Il s'agit là d'un des derniers grands romans de Rider Haggard. Il l'acheva en mars 1917, soutenu par l'enthousiasme de Kipling, car lui-même commence à subir des périodes de dépressions qui alternent avec des vagues de bonheur. Auteur à succès de quelque 50 romans, il sent que l'étau se resserre (son fils unique vient de mourir, la première guerre mondiale, qu'il redoutait, fait rage, sa santé se dégrade), Le Jour où la terre trembla reflète son oscillation entre des extrêmes ; parfois plein d'une espérance sincère, ce livre est en même temps très pessimiste. Et si l'homme avait détenu ou détenait un jour le pouvoir de changer l'axe de la terre, qu'adviendrait-il ? Après nous avoir enchanté avec ses romans sur les mondes perdus (le cycle de She, Les Mines du Roi Salomon) Rider Haggard réinvente le mythe de l'Atlantide. Dans la même collection, du même auteur : Éric aux Yeux Brillants.
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Arbuthnot se présente
Le lecteur pardonnera sans doute à l'auteur de ces pages, Humphrey Arbuthnot, de consacrer tout un chapitre à se présenter, voire à retracer ses origines avant d'entreprendre la narration des aventures dans lesquelles le Destin a voulu qu'il jouât un rôle de premier plan. Pareille présentation un peu longue, peut-être, me paraissait pourtant indispensable.
Je suis né il y a quarante ans, dans ce village même du Devonshire où je suis revenu rédiger mes souvenirs. Seule la maison où j'habite n'est plus la même. Je vis à présent au prieuré, une ancienne résidence, très belle pour qui aime ce style, avec des pièces pannelées, un splendide parc verdoyant, bordé de petits bois, et de merveilleux jardins dans lesquels, vu le doux climat dont profite cette région de l'Angleterre, fleurissent bon nombre de plantes que d'aucuns croiraient trouver seulement dans des pays plus ensoleillés. La vue est parfaite, elle aussi, car la maison domine le riche paysage du Devonshire, collines, vallées, versants escarpés de grès rouge et, au loin, devant mes yeux, la mer moutonneuse. Bien sûr, de petites villes me séparent de celle-ci, de petites villes touristiques, pour la plupart, mais les accidents de terrain les dissimulent si bien que je n'en distingue aucune depuis mon prieuré. Tel est Fulcombe où je vis. Pour des raisons évidentes, le nom est imaginaire.
Voilà bien longtemps, mon père, le révérend Humphrey Arbuthnot (comme je suis son fils unique, je porte le même prénom), était le pasteur de ce village avec lequel notre famille présenterait quelque affinité héréditaire. Si tel est le cas, la famille se désolidarisa de celle-ci dès le Bas Moyen Âge, puisque mes ancêtres combattirent du côté du Parlement.
Mon père vivait comme un reclus, car ma mère, une Écossaise, mourut peu après ma naissance - peut-être même pendant. Comme il appartenait à la High Church, il n'était pas très populaire auprès de la famille qui habitait le prieuré à l'époque. Son propriétaire, une personne d'une vulgarité assez épaisse, un certain Enfield, avait réalisé une jolie fortune dans le commerce et cumulait les avantages du magnat local et du bénéficiaire des dîmes rectorales, prérogatives qui lui permettaient d'inquiéter, voire de persécuter mon père.
Il s'agit là d'un des derniers grands romans de Rider Haggard. Il l'acheva en mars 1917, soutenu par l'enthousiasme de Kipling, car lui-même commence à subir des périodes de dépressions qui alternent avec des vagues de bonheur.
Auteur à succès de quelque 50 romans, il sent que l'étau se resserre (son fils unique vient de mourir, la première guerre mondiale, qu'il redoutait, fait rage, sa santé se dégrade), Le Jour où la terre trembla reflète son oscillation entre des extrêmes ; parfois plein d'une espérance sincère, ce livre est en même temps très pessimiste.
Et si l'homme avait détenu ou détenait un jour le pouvoir de changer l'axe de la terre, qu'adviendrait-il ?
Après nous avoir enchanté avec ses romans sur les mondes perdus (le cycle de She, Les Mines du Roi Salomon) Rider Haggard réinvente le mythe de l'Atlantide.
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