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Animal - Couverture rigide

Mathis, Rémi; Sueur-Hermel, Valérie

 
9782717726152: Animal

Synopsis

Des animaux à la Bibliothèque nationale de France !
Le puissant rhinocéros de Dürer, les célèbres chats de Manet sur leur toit parisien, le tigre de Ranson aux lignes flamboyantes, la carpe imposante et audacieuse d'Hiroshige devant une vue d'Edo, l'élégante simplicité du cygne de Matisse...
Au fil des pages de cette anthologie, découvrez l'extraordinaire diversité des fonds conservés au département des Estampes et de la Photographie.

Un thème universel et porteur
Après le succès de la mini-exposition d'estampes d'animaux présentée au Salon international de l'Estampe de Paris (2013), la Bibliothèque nationale de France a décidé de réaliser un beau livre de gravures animalières choisies dans ses collections.

De Dürer à Picasso
Dans cet ouvrage prestigieux, des spécialistes d'histoire de l'art expliquent et commentent des œuvres majeures de la gravure, ainsi que d'autres moins connues du public, issues de fonds anciens, modernes et contemporains. Ainsi, le Rhinocéros de Dürer côtoie le Lion de Delacroix, le Tigre de Ranson, le Harphang des neiges d'Audubon...

Un auteur de renommée internationale
Le grand historien de l'art Michel Pastoureau, qui a consacré ces dernières années de nombreux ouvrages aux animaux, signe la préface de cet ouvrage exceptionnel.

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Extrait

Une estampe, des estampes

Rémi Mathis et Valérie Sueur-Hermel

Lors du Salon international de l'estampe de Paris, en 2013, des visiteurs avaient été attirés par le thème «Histoires naturelles» : subjugués par les images d'animaux que nous avions sélectionnées dans nos collections, ils nous interrogeaient sur des techniques qui, par comparaison avec la peinture, leur semblaient si efficaces pour une telle économie de moyens. Sans doute est-il bien loin le temps où Baudelaire parlait de «l'enfant, amoureux de cartes et d'estampes» et le terme même d'«estampe» ne signifie-t-il plus grand-chose pour la plupart des gens en ce début du XXIe siècle. Nous avons donc entrepris de le définir historiquement à grands traits et d'esquisser aussi une présentation du département des Estampes, à la Bibliothèque nationale de France.
Avant tout, une estampe est une image imprimée. Les techniques s'en développent en même temps que celles du livre, dès le XVe siècle, dans le milieu des orfèvres, lorsqu'on a l'idée de graver une matrice, de bois ou de métal, puis de la recouvrir d'encre afin de reporter le dessin sur une feuille de papier. Le processus peut être répété à l'infini, la seule contrainte se trouvant dans la résistance à l'usure de la plaque gravée. Cela explique que l'estampe ait été pendant plus de quatre siècles l'unique moyen de diffuser une image à un grand nombre d'exemplaires pour toute une variété d'usages, artistiques, religieux, documentaires, journalistiques, éditoriaux, techniques, scientifiques - en particulier dans le domaine, qui nous intéresse ici, de la zoologie. Au cours des premières décennies, c'est la gravure sur bois qui prédomine : elle donne lieu à des chefs-d'oeuvre de la part d'artistes qui en maîtrisent très rapidement les techniques, comme Durer. Son importance décroît toutefois dès le XVIIe siècle, grande période d'innovation : la xylographie n'est plus pratiquée alors par les artistes de premier plan mais survit dans les livres, en particulier sous forme de bandeaux, culs-de-lampe, etc. et dans les images populaires. En revanche, la taille-douce connaît un essor important : on grave essentiellement au burin, en incisant directement la plaque de cuivre, jusqu'à l'apparition, sous le règne de Louis XIII, d'une nouvelle technique, l'eau-forte, qui consiste à recouvrir la plaque d'une couche de vernis, plus facile à inciser que la plaque elle-même, et qui apporte plus de finesse dans le dessin. Lorsque la plaque est plongée dans un bain d'acide, les parties mises à nues par la pointe sont mordues par l'acide tandis que les parties protégées par le vernis demeurent intactes. Les conséquences de ce procédé se font sentir non seulement sur le style des estampes, mais aussi sur les exécutants : alors que le burin requiert des professionnels capables de manier cet outil, l'eau-forte permet à des peintres et à des dessinateurs de réaliser eux-mêmes des gravures. Elle reste cependant réservée à quelques thèmes bien particuliers et à des images de luxe, en raison du plus petit nombre de tirages qu'elle autorise.
Le XVIIIe siècle voit l'émergence d'autres innovations, destinées à suivre l'évolution du goût et des besoins du public. Les graveurs et, plus largement, toute la société intéressée par l'estampe (inventeurs de modèles, éditeurs...) cherchent de nouvelles techniques afin de se rapprocher autant que faire se peut des autres médiums artistiques : on invente alors des moyens d'imiter le dessin ou de produire des estampes en couleur.
La lithographie, au XIXe siècle, est une véritable révolution puisqu'elle permet de réaliser des estampes sans qu'il y ait gravure. L'artiste dessine avec un crayon gras sur une pierre de calcaire au grain très fin. L'encre est retenue sur les parties dessinées mais disparaît ailleurs, selon le principe de répulsion réciproque de l'eau et des matières grasses. La lithographie devient un médium très important, non seulement sur le plan artistique, mais aussi, au siècle de la révolution industrielle, pour diffuser toutes les images de manière plus aisée et à un plus grand nombre d'exemplaires : les lithographies sont fréquentes, par exemple, dans les journaux de l'époque, tirés à plusieurs milliers d'exemplaires. Il en est de même d'une nouvelle manière de graver le bois («bois de bout»), en l'incisant perpendiculairement aux fibres, ce qui produit des images d'une bien plus grande finesse que la xylographie traditionnelle.
(...)

Revue de presse

Un éléphant à la verticale, fiché sur sa trompe, défiant avec l'élégance d'un trapéziste les lois de la pesanteur. Cette magnifique eau-forte du peintre catalan Miquel Barceló, de 2007, clôt le «florilège animalier» composé par Rémi Mathis et Valérie Sueur-Hermel et issu des collections d'estampes de la Bibliothèque nationale de France (BNF), les plus riches au monde. En choisissant d'y suivre les bêtes à la trace, petites et grandes, domestiques ou chimériques, les deux conservateurs ont conçu cet Animal, ni inventaire savant ni catalogue, mais bestiaire dans la plus pure tradition du plaisir des yeux...
Spectaculaire, la bête l'est par nature : la beauté de cet ouvrage tient autant aux images choisies qu'à la qualité et à la matité des reproductions. Ce louable respect pour l'esthétique de l'estampe se double du souci d'en montrer la variété. Au fil des pages, les techniques changent, gravure sur bois ou taille-douce, lithographies, affiches ou cartes postales... (Julie Clarini - Le Monde du 11 décembre 2014)

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