Des années 1790 jusqu'aux années 1900, la Guyane a été le seul territoire français où les statuts civils sont restés flottants : esclaves, anciens esclaves, bagnards, anciens bagnards, déportés, colons... Ou comment la France des Droits de l'Homme a invoqué ses grands principes pour légitimer le non-droit.
Lorsque la jeune Révolution française publie en 1789 la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, la Guyane est sans doute la plus obscure des colonies françaises. Ses frontières sont mal établies, sa superficie assez peu étendue. Les Indiens peu nombreux, se sont repliés dans les forêts, le commerce avec la métropole est réduit. Les autorités y dénombrent : 10 430 esclaves noirs, 253 enfants de race blanche, 483 personnes de couleur libres, 763 colons blancs de sexe masculin, 330 femmes blanches et 350 militaires.
La déclaration des Droits de l'Homme est suivie de l'abolition de l'esclavage en 1794. Abolition sur laquelle, le Premier consul Napoléon Bonaparte revient en 1802, non sans contorsions juridiques. Entre-temps, dès 1791, la France a développé, à l'intérieur du nouveau cadre des Droits de l'Homme, un certain nombre de mesures touchant la citoyenneté – ou l'exclusion de celle-ci. Ce travail législatif se traduit par une réinvention de la notion d'émigré et par l'élaboration d'une nouvelle conception de la déportation. De ce bricolage juridique, la Guyane sera le laboratoire, véritable " sous-monde " construit sur un non-droit aménagé par les régimes successifs qui se succèdent au XIXe siècle. À l'ombre de la " liberté chérie ", se développe un espace officiel de " liberté trahie ".
Miranda Spieler est la première à s'être penchée sur les archives administratives mal conservées, mal connues et peu étudiées de la Guyane des XVIIIe et XIXe siècles. Elle suit avec attention le travail législatif et ses nombreuses contradictions, renforcées par des pratiques pour le moins brouillées et embrouillées. Aux esclaves ou anciens esclaves (l'abolition définitive est décrétée en 1848) s'ajoutent à partir des années 1820 les bagnards et forçats installés dans le " pénitencier " guyanais. Là encore, la citoyenneté est suspendue sans véritable issue juridique.
Au travers du cas guyanais – qu'elle fait revivre de manière saisissante – Miranda Spieler met en valeur les contradictions et les non-dits de la citoyenneté, telle qu'elle s'est construite en France mais aussi, plus largement, dans les pays occidentaux. Liberté, Égalité, Fraternité – certes. Mais qu'en est-il en pratique ?
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Miranda Spieler, diplômée de Columbia, a enseigné à l'Université d'Arizona, avant de rejoindre l'American University de Paris en 2012. Elle est spécialiste de la France des Outremers et des statuts coloniaux. Elle poursuit ses recherches sur la vie des Noirs et des personnes de couleur dans les villes portuaires françaises et Paris au XVIIIe siècle.
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Couverture souple. Etat : Comme neuf. ** France : Par défaut Livraison STANDARD en Relais Colis / PRIORITAIRE : Livraison à domicile ** Alma éditeur, 2014. In-8 broché, 530 pp. Né en 1941, Andreï Gratchev journaliste et politologue russe fut le dernier porte-parole de Mikhaïl Gorbatchev au Kremlin. Docteur en histoire et diplômé en relations internationales il a effectué l'essentiel de sa carrière au sein de l'appareil central du Parti avant de devenir le conseiller politique du premier Président soviétique. Depuis l'effondrement de l'Union soviétique il s'affirme comme spécialiste de l'histoire des relations Est-Ouest pendant l'époque de la guerre froide. Dans ce journal de bord, Gratchev raconte à la fois sa vie, l'histoire de son pays, de la Seconde Guerre mondiale à ce jour (l'avant Gorbatchev, la Perestroïka et la personne de Mikhaïl Gorbatchev), et réfléchit sur le nouveau monde surgi après l'éclatement de l'URSS et la fin du régime communiste : la période post-soviétique, l'évaluation du régime Eltsine, le récit de l'attaque, en 1993, sur le parlement issu encore de la Perestroïka et démocratiquement élu qui s'est soldée par plusieurs centaines de morts et l'instauration d'un régime présidentiel autocratique. Ex. en excellent état, quasi neuf. - ISBN 9782362791277 - Poids livre 662 g, ép. 38 mm. Livre. N° de réf. du vendeur HV0378
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