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Ces petits matins qui n'intéressent personne - Couverture souple

Hajji Mohamed, Mohamed

 
9782381460390: Ces petits matins qui n'intéressent personne

Synopsis

Mohamed Hajji Mohamed, poète tangérois de langue arabe, nous offre avec Ces petits matins qui n’intéressent personne, le relevé très précis de ses humeurs pendant trois décennies, dans une ville du Moyen Atlas. Il y avait vécu et enseigné la philosophie. Chaque matin, il faisait l’expérience « des énormités toutes neuves ». Ses compatriotes, souvent apathiques et antipathiques, s’adonnaient aux prières propitiatoires qui éloignent le « mauvais œil » et aident à esquiver le contact avec l’autre, que celui-ci soit sa propre fille ou le chat de la voisine, ou encore une âme solitaire qui rêve de « quelques dollars de plus ». Tel est l’éventail des dysfonctionne-ments quotidiens. Les poèmes de Ces petits matins qui n’intéressent personne sont un concentré d’humour et de détresse. Ils racontent l’exil intérieur de Mohamed Hajji Mohamed, un poète rare et nécessaire. Le traducteur de ces poèmes est est Miloud Gharrafi, de l'université de Reims.

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À propos de l'auteur

Mohamed Hajji Mohamed, poète, essayiste et traducteur, est l’auteur de trois recueils de poèmes et d’un essai littéraire. Il vit à Tanger. Traduit de l'arabe par Miloud Gharrafi

Extrait. © Reproduit sur autorisation. Tous droits réservés.

UN MATIN QUI N’INTÉRESSE PERSONNE

Comme chaque matin

je me réveille avec l’image des crânes de mes ennemis

Je débarrasse soigneusement mes dents

de leur chair

puis je jette les os

aux rapaces.

Je ne suis pas le bourreau

d’un temps révolu

ou un corbeau qui parie

sur un gibier gagnant

Malgré cela

je compte les cadavres de mes fantômes

avec tout le soin qui sied aux cadavres

et je retourne aux casernes du sommeil

tel un soldat

qui revient du front.

SCÈNES INACHEVÉES

Cette ville

ne rit pas

et quand une ruelle rit d’elle

les maisons la regardent

effrayées

et retournent

dans leurs quartiers

aussi vite qu’une petite fille en colère.

LA DESCENTE

Il y aura toujours

Ceux qui t’entraîneront

Dans des combats malsains

Qui colleront au monde

Des étiquettes

Indignes de ses créatures

Et qui parieront comme un joueur malchanceux

Sur un ticket perdant.

Il y aura toujours ceux

Qui se réjouiront

D’impliquer le jasmin

Malgré lui

Dans des nuits obscures

Qui se protègeront contre leur propre rouille

Avec un costume pour les grandes occasions

Et qui lanceront les noms des étoiles

Dans des eaux troubles.

DES MURS S’ENVOLENT

Il suffit

Que la terre fasse bouger son ventre

Comme une danseuse orientale

Pour que s’effondrent

En une seule fois

Des milliers de foyers

Et si elle faisait bouger ses hanches ?

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