« La bêche est un indice pour la terre, la terre un indice pour penser que cela ne suffit pas car chaque pensée est avant tout le signe que ce qu'elle fait, elle le fait mieux que la bêche, mieux que la terre. Pourtant, sans elles, pas de pensée, rien à creuser pour trouver quelques restes, aucun tuyau à faire arriver jusqu'au cœur. Voilà pourquoi brait l'âne.»
Patrick Wateau
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Patrick Wateau est un poète et peintre français, né en 1959. Il vit et travaille près de Rouen. Il a publié une quarantaine de livres (y compris les livres d’artiste), notamment chez Unes, José Corti, La Feugraie… Braire-âne est son troisième livre chez Obsidiane après Skléros (2007) et Gens de guerre (2016)
Entre coercition et incarcération
L'intérieur ne sort pas du réel en voulant y entrer, d'où ce fétiche dans lequel la puissance émiettante me retrouve. Car je me place dans cette part anticipée du monde, où ma façon s'effectue après coup. Ma jambe cesse d'avancer, quand elle compte deux pas disparates. Dès lors, d'autres secrets sont le superposé des parties avec la boite flottant dans le tiroir. Désormais, c'est fermé, impossible à ouvrir par une simple formule, mais deux termes se posent, exprimables par deux ouvertures. Sous le même rapport, le souffle compose un texte et continue de comprendre l'inverse infini, simple double d'un autre avec la réduction du corps. Ainsi, mais c'est ainsi, l'ampliation du néant, pour autant qu'elle soit à exposant vide, comme les passages du néant au néant. D'où ces principes de fin et de début s'évadant comme les apprentis sorciers du sacrifice. Car cela reviendra dans toutes les directions, chaque possible aura le rôle d'origine à titre de sens différent. Le texte différera, ne manquera pas de se dire primitif, passionnel disposant de progrès, de regrès attentifs à se distinguer, même s'il n'est plus temps. C'est maintenant autre chose, un sens qu'il est possible de retirer en découpant la superstition. Inaltérable, le manque se conserve. L'inconcevable se substitue aux autres manques, sans les abolir tous, mais le fond du néant s'implique. D'où la forme du réel se contractant avec ses autres disjonctions, cependant que je me sépare, car avant d'en venir là, quelque chose déjà disparaissait. Non seulement je n'exclus rien, n'ayant que de la négation. Non seulement non, d'où cette nihilité, pas moins que celle qui n'est pas.
Chtone
Origine des os squelettiques, quand le corps est un enfant déjà père et que le père se concilie de nouveau. Origine distante d'elle-même et de sa fin, avec son mouvement oscillatoire, d'où le trouble. Me découvrant alternativement, je continue l'intrême de qui, par simple conservation, fait défaut, et je subis d'emblée l'extrême. Il importe que les angles varient, parient sur eux-mêmes, que chacun n'ait de corps que leur nom et de vertiges successifs que leur vide. En haut, je m'échelonne avec la salive linéaire, en même temps que ma portée hache le tronc jusqu'au successif vertébral. Dans la respiration, disparité, le chaos se différencie du jeune homme vieux, et remplace le primitif par un autre primitif, le Magnon par un Cro, les deux règnes de Cro-Magnon végétal…………...…………………………..animal.
Humal à reproduire l'intervalle entre expression apparente et principe réciproque, non sorti encore de la réciprocité, mais déroulant son dieu. Rien donc, il n'y a rien dont on ne retienne la réponse. Mais le cercueil est là aussi, désormais deux à deux avec constante du squelette. Tout d'abord seuls, les os sont les rayons, le centre et le contour. Ce n'est pas tout, un changement se voue à une priorité de plus. C'est une forme géométrique d'activité oscillatoire. Toutes les conditions deviennent complémentaires. Rien de plus simple que ce centre imaginaire, lequel se dit encore de circonférence, mais impliquant par raison tous les traits possibles, venant de la scie du sens et de l'infini affûtage du non-sens.
