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L'APPROPRIATION DE LA CULTURE GRECQUE
UN IMITATEUR DE MÉLÉAGRE À POMPÉI
Identité poétique d'un anthologiste à la fin de la République
Evelyne Prioux
La maison V, 1, 18 de Pompéi, baptisée Casa degli Epigrammi, doit son nom à la décoration très particulière qui orne les murs d'une exèdre située dans l'angle nord-est de son péristyle. Des épigrammes grecques ont en effet été peintes sur les tableaux qui occupent la zone centrale des parois de cette pièce. A travers l'analyse de ce document exceptionnel, il nous est permis d'étudier non la simple mise en relation d'un texte et d'une image, mais la convergence entre l'ensemble d'un programme décoratif et un cycle de poèmes, c'est-à-dire de raisonner sur l'articulation entre la notion de collection et la notion d'anthologie. Par la description des fresques et l'analyse des épigrammes, je tenterai tout d'abord de montrer que cet ensemble décoratif est conçu comme une triple collection de peintures, de statues et d'épigrammes. Dans un second mouvement, consacré à l'analyse du programme décoratif, j'essayerai de faire apparaître la signification et la cohérence thématique de cet ensemble pictural. L'analyse des peintures permettra peut-être de mettre en lumière les raisons des rapprochements effectués entre telle et telle épigramme, et de mieux cerner, in fine, l'identité poétique du commanditaire de ces décors.
Une triple collection de peintures, de statues et d'épigrammes
Les fresques de cette pièce, dont la fonction n'a pu être identifiée, peuvent être datées, d'après des critères stylistiques, de l'époque tardo-républicaine, vraisemblablement des années 40-30 av. J.-C.
Le tableau central du mur ouest représente la lutte d'Éros et de Pan sous le regard d'Aphrodite (fig.1) ; la déesse, qui tient la baguette du rabdophore, arbitre le combat. La scène se déroule en plein air, devant une tholos entourée d'arbres. Un contraste violent oppose la carnation délicate d'Éros et le teint terreux de Pan, dont le caractère caprin est ici très marqué. Le tableau comporte une épigramme de quatre vers, inscrite sous les pieds d'Éros :
(...)
Textes édités par Mathilde Simon
Le renouvellement des études antiques a mis en évidence l'importance de la notion d'identité. Les populations indigènes soumises par les Grecs puis par les Romains, les phénomènes d'acculturation ont suscité l'attention, interrogeant la manière dont ces peuples étaient représentés par les vainqueurs. En évoquant les autres, ceux-ci nous parlent d'abord d'eux-mêmes, de l'imaginaire qui les habite, bien plus qu'ils ne nous livrent des informations ethnographiques.
Si les questions d'identité ethnique et culturelle ont été bien étudiées dans le monde grec, tel n'est pas le cas dans le monde romain. Pourtant, la maîtrise d'un Empire immense est passée par l'intégration progressive de peuples très divers, et la conception romaine de l'identité culturelle s'est développée de manière originale : c'est ainsi, par exemple, que le motif de l'humanitas a permis d'articuler la relation de Rome avec les Barbares. Il s'agit donc dans ce livre non d'une mais de plusieurs identités, de la définition culturelle de la romanité et de la représentation, par les Romains, de l'altérité.
L'éditeur du volume : ancienne élève de l'École normale supérieure, Mathilde Simon est maître de conférences en langue et littérature latines à l'ENS. Ses recherches portent sur la place de l'héritage grec dans la mémoire romaine et sur l'historiographie antique.
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Vendeur : Librairie La Canopee. Inc., Saint-Armand, QC, Canada
Etat : AS NEW. Etat de NEUF / AS NEW condition 9782728804498 9782728804498 3008B 2. N° de réf. du vendeur 200871
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