Moi, le Suprême - Couverture souple

Roa Bastos, Augusto

 
9782356540959: Moi, le Suprême

Synopsis

Moi, le Suprême évoque la figure historique de José Gaspar de Francia, dictateur du Paraguay de 1814 à 1840. Tyran pour les uns, père de la patrie pour les autres, ce despote éclairé influencé par les philosophes français fut l’artisan de l’émancipation paraguayenne. Mais que le lecteur ne s’attende pas à trouver ici une biographie romancée ou un roman historique. Ce monument littéraire est un livre polyphonique, où le monologue du Suprême se ramifie, telle une constellation chorale, en de multiples voix : celle du tyran seul avec lui-même ou dictant ses écrits et ses délires mortels à son secrétaire Patiño ; celle de ses opposants anonymes ou fantomatiques ; celle des mythes paraguayens enfouis mais vivants dans l’inconscient collectif. En même temps qu’il restitue la geste libératrice latino-américaine et dénonce la trahison dictatoriale du pouvoir, ce somptueux roman philosophique est une réflexion rarement égalée sur le langage littéraire. Parce qu’il bouleverse les règles du roman et de l’écriture, Moi, le Suprême demeure, parmi ce que l’on a appelé « les romans de la dictature », un chef-d’œuvre absolu. Anecdote à rappeler : c'est l’automne 1967, à Londres, Carlos Fuentes (mexicain) et Mario Vargas Llosa (péruvien) se rencontrent pour élaborer un projet littéraire (commercial & inhabituel ): convoquer tous les écrivains sud-américains à la mode pour qu'ils écrivent sur leur « tyran national préféré », leur textes seront receuillis en un volume chez Gallimard. Le projet n'a finalement pas abouti car il a été impossible de coordonner les agendas des différents auteurs, mais trois d’entre eux ont composé sur ce thème trois romans majeurs de la littérature sud-américaine : Le recours de la méthode de Carpentier, L’automne du patriarche de García Márquez, et Moi, le Suprême d’Augusto Roa Bastos – le roman le plus brillant qui ait été jamais écrit sur un caudillo.

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À propos de l'auteur

Augusto Roa Bastos (né sous le signe des Gémeaux en 1917 à Asunción, où il meurt le 26 avril 2005) est un écrivain, journaliste et scénariste paraguayen. Il passe son enfance à Iturbe, petit village du sud du pays où il apprend le guarani. Parmi ses premières lectures il y a la Bible et Shakespeare. A l'âge de 15 ans, il participe à la guerre du Chaco (1932-1935) contre la Bolivie. Il exerce ensuite divers métiers dont celui de journaliste, il voyage en Europe comme correspondant de guerre pour El Pais. En 1947, les façades du quotidien national sont mitraillées, c'est la guerre civile. Roa Bastos s'exile en Argentine, où il commence à publier ses premières oeuvres (poèmes, contes, deux romans majeurs : Fils d'homme en 1960 et Moi, le Suprême en 1974). Mais il doit s'enfuir de nouveau lors du putsch militaire de 1976. Il s'installe alors en France où il va enseigner la littérature sud-américaine et le guarani à l'université de Toulouse. Il ne reviendra au pays qu'après la chute d'un autre dictateur, Alfredo Stroessner, en 1989 : l'année où il reçoit le prix Cervantès.

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Autres éditions populaires du même titre

9782020967891: Moi, le Suprême

Edition présentée

ISBN 10 :  2020967898 ISBN 13 :  9782020967891
Editeur : SEUIL, 2008
Couverture souple