Antagone
Ceux à qui j'ai à faire pensent que le corps séparé de l'âme n'a rien du corps et que l'âme sans corps n'a rien non plus d'une âme. Ces êtres ne sont pas des parfaits, ni à proprement parler des êtres, parce qu'ils ne sont pas joints aux non-êtres. Ont-ils assez fait attention à ce qu'ils ont dit quand ils ont entendu le mot vérité ? Moi, j'entends que ça ne passe pas, car je n'ai jamais eu la moindre pensée qu'il y eût du mal à penser vérité ou non-vérité, bien que je fusse obligé d'y prendre garde, et en cela rien ne passe. Je sors de l'extérieur plus que de l'intérieur. Sortant, j'y suis pour combattre l'opposition du principe à la loi éternelle. C'est une physique variant d'une quantité de langue-babine dans le carré sanglant. Je ne saigne pas plus avant, mais je suppose l'Un comme le retrait inconnu de tous les indicibles, moins le dernier indicible des élévations. S'il n'était pas, l'Un ne serait pas l'Un, mais puisque tous les mots sont principiellement impuissants, au moins le sont-ils moins dans les incantations. Une trace de dicibilité reste dans l'Un dicible. L'étourdissement des principes, que dit-il magiquement ? Qu'il a une ignorance avec les longues-brèves syllabes du silence et que la poésie est l'exclusion de ça, en ses avances absolues. De ça, je me dépiaute et m'aide à comprendre quand, comment. Mais le néant tourne à son tour pour dire en plusieurs autres néants. Voilà pourquoi je me laisse ignorer, pourquoi il se fait qu'ultérieurement je m'ulcère, suppure, m'entoure de rouille. D'où ma séparat d'avec la lignée avortant l'avorté. Je débride mon âme, le volume du spasme, la coupure profonde de l'origine. De là vient la surface, alors que le fond verse la libation et s'accouple à l'ivresse sans jamais se lasser. L'infini éloigné peut l'être encore plus et, sur ce point, je le défendrai toujours. Quand je suis né, j'ai déjà dit que c'est à moi de répondre là-dessus, mais je n'ai pas assez dit. Maintenant je répète que cette ectomie spirituelle est tout ce qui me reste à dire.
Inulta mors
Les enchanteurs du Pharaon entendent le secret de chaque parfum, là où le rythme n'est pas boiteux, mais où la boiterie bouge le propre et l'accident. Eux feignent le chien à clabauder. Ces suffoqués ont le bras qui traverse de part en part. Moi, doigts dans la poudre, nerfs et veines à chaque muscle, spondyle, tendon. Le corps est l'égyptien silence avec masque, bandelettes d'en bas et bas de femme en cent façons de Cham. Le renforcement est si faible qu'il faut que je sois là, vieille potence, semblable à toute potence, et que je pende les nombres mis en bloc. Avec les quatre angles du coin, il y a les avancés, mais les rangs sont à l'arrière aussi. Qui pille rançonne, qui rançonne tortionne, et se sert de tours de passe-passe comme sur un autre cheval que le sien. Quelque chose naît en deçà, au delà, quand la chose du milieu doit se reproduire. Reproduire quoi ? L'épitaphe dit le foie, et réclamer le foie, c'est le prier parce qu'il résonne pour les morts, et que les morts viennent par le resserrement des os. Or, Dieu sera toujours reviviscent avec tous les vents qui en viennent. S'il se cherche dans cet évanouissement, c'est pour s'introduire sous une forme de second ordre, comme s'il n'était qu'un reste. Dieu donc devrait se retirer car ma vengeance, si je le croise, sera de ne plus le croiser. Lui n'a plus de munitions tandis que, pour venger la mort de tous ceux qui sont morts pour Dieu, j'ai tous ceux qui sont morts.
Double croche
Se dégager du détour éternel pour impliquer le sens auxiliaire, s'en dégager à la manière d'un parfait. Ainsi l'homme-animal s'accompagne d'os et d'arêtes, après quoi le squelette révèle ses intentions : retrouver de la hargne, rouvrir la chair ; mettre une torche dans cette résurrection raboteuse. Les imaginaires retournent d'emblée par les côtés où ils sont déjà passés. Chacun constitue un cadavre avarié, perdant jusqu'à la symétrie conservée, et devenant un corps ostensiblement brut. Ses enroulements sont montés sur la colonne vertébrale. Ce champ tourne autour de l'espace, dans le sens de la rotation des planètes. Une distinction existe entre les principes arqués de la terre, et tout se disperse dans le vide. Mais quel vide ? Car il n'est pas plus impossible aux pleins antérieurs de se dire ultérieurs, qu'aux ultérieurs de se dire antérieurs. Pour certains, confirmés dans une alliance indéfinie, le Tao conçoit le privilège d'une participation aux mouvements Ying et Yang, dont sont perpétuellement privées les autres existences, quand la simple conservation fait déjà défaut. Un simple coup d'œil rappelle l'optique des rayons lumineux, mais l'hermétisme ne révèle pas sa source. Moi, ayant conservé une même distance de mon origine à ma fin, je dis que cette source est l'image de ce qui n'a nulle fin car il s'agit de ramener l'état primitif à son battant tournant. Ainsi toute bête prend sa revanche en terre de sabot et s'y montre en cénacle d'esprits, ce qui suppose aux cieux le principe des suidés.
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Vendeur : BOOKIT!, Genève, Suisse
Etat : Used: Like New. LIVRE A L?ETAT DE NEUF. EXPEDIE SOUS 3 JOURS OUVRES. NUMERO DE SUIVI COMMUNIQUE AVANT ENVOI, EMBALLAGE RENFORCE. EAN:9782381460178. N° de réf. du vendeur ES-9782381460178
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