Articles liés à Fugue vs Fug

Fugue vs Fug - Couverture souple

Monchoachi

 
9782381460109: Fugue vs Fug

Synopsis

Poursuivant son « enquête » poétique monumentale sur l’aventure de la poésie à travers les cultures et les langues, par le prisme élocutoire du créole, Monchaochi présente ainsi, ce troisième volume de son cycle Lémistè: « Fugue vs Fug ouvre ainsi sur la circonstance décisive en Grèce antique, de l'avènement des voyelles ("Les Saintes Filles") dans une écriture alphabétique jusqu'alors consonantique, par conséquent sans voix. Ce "sans voix" loin d'être une carence, appelle au contraire le répondeur, le juste de voix, l'homme dont la vocation est de bailler à hauteur la voix égale, d'être un entretien avec le monde et, plus encore, un chant (Hölderlin). Là où il existe par conséquent dans l'écriture, le sans voix est cela même qui ménage et aménage le lieu de l'homme. Captant et captivant ainsi la voix, l'écriture alphabétique gréco-latine ouvre à une totalité insigne, suffisante, qui menace à terme de taire l'entretien en faisant retraire le répondeur. Ce terme, c'est cette nuit épaisse en laquelle présentement sont noyées les solitudes fébriles, tâtonnant sans fin sur la toile leurres et simulacres. »

Les informations fournies dans la section « Synopsis » peuvent faire référence à une autre édition de ce titre.

À propos de l'auteur

Monchoachi, poète et essayiste. Né en 1946, en Martinique, son écriture est marquée par le caractère étonnant de la langue créole, langue riche de sa pauvreté même, ayant préservé une parole non altérée par la rationalité occidentale , ce qui transparait notamment dans ses articulations et le jeu constant qui l'habite avec l'invisible. Il y trouve la ressource où puiser l'écoute de ce que la parole en tant que telle a à dire de notre relation au monde, obstrué et rendu sourd par son cheminement présent. Suite à une période de publication bilingue, il va transporter le créole dans le corps même d'une écriture qui se présente sous un abord français et en a fait sa marque propre.

Son œuvre d’écrivain, tant en créole qu’en français a été récompensée par le Prix Carbet de la Caraïbe et le Prix Max-Jacob en 2003 pour L’Espère – geste (Obsidiane) et en 2017 par le Prix du Conseil International d'Etudes Francophones.

Extrait. © Reproduit sur autorisation. Tous droits réservés.

