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Aventures D'Un Negrier 1820-1840 - Couverture souple

CANOT Theodore

 
9782841412204: Aventures D'Un Negrier 1820-1840

Synopsis

Ce livre est utile, passionnant... fort dérangeant. Utile comme seule une terrible page d'histoire peut l'être. Cette histoire véridique est racontée par un authentique aventurier, qui n'invente rien des navigations qu'il fait, des paysages qu'il décrit, des crimes qu'il commet : L'histoire de la vie et des aventures du capitaine Théodore Canot, trafiquant en or, en ivoire et un esclaves sur la côte de Guinée entre 1820 et 1840. Un texte passionnant, rocambolesque, mais non romancé, qui fournit une connaissance précise, de première main. Un témoignage brut, coloré, plein de vie et d'action. Mais un témoignage dérangeant. Dérangeant car il est écrit par un acteur sans scrupule de l'odieuse traite des noirs, persuadé de son bon droit dans l'accomplissement de ce crime abominable. Reflet de la mentalité de son époque, la mémoire du Théodore Canot nu s'encombre ni de remords ni de regrets: il n'imagine même pas que ses actes soient contraires aux droits de l'homme. C'est en cela aussi qu'il nous éclaire sur le chemin parcouru par l'humanité sur la voie du progrès. Et qu'il nous avertit sur la fragilité du ce récent vernis qu'est la civilisation, couvrant les pires instincts de l'homme.

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Extrait

Extrait de l'introduction de Malcom Cowley :

Le 27 juillet 1807, un navire de trois cents tonneaux, armé de dix-huit canons sur le pont et porteur de lettres de marque contre tous vaisseaux français et espagnols, le Kitty's Amelia, commandé par le capitaine Hugh Crow, après avoir recruté son équipage de soixante hommes dans les geôles et dans les maisons de racolage de Liverpool ; après avoir fait signer leurs engagements à deux médecins et à trois officiers dont, seul, le plus âgé était un navigateur ; après avoir rempli le pont à esclaves et la cale de cotonnades de Manchester, de mousquets de Birminhgam, de coutellerie de Sheffield, sans compter les menottes, les fers, les fèveroles, le plomb, le quinquina, la mitraille, la poudre à canon, le rhum et les futailles d'eau, sortit avec la marée, longea la roche noire de Liverpool et cingla vers la côte de Guinée. Ce fut le dernier négrier légalement autorisé qui partit d'un port anglais.
Les grands jours de la traite des nègres, après avoir duré près de quatre siècles, touchaient à leur fin. S'il faut choisir une date, disons qu'ils avaient commencé le jour où l'explorateur Anton Gonzalvez avait amené dix noirs à Lisbonne. Il avait en vue le salut de leurs âmes. Christophe Colomb lui-même, par qui deux continents furent ouverts à l'esclavage, envoya dans son pays cinq cents Indiens en conseillant de les vendre sur les marchés de Séville. Sir Francis Drake et John Paul Jones, ces héros maritimes de deux nations avaient aidé au transport de noires cargaisons. De grands monarques s'étaient associés en tant que capitalistes à ce même négoce, entre autres Henri le Navigateur, Ferdinand le Catholique, l'empereur Charles Quint, Elizabeth et son rival Philippe II, Charles II d'Angleterre, qui fut le premier à faire frapper des guinées en l'honneur de la traite, Philippe V d'Espagne, la reine Anne... A cause du trafic des esclaves, des guerres avaient éclaté entre l'Angleterre et l'Espagne ; il avait passé de telle nation à telle autre suivant les clauses des traités de paix. Abandonné maintenant par les gouvernements, interdit aux négociants de Liverpool, il n'allait pas tarder à tomber aux mains d'hommes tarés, de brigands.
Le Kitty's Amelia, honnête négrier, avait reçu son congé avant que la loi entrât en application. Il avait séjourné trois mois dans le port afin de compléter son équipage. Fort de son droit et de ses dix-huit canons, il se dirigeait maintenant vers le Sud et, par Ouessant, les brouillards de Biscaye, la Corogne et le Cap Finistère, il atteignait la zone toujours agréable du «trafic du Nord-Est».
A plusieurs reprises, son équipage aperçut au loin des voiles. Il leur donna la chasse mais les Français si toutefois c'en étaient tournèrent les talons. Par 27° de latitude nord, on passa au large du pic de Ténériffe qui pointait en l'air, entre deux bancs de nuages.
Ces marins caboteurs, ces débardeurs, dont la plupart n'avaient jamais dépassé le sud de la Manche, veillaient maintenant par de calmes nuits que n'éclairaient plus les étoiles familières du Lancashire, tombées derrière l'horizon. Parvenu au quinzième parallèle, leur navire pénétra dans la zone des tempêtes et des calmes plats où la mer, d'un gris terne, était martelée comme une enclume par les pluies verticales.
Quelques jours après, poussés par des brises intermittentes, ils doublaient le cap des Palmes et se dirigeaient vers l'est, le long de la Côte d'Ivoire qu'on eût dit faite de trois lignes interminables : ligne blanche des brisants, ligne jaune des plages, ligne verte de la brousse. Tandis qu'ils passaient lentement devant les forts de la Côte d'Or, de timides pirogues venaient à leur rencontre, puis, reconnaissant en eux des négriers, pagayaient avec une énergie dés­espérée pour regagner la plage. La Côte des Esclaves n'était que lagunes et palétuviers enchevêtrés.

Présentation de l'éditeur

Ce livre est utile, passionnant... fort dérangeant.
Utile comme seule une terrible page d'histoire peut l'être. Cette histoire véridique est racontée par un authentique aventurier, qui n'invente rien des navigations qu'il fait, des paysages qu'il décrit, des crimes qu'il commet :
L'histoire de la vie et des aventures du capitaine Théodore Canot, trafiquant en or, en ivoire et en esclaves sur la côte de Guinée entre 1820 et 1840.
Un texte passionnant, rocambolesque, mais non romancé, qui fournit une connaissance précise, de première main.
Un témoignage brut, coloré, plein de vie et d'action. Mais un témoignage dérangeant.
Dérangeant car il est écrit par un acteur sans scrupule de l'odieuse traite des noirs, persuadé de son bon droit dans l'accomplissement de ce crime abominable.
Reflet de la mentalité de son époque, la mémoire de Théodore Canot ne s'encombre ni de remords ni de regrets : il n'imagine même pas que ses actes soient contraires aux droits de l'homme.
C'est en cela aussi qu'il nous éclaire sur le chemin parcouru par l'humanité sur la voie du progrès. Et qu'il nous avertit sur la fragilité de ce récent vernis qu'est la civilisation, couvrant les pires instincts de l'homme.

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