Articles liés à La Dogaresse flétrie: Venise, une affaire française

La Dogaresse flétrie: Venise, une affaire française - Couverture souple

Boddaert, François

 
9782381460208: La Dogaresse flétrie: Venise, une affaire française

Synopsis

Ce petit livre amical témoigne d’un séjour automnal à Venise (2016) en compagnie de

Geneviève, Anne et Bruno Grégoire, Janine et Biagio Pancino – sorte de cicérone à nos

yeux. Biagio donc : « Mai 1936, je sors de l’hôpital ! Les pieds bots, le plâtre, c’est fini !!!

Sandales aux pieds, enfin libre. Campo Santi Giovanni e Paolo, je cours vers la statue

équestre de Colleoni provoquant une envolée de pigeons… »

Les informations fournies dans la section « Synopsis » peuvent faire référence à une autre édition de ce titre.

À propos de l'auteur

François Boddaert est né en 1951. Éditeur, écrivain, il vit et travaille dans l’Yonne.

Bruno Grégoire, poète et photographe, voyageur, a toujours été attaché aux lieux ou peuples

au bord de leur disparition. En ce sens, il eût été improbable qu’il ne pose pas un jour son sac à

Venise.

Biagio Pancino est né en 1932 à San Stino di Livenza, près de Venise ; il vit et travaille à Sens

À propos de la quatrième de couverture

François Boddaert est né en 1951. Éditeur, écrivain, il vit et travaille dans l’Yonne.

Bruno Grégoire, poète et photographe, voyageur, a toujours été attaché aux lieux ou peuples

au bord de leur disparition. En ce sens, il eût été improbable qu’il ne pose pas un jour son sac à

Venise.

Biagio Pancino est né en 1932 à San Stino di Livenza, près de Venise ; il vit et travaille à Sens

depuis 1970.

LA DOGARESSE FLÉTRIE

(Venise, une a  aire française)

Texte de François Boddaert

avec des dessins de Biagio Pancino

& des photographies de Bruno Grégoire

Aux éditions Obsidiane

Obsidiane LA DOGARESSE FLÉTRIE François Boddaert

Di  usion les Belles Lettres

14 €

Couv_

Extrait. © Reproduit sur autorisation. Tous droits réservés.

Seconde raison : de la naissance de ce parler d’oïl à la mort de la

République majeure, il n’y a que l’empan d’une expédition dévotieuse à

une autre, mais laïque – du capétien Philippe II au généralissime corse des

armées d’Italie…Venise, donc, chuta après mille ans de régime républicain

(record mondial !). Pour la première fois de son histoire longue, la ville subit

l’invasion de hordes étrangères, le 15 mai 1797 ; les troupes de Bonaparte

– « La révolution est une idée qui a trouvé des baïonnettes » – en prirent

possession sans tirer un coup de fusil. Chateaubriand, qui parle à la morte

d’égal à égal dans ses mémoires, note, toujours modeste : « Votre oppresseur

et le mien ». Et peu avant, « ces magistrats jadis si fermes obtempérèrent en

tremblant aux injonctions d’un billet écrit sur un tambour »… Le vicomte

remarque, assez surpris (et nous donc), que la Sérénissime était pourtant

dotée de « 205 bâtiments armés de 750 pièces d’artillerie et montés par 2 516

hommes ; sept batteries et forts ; 11 000 soldats dalmates et 350 Italiens ; une

population de 150 000 âmes ; 800 bouches à feu autour des lagunes » quand

la troupe du général Sérurier, forte de 300 hommes campés à Marghera,

n’était équipée que d’un unique canon de petit calibre… « Elle tomba de peur

et se cacha sous les langes de son berceau ». Venise avait pourtant refusé

Primo : dès l’aube de la nôtre

littérature, un chevalier champenois

fut le premier François à s’extasier par

écrit (mais rapidement) devant Venise.

Geoffroy de Villehardoin, émissaire

des croisés, qui négocia avec le vieux

doge Dandolo le passage des preux vers

la Terre sainte (et le saccage promis de

Constantinople). En février 1201, le

chroniqueur trouva le palais des Doges

qui mult ere riches et biax… (cinq

siècles plus tard, le pourtant raffiné

« président de Brosse » jugera le nouveau bâtiment « du plus méchant goût »

– n’était la somptueuse salle du Grand Conseil : 1 350 m2 sans la moindre

colonne !). Et la fortune déjà coquette de la cité, née d’un ancien et très lucratif

commerce du sel, s’enfla par cette entreprise militaire rendue possible grâce

à son importante flotte marchande ; toujours Villehardouin : « … en Venise

cuidoient trouver plus grant planté de vaisiax que nul autre port. »

(…) Indolente et superbe, une Dame, à l’écart,

Se tournant à demi dans un flot de brocart,

Sourit au négrillon qui lui porte la queue.

José-Maria de Hérédia, La Dogaresse

Reste-t-il quelques raisons d’écrire pour Venise (encore) à une plume

trempée dans ce qui reste de langue française, dont on s’aperçoit de jour en

jour qu’elle mute en lingua franca – ce sabir des temps anciens, pratiqué

par les matelots de la Méditerranée, et qu’une oreille inexperte ne manquera

pas de prendre bientôt pour l’ancêtre des vers de Racine ou de Parny (lequel

est ici honoré pour complaire à Bruno Grégoire, in medias res) ?

Deux raisons au moins de voir dans la Sérénissime l’une des fées marraines

de nos belles-lettres :

Les informations fournies dans la section « A propos du livre » peuvent faire référence à une autre édition de ce titre.