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Les Patrons sous l'Occupation - Couverture souple

Rochebrune, Renaud De; Hazera, Jean-Claude

 
9782738103284: Les Patrons sous l'Occupation

Synopsis

Tout dirigeant d'une société importante, entre 1940 et 1944, était-il "condamné" à travailler pour l'Allemagne ? Comment s'est déroulée l'aryanisation des entreprises juives et quelles ont été les responsabilités des Français dans la création et l'application des mesures antisémites en économie ? Quel rôle a joué le monde des affaires dans le marché noir ? L'épuration a-t-elle épargné la quasi-totalité des patrons ? A-t-on assisté à l'invention d'un véritable "pétainisme économique" ? R. De Rochebrune et J.-C. Hazera racontent ce qu'ont fait ou n'ont pas fait sous l'Occupation les dirigeants de Berliet ou de Ricard, de la Société générale ou de la Banque Worms, de Total ou de l'Air liquide, des Galeries Lafayette ou d'Hispano-Suiza. Ils dressent ainsi le premier panorama complet du fonctionnement des entreprises, de la finance et de l'économie durant une période qui a représenté une véritable épreuve de vérité pour le patronat français. R. De Rochebrune est rédacteur en chef de La Revue française de gestion et à l'hebdomadaire Jeune Afrique.

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Revue de presse

Entreprises si vous saviez....
En 1944, plus de la moitié de la production industrielle des usines françaises était destinée à l'Allemagne. La population masculine active de l'Hexagone travaillait à près de 40 % directement pour le Reich, en France ou outre-Rhin.

Derrière la réalité des statistiques, il y a les comportements contrastés du patronat français durant les cinq années de l'Occupation. De la collaboration aux actes de résistance, passive ou active, Renaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera décortiquent les relations entre la hiérarchie des entreprises et l'occupant. Depuis l'hôtel Majestic, à Paris, le vainqueur de 1940 met en valeur le potentiel économique de sa colonie. Herr Doktor Elmar Michel, chef de la section économique de l'administration militaire allemande en France, orchestre cette exploitation raisonnée du pays. Une méthode qui s'oppose aux velléités de pillage du maréchal Goring, mais qui n'empêchera pas les réquisitions: près de 34 000 machines-outils, 8 % du parc national, passeront ainsi la frontière en l'espace de quatre ans.

Si la menace de réquisition a souvent été brandie, tout a été fait, dans l'ensemble, pour inciter les patrons français à produire de bonne grâce. Les auteurs mettent en lumière le rôle zélé ou ambigu de l'administration française, qui conseille ouvertement aux entreprises de passer des marchés avec les Allemands pour éviter les brimades.
Ils livrent le résultat de la série d'enquêtes qu'ils ont menées, notamment sur les entreprises ou les secteurs mis en cause à la Libération. Au hit-parade de l'épuration, les entreprises de travaux publics, qui seront condamnées pour leur participation à la construction du mur de l'Atlantique dès 1942. Sont aussi réexaminés les dossiers de Berliet - Marius Berliet fut longtemps désigné comme le prototype du patron collabo -, d'Air liquide, ou de l' aryanisation des Galeries Lafayette.

Mais ces années de guerre ont aussi révélé dans les entreprises des comportements d'authentiques résistants: celui de Paul Ricard, d'Hispano-Suiza, où l'on refusa de fabriquer du matériel de guerre pour l'Allemagne, ou encore le jeu de cache-cache entre l'occupant et les industriels qui dissimulent des matières premières. Au total un livre riche, où l'intérêt du récit est soutenu par la densité d'une information souvent inédite. --Gilles Fontaine-- -- L'Expansion

Les patrons, collabos ou résistants?
Une mise au point nuancée. Les patrons français ont-il ouvertement soutenu Vichy et collaboré avec l'occupant? Ont-ils vraiment mis consciemment leurs entreprises au service de l'économie de guerre allemande? Curieusement, aucun historien professionnel ne s'était encore penché sur ces questions gênantes. Deux journalistes viennent de s'en charger en publiant un gros livre fourmillant de témoignages, où l'on peut enfin toucher du doigt une réalité complexe.

Il y a certes eu des résistants parmi les patrons, constatent les auteurs. Ni plus ni moins que dans le reste de la population. Et il y a eu, à l'opposé, beaucoup de collaborateurs cyniques qui ont notamment profité de la politique d'aryanisation pour s'enrichir sans vergogne. Mais il est extrêmement difficile de caractériser l'attitude de la majorité des chefs d'entreprise, qui ont avant tout cherché à maintenir leur activité et qui ne se sont généralement pas posé la question de la résistance ou de la collaboration économique.

S'appuyant sur une pure logique de gestion, ils ont en quelque sorte évacué les problèmes politiques et moraux, qu'ils ont entièrement rejetés dans la sphère individuelle. Ce qui a pu aboutir, dans certains cas, à des situations difficiles à comprendre un demi-siècle plus tard. Que penser, en effet, de ces hommes qui ont aidé l'occupant, en tant que patrons, en lui livrant des combustibles ou des machines et qui ont par ailleurs participé activement, en tant que citoyens patriotes, aux activités clandestines de la Résistance?

Tout l'intérêt de ce livre réside précisément dans le refus de tout schématisme. Chapitre après chapitre, on y découvre - à partir du récit détaillé de cas significatifs - tout l'éventail des itinéraires possibles. De quoi nourrir une méditation désabusée sur les rapports élastiques entre la morale, la politique et les affaires... --Bernard Kapp-- -- L'Entreprise

Présentation de l'éditeur

Tout dirigeant d'une société importante, entre 1940 et 1944, était-il "condamné" à travailler pour l'Allemagne ? Comment s'est déroulée l'aryanisation des entreprises juives et quelles ont été les responsabilités des Français dans la création et l'application des mesures antisémites en économie ? Quel rôle a joué le monde des affaires dans le marché noir ? L'épuration a-t-elle épargné la quasi-totalité des patrons ? A-t-on assisté à l'invention d'un véritable "pétainisme économique" ? R. De Rochebrune et J.-C. Hazera racontent ce qu'ont fait ou n'ont pas fait sous l'Occupation les dirigeants de Berliet ou de Ricard, de la Société générale ou de la Banque Worms, de Total ou de l'Air liquide, des Galeries Lafayette ou d'Hispano-Suiza. Ils dressent ainsi le premier panorama complet du fonctionnement des entreprises, de la finance et de l'économie durant une période qui a représenté une véritable épreuve de vérité pour le patronat français. R. De Rochebrune est rédacteur en chef de La Revue française de gestion et à l'hebdomadaire Jeune Afrique.

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