Nous sommes faits pour la vie. Pourtant, précise l'auteur, aucune spiritualité n'est digne de l'être humain si elle n'intègre pas la mort comme partie de toute l'existence humaine. Il y a la mort terminale, ce point final qui clôt une existence humaine. Mais il y a aussi, et peut-être surtout, le poids des morts quotidiennes : un corps malade qui vient de tuer des projets auxquels on tenait, tel amour dont on pensait qu'il serait toujours plus fort que tout et qui perd souffle peu à peu, les innombrables mises à pied qui condamnent à l'insécurité et brisent l'existence personnelle et familiale, un taux effarant de suicides chez les jeunes : quel est ce mal de vivre quotidien qui rend la mort terminale plus attrayante, ou moins intolérable, que la décision de vivre ? Nous pouvons laisser la mort quotidienne dans l'anonymat. Elle dicte alors ses lois et manipule d'autant plus facilement nos vies que, fantôme innommé et innommable, nous évitons de la regarder en face. Les chrétiens confessent que Jésus Christ est devenu le Vivant, désormais capable d'ouvrir les tombeaux. Mais cette victoire sur la mort n'a rien d'une intervention magique qui, de dehors de la mort et indépendamment d'elle, guérirait le mal de vivre et calmerait les angoisses. Jésus a eu le courage d'une descente dans le tombeau. A sa suite, chrétiennes et chrétiens sont de bons artisans d'espérance quand c'est du creux de leurs morts qu'ils témoignent de la vie, du creux de leurs captivités qu'ils se lèvent et se remettent en marche.
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Rémi PARENT, rédemptoriste, est professeur titulaire à la Faculté de théologie de l'Université de Montréal. Il s'est surtout intéressé à l'être chrétien, à l'Eglise et aux ministères. Depuis plus de quinze ans, il vit à demi-temps dans une petite communauté avec un couple et quelques handicapés intellectuels.
Nous sommes faits pour la vie. Pourtant, précise l'auteur, aucune spiritualité n'est digne de l'être humain si elle n'intègre pas la mort comme partie prenante de toute l'existence humaine. Il y a la mort terminale, ce point final qui clôt une existence humaine. Mais il y a aussi, et peut-être surtout, le poids des morts quotidiennes : un corps malade qui vient tuer des projets auxquels on tenait, tel amour dont on pensait qu'il serait toujours plus fort que tout et qui perd souffle peu à peu, les innombrables mises à pied qui condamnent à l'insécurité et brisent l'existence personnelle et familiale, un taux effarant de suicides chez les jeunes : quel est ce mal de vivre quotidien qui rend la mort terminale plus attrayante, ou moins intolérable, que la décision de vivre ? Nous pouvons laisser la mort quotidienne dans l'anonymat. Elle dicte alors ses lois et manipule d'autant plus facilement nos vies que, fantôme innommé et innommable, nous évitons de la regarder en face. Les chrétiens confessent que Jésus Christ est devenu le Vivant, désormais capable d'ouvrir les tombeaux. Mais cette victoire sur la mort n'a rien d'une intervention magique qui, de dehors de la mort et indépendamment d'elle, guérirait le mal de vivre et calmerait les angoisses. Jésus a eu le courage d'une descente dans le tombeau. A sa suite, chrétiennes et chrétiens sont de bons artisans d'espérance quand c'est du creux de leurs morts qu'ils témoignent de la vie, du creux de leurs captivités qu'ils se lèvent et se remettent en marche.
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