Ni le sublime ni l'architecture ne doivent être des domaines restreints aux seuls spécialistes. Bien au contraire, ils se destinent au partage et à la cohésion de la cité. L'étude que nous proposons, unique en son genre, tente de montrer ce qui joint essentiellement sublime et architecture. Depuis l'époque de Tibère, où le Pseudo-Longin composa probablement la Lettre-traité qui en fit le premier éloge, jusqu'aux propos contemporains qu'il suscite, le sublime s'entend généralement comme l'expérience principielle de la vie humaine. On peut prétendre rapprocher un tel zénith vital de l'architecture lorsqu'elle est conçue selon son sens fondateur, si l'on prend au sérieux le mot architectonia marquant son apparition. Assemblage d'archè et de technè, il fait entendre la signification originelle d'une production du principe. Le sublime réalise donc l'épreuve de ce que l'architecture manifeste. Il ne s'agit pas, avec le sublime, d'analyser une catégorie esthétique particulièrement intéressante et séduisante, mais de chercher à reformuler l'esthétique tout entière. Nous soutenons que l'esthétique philosophique n'est pas à même de livrer le sens de l'architecture, et même, qu'à l'inverse, la prise en considération de l'architecture peut fonder l'esthétique, et agir ainsi en faveur d'un nouvel ordre de la cité.
Les informations fournies dans la section « Synopsis » peuvent faire référence à une autre édition de ce titre.
Extrait de l'introduction
Hors la philosophie, aucune connaissance ne peut d'évidence porter foncièrement l'interrogation sur soi-même ni enquêter en profondeur dans les domaines étrangers ; c'est pourquoi sa puissance ordonnée d'interrogation doit être jointe à l'architecture lorsque l'on désire la comprendre. - Au sein du corpus philosophique, nous choisissons de nous fier à la pensée du sublime, car elle satisfait semblable envie : saisir la qualité de l'oeuvre d'architecture. Les pages suivantes voudraient en apporter la preuve.
Pourquoi désirer comprendre l'architecture ? Tout de même que Schelling tenait pour ridicules une philosophie de l'agriculture et une philosophie des transports, il y aurait lieu de juger digne de risée la mise en oeuvre de la pensée du sublime à l'endroit de l'architecture si n'y était conservée l'expérience capitale que vise cette tradition. Interroger philosophiquement, cela revient à faire des questions aux sujets qui le méritent, conservant ce que nous devons à notre humanité de rejoindre tel notre vrai lieu. Nous avons l'intention de montrer que l'architecture authentique est digne d'être pensée. Nous lui donnons pouvoir de livrer le sens de l'esthétique, croyant que penser sa propriété nous découvre celle de l'oeuvre d'art.
Nous ne désirons donc aucunement contribuer à une esthétique par le côté de l'architecture, l'inscrire au sein d'une revue générale des beaux-arts où la spécificité de chacun serait détaillée; l'esthétique à laquelle nous nous intéressons énonce une pensée déterminant d'abord l'essence des oeuvres.
Nous devons outre cela avertir notre lecteur : l'édifice qualifié à une époque de «sublime» n'est pas notre premier souci. Il ne se rassemble sur la pensée de l'hupsos unie à l'architecture qu'en une entente identique de l'un et de l'autre comme participation au tout. Ainsi l'édifice ne sera pas dit «sublime» parce qu'il se vêt d'une forme «culturelle» après d'autres, issue d'un progrès causal circonstanciel, mais selon sa seule qualité architecturale.
Il semble qu'un tel point de préface prend les armes contre nos travaux dans le XVIIIe siècle. Nous y étudions, certes, avec la tournure d'une histoire des idées, les oeuvres d'architectes qui reçurent l'influence de publications contemporaines intéressées au sublime; ou vécurent au sein d'une Stimmung telle qu'il leur fut inévitable d'être insciemment, si l'on veut, éduqué par lui. Notre recherche ne consiste cependant pas à décrire et interpréter un phénomène propre aux Lumières. Examinant la littérature architecturale lorsqu'elle reflète la «crise de la conscience européenne» et manifeste une connaissance du sublime, nous n'y considérons qu'une occasion de discerner ce qui fait le fond de l'oeuvre d'architecture. Prenant acte d'un phénomène relatif à l'ensemble de l'époque moderne : l'absence d'une figure ordonnatrice interposée entre un monde et un au-delà du monde, nous regardons dans cette lacune le nouvel énoncé totalisant de l'oeuvre d'art, et aussi bien la faculté neuve d'y prendre part.
Produisant trois thèses, nous témoignons du cours de notre recherche.
Ni le sublime ni l'architecture ne doivent être des domaines restreints aux seuls spécialistes. Bien au contraire, ils se destinent au partage et à la cohésion de la cité. L'étude que nous proposons, unique en son genre, tente de montrer ce qui joint essentiellement sublime et architecture. Depuis l'époque de Tibère, où le Pseudo-Longin composa probablement la Lettre-traité qui en fit le premier éloge, jusqu'aux propos contemporains qu'il suscite, le sublime s'entend généralement comme l'expérience principielle de la vie humaine. On peut prétendre rapprocher un tel zénith vital de l'architecture lorsqu'elle est conçue selon son sens fondateur, si l'on prend au sérieux le mot architectonia marquant son apparition. Assemblage d'archè et de technè, il fait entendre la signification originelle d'une production du principe. Le sublime réalise donc l'épreuve de ce que l'architecture manifeste. Il ne s'agit pas, avec le sublime, d'analyser une catégorie esthétique particulièrement intéressante et séduisante, mais de chercher à reformuler l'esthétique tout entière. Nous soutenons que l'esthétique philosophique n'est pas à même de livrer le sens de l'architecture, et même, qu'à l'inverse, la prise en considération de l'architecture peut fonder l'esthétique, et agir ainsi en faveur d'un nouvel ordre de la cité.
Les informations fournies dans la section « A propos du livre » peuvent faire référence à une autre édition de ce titre.
Vendeur : Revaluation Books, Exeter, Royaume-Uni
Paperback. Etat : Brand New. 141 pages. French language. 8.03x5.51x0.55 inches. In Stock. N° de réf. du vendeur zk2705670548
Quantité disponible : 1 disponible(s)