Comme tel Comme tel S’ ou t’ap fè chanté sou yo, fò ou ta di : « Bouche cabrit’, bouche sombre et farouche Large-Voix, Haute Gorge Figuier sauvage, Darde langue vibrante bitation du souffle Daïmôn dreit’ sur les charactêres charmes, runes Sorti de l’écume paré de l’épine blanche Envoûte, ravit, accorde, guinche lèche sueur ruisselante sur les joues enflammées des sans-manman même gonflées de juteuse pulpe poupées articulées « filles si prudes dans leur vertu » « enfin presque nues » paraissent et disparaissent « portées par des éclats de lumière comme par des ailes » Choeurs soudain véhéments et allègres Montés voup des entrailles Filles de belle frimousse, la jambe tot à trotter Int_FugueVsFug.indd 20-21 05/04/21 16:4322 23 dévègondèze, sine-vergoueinse, zaile-traînîn, pied-poudré, drivaillèze, décalbichèze, décalchirèze-décalchiré d’un coup Emergent, saisissent, entrelacent voltigent voix voix de corde étrange et de haute gorge Lamèveille en-dingdal flairent aer, martèlent aither Oris frappé-des-ailes résonnant ciel clair chantent liesses libera font chère lie Lors IL fère profère face à face Voix rhombe : « Et la mer navire noir Et la mer sombre comme le vin noir échevelée, longe vêtements flottants, se forlonge onomata barbara coeur battant démembré cri perçant enfoui calé-flambé au tombeau maçonné, veines closes « ô très-belle dame des veines » mère porteuse d’outre l’eau gonflée de pulpe juteuse graines restituées à la terre graines sur les tombes fraîches rendues au perpétreur parmi les Solitudes Hirsutes, velues, gloutonnes, lascives Danseuses aux mains voilées cortèges èk lapocession étoffes pourpre et safran, pomme d’or amor y dolor dolor y amor Lamèveille-sans-réproche Sautillant, halant, ballant glosse graille à cloche-pied topie linguée Sous les sapins verts, dans les forêts sombres Pied pimpé bondissant dans les buissons de lierre Jambes baguette-léguédé défiant la lettre la-loi-dit ordre et bienséance bien-biencònm-i-faut nar’flaw right comme cilà qu’i dirait : i love le beloved IL dévore Bête (is) humaine, Ha! lé Tit-ma-fie, lé Tit-malice Ouaille-Ouaille, Caco, Azizouèl les Saintes Filles Int_FugueVsFug.indd 22-23 05/04/21 16:43 24 25 Poupées, oh ! Poupées, oh ! « presque nues », corps tressés Feuillées qui revirent bord rond voltigent corps nacelle nattes folles sur balançouères sourdent au-dessus jarres béantes chantant chanters jouant joua jé lajoie vloup, alarouliwabap vloup, alaroulipanpan aladéchalviré alachaldéviré jé lajoie alazaileraché Flots lumières ventement venvole corps tréci, lagi, minci Viennent et partent, montent et descendent oublies et libations en descendues dons et oracles en dévirées La vierge foline chevauche à vive chevauchée les cheminées calminées de la mère Prairies sillonnées b a ba jou baré balançoire infernale-sipernale jadin patate fleuri Versent l’une dans l’autre vie et mort Se rejoignent par voie creuse belle coulée d’or les amants montent et descendent Montent bouche bée e s v o i é s dans gosier flot doudouces bien doux Lo jorn torne, en l’herbe rosée bonmatin La palabre roule, dans l’herbe des cigales d’or Le monde rondit son corps rond-dans-rond moue des lèvres mouve delèz alaize blaize alé-vini langue-filé salve zoéseau, aesles ballet balancines flots lumineux versent et montent, viennent et partent tournent et retournent ça ’l pa pran sou longuè, li pran’l sou lagè Fors tristre belles lettres et table bouletuplucation ma un rien de lierre Pace & félice espace et esparpaille racines frênes dans ressac air rimé au soleil volopent et voltent glissent et se rétractent, versent et remontent Ut laxis et mira de misaine la neige chevauche les chemins de pierre flajôle, jolive, ondoie, s’engolfe Résonne feuillée et labra recordent faé sous feuillée ailes brillantes et lo sicamor oscur sol plore mire là-fa si sol plore, sanctus Johannes Balladent, rimaillent, gouillent, souquent perséphonent contremont Balent nan vent jupes zé collerettes Tombent léquerre létchètt’ blengendeng resbondie bleng contreval babiant com rara-bois dévalent et dérhalent aspirent la Dive Int_FugueVsFug.indd 24-25 05/04/21 16:43 26 27 déboulinent et naviguent marchent sur les eaux, marchent dans les limbes archês et antiques sarkosein enluminent Tête-busse la renvèsse, chivéux flottants Zyeux pèdus dans l’air vif dans le covètis di lecorbeil, Pointe-pied douvant, longé bien longé tout ça pour quoi çavoir lhorizon Espace déclos Que monde s’acoure et s’acorde Espace déclos Que monde éclos ça longe eh ça lope Ha! lé Tit-ma-fie, lé Tit-malice Ouaille-Ouaille, Caco, Azizouèl les Saintes Filles !

Les informations fournies dans la section « A propos du livre » peuvent faire référence à une autre édition de ce titre.