Ghost in the shell, chef d’œuvre de Masamune Shirow, ainsi que les magnifiques films d’animation réalisés par Mamoru Oshii, ne sont plus à présenter.
La série Stand Alone Complex (S.A.C.) reprend le même univers et les mêmes personnages pour les faire évoluer dans un monde parallèle où l’héroïne, le Major Motoko Kusanagi, restée au sein de la Section 9, n’aurait jamais rencontré le Puppet Master. Avec l’aide de Batô, Togusa, des Tachikoma et de toute son équipe, elle devra déjouer les complots qui se trament dans un Japon cyberpunk. Avec un propos et un design modernisé, ce titre s’adresse tout autant aux fans de la première heure qu’aux novices qui pourront découvrir là l’essence de l’imagination foisonnante de Shirow.
Bien après la sortie de la première série, cette licence a toujours continué d’être exploitée sous diverses formes : manga, séries d’animation et jeux vidéo et jouit donc d’une actualité constante. Un jeu multijoueurs de tir à la première personne sera lancé en France pour 2014, tandis qu’au Japon, a été annoncée la mise en production de l’opus suivant : Ghost in the shell ARISE.
Les informations fournies dans la section « Synopsis » peuvent faire référence à une autre édition de ce titre.
Ghost In The Shell n’est plus une licence à présenter. C’est à l’origine un manga publié en 1989 de Shirow Masamune, auteur connu pour son goût des hautes technologies, au point de mettre sur papier des théories scientifiques à donner un mal de crâne de tous les diables. GITS a été adapté en films dès 1995, puis en une série animée très diffusée : Ghost In The Shell – Stand Alone Complex en 2002. Ce manga est l’adaptation de cette série animée. Oui oui, c’est l’adaptation manga de l’adaptation animée du manga de Masamune. Cela a l’air un peu ridicule, mais il faut savoir que l’animé Stand Alone Complex repose les bases du manga originel, et donc, que ce manga de Yu Kinutani s’éloigne pas mal de celui de Shirow, tout du moins dans la forme.
La base de l’intrigue est la même que celle de l’animé : on suit le Major Motoko Kusanagi et sa section aux prises avec des cyber terroristes dans un Japon ultra-futuriste, où se côtoient humains, cyborgs et robots. La société est désormais entièrement régie par l’informatique, à tel point que des individus peuvent communiquer par la pensée avec un simple câble.
Ce premier tome retrace le premier épisode de l’animé. Lors d’un repas d’affaires entre le Premier Ministre et des businessmans américains, les robots geishas qui les servent les prennent en otage. C’est au Major et à son équipe de les libérer et de connaitre les raisons exactes de cet évènement.
Le principal enjeu de l’auteur, Yu Kinutani, est de se différencier visuellement et narrativement de Shirow Masamune. Et pour cela, il a amplement réussi. D’une part, on ne peut pas nier que Masamune avait un souci avec la visibilité des scènes d’action dans son Ghost In The Shell (et même, dans sa compréhensibilité d’un point de vue général, mais on y reviendra très vite). Kinutani, lui, nous offre un travail propre et soigné. Les séquences d’action, notamment la scène d’ouverture, sont particulièrement prenantes et dynamiques. Les plans sont plutôt bien choisis, avec la présence de décors urbains qui donnent le vertige sur des doubles pages.
Après, Ghost In The Shell reste Ghost In The Shell. Kinutani adapte avec fidélité un animé qui était déjà fidèle au propos de Masamune. Et c’est là l’un des problèmes qui subsiste dans cette licence : son accessibilité. Une simple prise d’otage devient un vrai casse-tête à comprendre pour le lecteur tant les technologies développées dans le manga sont difficiles à appréhender. Et tout détail de l’intrigue est lié aux hautes technologies, car c’est comme cela que fonctionne le futur ici. Les personnages parlent entre eux et laissent le lecteur à part, leur jargon étant difficile à intégrer. Bien sûr, c’est sans commune mesure avec le premier manga Ghost In The Shell, qui malgré ses qualités, peut porter l’adjectif d’élitiste. Reste que la compréhension du propos n’est pas des plus fluides, à l’inverse des scènes d’action.
En sachant cela, au lecteur de juger l’intérêt d’un tel titre : le fan de la première heure de Ghost In The Shell ne trouvera rien de plus par rapport à la version animée. Un néophyte pourra lire une œuvre cyberpunk dans ce qu’elle est a de plus brut. En revanche, celui qui n’a fait que lire le manga de Shirow aura droit à une véritable réinterprétation de la licence en conservant le même univers dans un format BD. Reste malgré tout un léger sentiment de fadeur, comme si Kinutani n’a fait qu’adapter dans le moindre détail, sans oser ajouter son grain de sel.
L’édition de Glénat est très convaincante. Le papier et la jaquette sont de bonne qualité, le grand format est très appréciable et justifie ainsi le format de prix attribué aux éditions deluxe. La traduction est quant à elle fidèle à l’esprit Masamune Shirow jusqu’au bout : elle ne permet pas forcément de mieux comprendre le contexte.
Au final, un manga qui se lit sans mal, mais qui n’est pas vraiment une nouveauté et qui manque par moment de piquant.
Raimaru
(Critique de www.manga-news.com)Masamune Shirow est un artiste polyvalent : tour à tour scénariste et dessinateur, illustrateur d’animé et de jeux vidéo, cet «Asimov du manga» est l’un des auteurs les plus adulés hors des frontières du Japon.
Né en 1961 à Kobe, il a fait ses débuts dans un fanzine (magazine amateur) avec Black Magic.
Son premier succès arrive en 1985 avec Appleseed (Seishinsha) qui connaît au Japon un engouement immédiat pour la richesse de son univers visuel et son scénario digne des plus grands auteurs de science-fiction.
Il continue alors une carrière dans le manga, et s’ouvre peu à peu à l’animation (Black Magic M-66 en 1987), l’illustration de roman et la création de concepts de jeux vidéo.
La renommée internationale arrive en 1989 avec deux séries : Ghost in the Shell (Kodansha), publiée dans Young Magazine Kaizokuban, et Orion (Seishinsha) publiée dans Comic Gaia, qui vont faire de lui un maître incontestable de la science-fiction.
Masamune Shirow a pris une route inhabituelle vers le succès : le soutien sans failles de ses fans à travers le monde lui a permis de s’affranchir des systèmes de prépublication pour se consacrer entièrement à ses projets artistiques.
Son succès est tel, que la majorité de ses œuvres connaît une adaptation animée (sous de nombreuses formes : séries TV, OAV, long-métrages), et une adaptation en jeu vidéo. En 1995, le long-métrage d’animation Ghost in the Shell (réalisé par Mamoru Oshii) est salué par la presse internationale.
L’influence de Shirow dans les domaines de l’illustration et du cinéma est telle que de nombreux artistes avouent régulièrement s’inspirer de son univers, notamment les frères Wachowski (Matrix), Mamoru Oshii (Ghost in the Shell) ou encore Kim Moon-Saeng (Wonderful Days).
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