des lettrés confucéens, de privilégier les amitiés personnelles et les conversations scientifiques plutôt que les grands discours religieux, il a accepté de se laisser transformer par l'autre. La passionnante biographie de Vincent Cronin, basée sur la relation de voyage et la correspondance de Ricci, est devenue en un demi-siècle un véritable classique. Elle est ici préfacée par Élisabeth Rochat de la Vallée, qui nous invite à nous poser, « à travers la lecture de cette vie, des questions qui restent d'actualité sur la relation à l'autre, sur la valeur relative de nos façons de faire et de voir, sur la communication de ce qui est nouveau ».

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Extrait

Extrait du prologue

L'empire scellé

L'Asie, comblée des prémices du soleil, participant au rite éternel de la création, à l'origine même de la lumière, et qui, parée des couleurs de l'Orient, surgissait dans sa resplendissante richesse, était tenue par les peuples d'Occident pour la plus parfaite, pour la plus merveilleuse contrée du monde, croyance que la chrétienté renforça encore lorsqu'elle sacra Terre sainte ses rives les plus proches.
Au Moyen Age, les cartes géographiques, cette alchimie de légende, de textes classiques et des Écritures, donnaient du monde l'image que l'homme s'en faisait et accordaient de droit à l'Asie la place d'honneur. La charpente de ces cartes qui unissaient l'Orient à l'Afrique du Nord et à l'Europe - le dessin hésitant des côtes asiatiques contrastant avec le ferme tracé des autres continents prouvait un certain savoir - était formée par les quatre fleuves du Paradis que l'on croyait être l'Indus, le Nil, le Tigre et l'Euphrate et dont on expliquait l'éloignement respectif par un cours parfois souterrain. A l'est du Nil se trouvait la Palestine, seule région de l'Asie familière aux chrétiens. Les pèlerins s'y rendaient pour adorer le Saint-Sépulcre et la Croix retrouvée et s'émerveillaient devant les ermites qui, juchés sur des piliers ou retirés dans des grottes, choisissaient pour arriver à la sainteté les modes orientaux les plus extravagants. Au cours des derniers siècles, le bâton du pèlerin avait fait place à la lance du croisé revêtu de la cotte de mailles. On situait au sud-ouest de la mer Noire et de la Caspienne, mais ceci avec moins de certitude, le pays d'où les prêtres de Zoroastre, versés en astrologie, avaient apporté à Bethléem l'or, l'encens et la myrrhe - hommage biblique tant à la sagesse de l'Asie qu'à ses richesses. Plus à l'est se trouvait la Bactriane, conquise par Alexandre et les montagnes dont la cime effleurait le ciel. Au-delà, là où jamais un Européen ne s'était aventuré, s'étendait la lointaine Asie, représentée sur les cartes par des blocs de marbre brut. Là, le géographe se faisait poète et prophète. Il y situait avec précision le commencement et la fin des Temps : le Jardin d'Éden, ceint d'un mur flamboyant et le lieu où le Christ réapparaîtrait et vers lequel les cartes, comme toutes les églises d'Europe, étaient orientées.

Revue de presse

C'est sur le campus de l'Ecole des Cadres du Parti de la ville de Pékin qu'il faut se rendre pour voir l'enclos où sont conservées les tombes des jésuites qui servirent la cour des Ming puis des Qing aux XVII et XVIIIe siècles...
L'Ecole du Parti voit d'abord d'un mauvais oeil ce vestige «impérialiste» sur son campus. La Révolution culturelle provoque de nouvelles destructions, mais les stèles de Ricci et ses successeurs les plus éminents (Adam Schall et Ferdinand Verbiest) seront préservées. Inscrit aujourd'hui au patrimoine culturel, le cimetière restauré compte 63 stèles, principalement de jésuites portugais ou italiens. (Ursula Gauthier - Le Nouvel Observateur du 6 mai 2010 )

Matteo Ricci est le premier Occidental à être entré dans la Cité interdite, ce à une époque où les Chinois ignoraient que l'Europe existait. La vie de ce jésuite est fabuleuse. Elle tient du conte pour notre temps : soit l'histoire d'un homme qui, voulant convertir les autres, a compris qu'il fallait d'abord commencer par les comprendre...
Il est aujourd'hui admiré par les autorités de ce pays, qui voient en lui un homme venu à leur rencontre non pour les dominer mais pour leur faire partager les trésors spirituels de l'Occident. «Sa physionomie, son extraordinaire mémoire, sa maîtrise du chinois, sa parfaite observance de l'étiquette, son célibat, son mépris des honneurs et des charges officielles, sa réputation d'alchimiste, sa mystérieuse doctrine : tout cela faisait de Ricci un homme singulier aux yeux des Chinois», écrit Vincent Cronin, dont la biographie, publiée une première fois voilà un demi-siècle, reste indispensable pour qui veut entrer dans la vie de ce précurseur du dialogue entre les peuples. On fête, cette année, le 400e anniversaire de sa mort. (Paul-François Paoli - Le Figaro du 23 juin 2010 )

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