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Casa - Couverture souple

Salvaing, François

 
9782234056046: Casa

Synopsis

8 novembre 1942. Les Américains bombardent le port de Casablanca et débarquent au Maroc alors sous protectorat français. Ce même jour, Armand Rouby, employé d?assurances, demande en mariage Agathe Blanc-Bléville, secrétaire à la Compagnie Florale, société de plantes à parfums.
Dix ans plus tard, Armand est administrateur de la Compagnie, et Agathe fière d?avoir donné le jour à trois garçons. Leur ascension sociale, symbolisée par l?édification d?une villa dans un quartier résidentiel, se fera sans accroc.
Mais les fondations de cette famille et de cette maison sont profondément lézardées. Agathe suffoque au foyer entre un mari autoritaire et une mère envahissante, et Armand, que son travail emmène souvent dans l?Atlas ou en France, a le sentiment de plus en plus poignant de devenir un étranger pour les siens. Et surtout la peur, peu à peu, imprègne leurs pensées, les restreint et les assèche. Peur de cette Casa, leur ville dont pourtant ils ignorent presque tout des habitants, sauf de la minorité européenne. Peur de tout perdre, statut et confort, si le Maroc recouvre son indépendance comme le réclament les mouvements nationalistes et le Sultan lui-même. Peur, vertigineuse, de la violence qu?ils voient grandir, en eux aussi, dont se colore l?éducation de leurs enfants et qui ensanglante bientôt les rues, des bidonvilles au marché central.

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À propos de l'auteur

François Salvaing est né en 1943 à Casablanca. Il est l'auteur d'une dizaine de livres parmi lesquels Misayre ! Misayre ! qui a obtenu le prix du Livre Inter en 1988 et Parti à l'automne 2000.

À propos de la quatrième de couverture

« La fin commença le 8 novembre 1942 à Casablanca, Armand le comprit le jour même, tira ses conclusions, marions-nous proposa-t-il dès le soir à Agathe, nous aurons trois enfants promit-il, et dans les semaines qui suivirent il acheta un terrain, résolut de changer de métier, de logement, d'horaires, de sphères, de plaisirs, son maître mot devint bâtir, à contre-courant de ce qu'il ressentait et prévoyait, et il passerait le reste de sa vie, pas loin d'un demi-siècle, à ressasser cette évidence que la fin avait commencé le 8 novembre 1942 à huit heures quatre, soit dix minutes après le lever du soleil. Même lorsque les événements fomenteraient pour quelques jours, quelques mois ou quelques années, le mirage d'une issue favorable, il ne cesserait de remâcher cette date, muettement car plus personne ne voudrait entendre parler du monde qui avait commencé de finir dans ce qui roula et crépita au-dessus de Casablanca, et se mit à secouer le port, la ville et le jour naissant, tout le monde se serait depuis longtemps engoncé dans la honte et l'abandon, prônerait l'oubli, pratiquerait le déni, tout le monde vous tomberait dessus au moindre frémissement de nostalgie, vous lyncherait à la moindre allusion attendrie à ce qui avait entrepris de s'achever ce matin-là. » La littérature ne s'était jamais emparée de ce moment singulier et brûlant de notre histoire : la fin du protectorat de la France sur le Maroc. Roman d'une ville et d'une famille, Casa est agité par les rêves, les passions et les contradictions dont certaines ont encore leur reflet parmi nous un demi-siècle plus tard.

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