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La maison sur la digue - Couverture souple

Zha, Edith

 
9782841567935: La maison sur la digue

Synopsis

Comment grandir et affronter ses peurs ? Ce texte, construit sur le mode narratif d'un journal nous fait partager une philosophie de la vie et de la mémoire. Un e mouette, un goéland et une crevette égarés viennent trouver refuge dans la maison sur la digue où vivent des ustensiles de cuisine. Ces derniers vont donner courage et joie à ces trois êtres effrayés par le monde et sa violence, leur apprendre à vaincre leurs peurs pour se lancer dans l'incroyable aventure de la vie.

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Présentation de l'éditeur

La maison sur la digue se laisse bercer par le roulement des vagues en attendant ses habitants saisonniers. Les ustensiles de cuisine, abîmés par la vie, s'y reposent et profitent du calme et de la tranquillité de cet havre de paix. Jusqu'au jour où, bouleversant leurs habitudes, une mouette, un goéland et une crevette égarés viennent trouver refuge dans cette propriété du bord de mer. Les deux premiers ne savent pas voler et la troisième ignore comment respirer dans l'eau. Ces trois êtres, à peine sortis de l'enfance, effrayés par le monde et sa violence, vont retrouver courage et joie grâce aux précieux conseils des accessoires de cuisine. Ces derniers vont leur apprendre à vaincre leurs peurs pour se lancer dans l'incroyable aventure de la vie. L'existence est difficile mais elle est aussi pleine de bonheurs dont il faut savoir se souvenir à bon escient pour reprendre son envol et continuer à avancer.

Dans la grande tradition des illustrateurs surréalistes tels qu'Adrienne Ségur, Nicole Claveloux nous guide sur le sentier de la prose philosophique d'Edith Zha. Le texte, construit sur le mode narratif d'un journal, insiste sur le nécessaire passage du temps et l'apprentissage de la patience. Par l'intermédiaire de cette atmosphère mi-fantastique mi-réaliste, le duo Zha-Claveloux propose une philosophie de la vie et de la mémoire tout en finesse et en justesse. L'existence a sa dose de douleurs mais elle est aussi riche en bonheurs qu'il faut savoir apprécier à leur juste valeur et garder au fond de soi pour affronter, plus fort, les difficultés qui s'imposent à nous.

L'auteur, Edith Zha est née en 1945 et vit actuellement dans la région parisienne. Philosophe de formation, elle est aujourd'hui lectrice correctrice dans une maison d'édition, elle a écrit des scénarios pour BD adultes (la Main verte et Morte-Saison : Métal Hurlant / Humanoïdes associés) et pour enfants (Okapi /Bayard Presse), illustrés par Nicole Claveloux. Elle a aussi écrit des Contes pour enfants (Okapi), illustrés par N. Claveloux, H. Galeron, P. Doury.

L'illustratrice, Nicole Claveloux, une des grandes dames de l'illustration française, est née le 23 juin 1940 à Saint-Etienne. Après des études aux Beaux-Arts, elle s'installe à Paris où elle s'adonne d'abord à la bande dessinée et à la presse. Dès 1966, elle collabore avec les éditeurs Harlin Quist et François Ruy-Vidal et décide de se consacrer entièrement à la presse pour la jeunesse, aux livres illustrés et à la peinture, oeuvres pour lesquelles elle obtient, en 1976, la Pomme d'Or de la Biennale internationale de l'illustration à Bratislava. À ce jour, elle a publié une centaine d'ouvrages chez de nombreux éditeurs : Grasset Jeunesse avec François Ruy-Vidal ; Les Éditions des Femmes avec Adela Turin ; Les Humanoïdes associés, Gallimard Jeunesse ; Le Sourire qui mord à partir de 1980 avec Christian Bruel, complicité qui se poursuit encore aujourd'hui chez Etre éditions ; Bayard ; Hachette Jeunesse, etc. La maison sur la digue est son premier album aux Éditions du Rouergue.

Extrait

À Saint-Malo, sur la digue, quand les gens passent devant la maison aux volets fermés, ils pourraient croire qu'elle est abandonnée. Moi, je les vois très bien de là où je suis, juste devant la fenêtre de la cuisine.
Je suis un bol bleu tout délavé. J'ai d'abord vécu dans un placard, chez un jeune couple qui m'avait acheté dans l'atelier d'un potier. Il y faisait tout noir et je m'ennuyais beaucoup. Je ne servais à rien, j'avais vraiment l'impression qu'on m'avait oublié. Je me disais que c'était comme ça la vie d'un bol bleu.
Un jour j'ai senti des mains d'enfant qui essayaient de m'attraper mais j'ai perdu l'équilibre et j'ai heurté une casserole, enfermée là depuis longtemps elle aussi. Je me suis pas mal ébréché et même fendillé à plusieurs endroits. Peu après, une cousine de la famille a décidé de m'envoyer dans cette maison du bord de mer avec des assiettes, des verres et des couverts un peu trop vieux ou abîmés. Nous avons tous fait connaissance pendant le voyage. En parlant avec eux, j'ai pris conscience que j'appartenais au peuple des ustensiles dépareillés, un grand peuple. À force d'être manipulés, lavés, rincés, essuyés, entassés, nous sommes devenus poreux et très sensibles. Des milliers de souvenirs dorment en nous. Les traces de doigts imprimées les unes sur les autres évoquent ceux dont nous avons partagé la vie pendant des années.

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