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Solargraphs - Couverture rigide

Faujour, Mikaël

 
9782490952649: Solargraphs

Synopsis

Dans sa quête d’explorer notre rapport au temps et à l’espace, le photographe Robert Charles Mann est revenu à une pratique minimaliste de la captation d’une image. Ses Solargraphs sont réalisés à partir d’appareils photo à sténopé qu’il a lui-même fabriqués et qui lui permettent d’exposer le soleil en continu pendant six mois, d’un solstice à l’autre. Chaque jour, le soleil laisse une trace sur le papier photographique installé à l’intérieur des appareils. Pendant plusieurs années, il a installé ses appareils sur le domaine de Miraval. Ce livre d’artiste rassemble le meilleur de ces clichés exceptionnels, présentés de manière chronologique.

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À propos de l'auteur

Né aux États-Unis et résidant dans le Val-de-Loire, Robert Charles Mann est passionné de photographie depuis son plus jeune âge. Tireur avant d’être photographe, il est vite repéré pour la qualité de son travail par les plus grands photographes de mode et de cinéma, produisant au cours des années 1980 et 1990 plus d’un million de tirages. En 1989, fort d’une réputation internationale dans ce domaine, Robert s’installe en France. Aujourd’hui, il utilise principalement le sténopé – dispositif optique très simple permettant d’obtenir un appareil photographique en perçant un trou minuscule dans une plaque de très faible épaisseur – et d’autres techniques d’impression traditionnelles à base de métaux nobles, ainsi que des pigments d’archives modernes sur des papiers de coton et des métaux lui permettant d’obtenir des prises de vue correspondant à son esthétique particulière. À l’automne 2024, Robert Charles Mann a été accueilli en résidence d’artiste au Château de Chambord. Opérationnels depuis le 21 décembre 2024, ses appareils à Solargraphs imprimeront sur le papier la course du soleil jusqu’au prochain solstice. Le fruit de cette résidence devrait faire l’objet d’une exposition en 2026. Robert Charles Mann est également compositeur de fi lms. Son style musical s’étend de l’électronique ambiante aux bandes sonores orchestrales et à la musique de fond pour la télévision et le cinéma.

À propos de la quatrième de couverture

Depuis sa création, la photographie se confronte au défi de fixer, sur une surface sensible, une image. De quoi est faite cette image ? Que dit-elle de ce qu’elle capte et montre ? Au 19e siècle, dans l’illusion de fixer un fragment du temps pour l’éternité, on ne sait pas encore que le temps, c’est de l’espace. Les Solargraphs de Robert Charles Mann offrent une réflexion passionnante sur le temps et l’espace, sur le présent perpétuel, sur le cycle des saisons, sur le « coeur secret de la nature » cher à Lucrèce. Un hommage à la constante transformation de la matière, et à l’émerveillement comme moteur de la création. À rebours de la surabondance d’images liée aux nouvelles technologies, le photographe a fait le choix du temps long et de la rareté. Cette économie de moyens liée à un patient travail de tirage qui prend plusieurs mois par cliché donne naissance à des photographies mystérieuses, empreintes de poésie.

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Plus que ceux des rares autres artistes contemporains qui en produisent, les Solargraphs de Mann s’inscrivent dans une démarche artistique qui, déjà dans ses travaux antérieurs, a toujours eu une forte dimension plastique. La série des Orbites, en particulier, montrait l’héritage d’une photographie picturale abstraite, celle des expérimentations d’un Alvin Langdon Coburn, d’un Raoul Hausmann, des rayogrammes de Man Ray ou des photogrammes de László Moholy-Nagy. Ses séries figuratives (Reflets, Fleurs) témoignent d’un souci de la texture, la profondeur du noir y évoquant volontiers le dessin au fusain – et, à ce titre, rappellent la démarche des pictorialistes, dans leur effort à s’émanciper d’une photographie « naturaliste » ou « vériste ». Si les Solargraphs se distinguent des autres séries en premier lieu par le recours à la couleur, la dimension expérimentale tient, d’une façon plus nette avec le temps, à la place accordée au hasard et à l’accident, c’est-à-dire à ce qui advient Indépendamment de la volonté et du contrôle. Abandonnés à leur sort pendant six mois, les sténopés peuvent être délogés par un couple d’oiseaux venu faire son nid ou le papier photographique abîmé par une infiltration d’eau. L’orientation, donc le panorama, s’en trouve déplacés, le négatif altéré, mais Robert Charles Mann accueille cette part d’impondérable, qu’il conserve lors de la postproduction sur ordinateur.

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