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Souverains et rois de France - Couverture souple

Cornette, Joël; Gauvard, Claude; Fureix, Emmanuel

 
9782842779313: Souverains et rois de France

Synopsis

Rois en majesté, majesté des rois : ce livre donne à voir des images du pouvoir et, en même temps, il permet de mesurer le pouvoir de l'image. " Gouverner, c'est faire croire ", écrivait Machiavel. Gouverner, c'est aussi " faire voir " : pièces de monnaie à l'effigie du prince, enluminures magnifiques, peintures, gravures, sculptures, architecture... De Clovis à Napoléon III, les souverains (et parfois les souveraines !) ont su utiliser tous les supports disponibles pour rendre manifeste et palpable leur puissance. Entre séduction et intimidation. En même temps, tout au long de cette extraordinaire galerie de portraits de rois, d'empereurs, de reines, de ministres, de courtisans, on pourra apprécier la puissance de la représentation. Capable de magnifier un pouvoir, elle peut aussi le mettre à mal, à nu, par la caricature, quand l'opinion publique, en s'emparant de l'image, devient à son tour une force désacralisatrice. C'est plus de mille ans d'événements et d'effervescences multiples que raconte ce livre, qui ne fait pas de l'image une simple illustration, mais l'un des moteurs même de l'histoire de la " nation France ".

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Extrait

Clovis et ses successeurs

Les rois des Francs

De Clovis, dont le règne commence en 481, quelques années après la chute de l'Empire romain, on ne sait presque rien de sûr. La légende en fait un descendant de Francion, parent du roi troyen Priam, ou un chef sicambre, peuple mythique venu de Pannonie jusque sur les bords de la Meuse. Son père, Childéric, dont on a retrouvé la tombe à Tournai en 1653, mais qui a été pillée depuis, est en fait un petit roi barbare romanisé dont la puissance est encore faible. Porté sur le pavois et acclamé par une partie des Francs saliens, Clovis, Clodevicus ou «Combat de gloire» détient la puissance magique d'un chef guerrier encore païen. Son nom est pourtant fondateur d'une longue postérité royale car, par la suite, Clovis veut dire Louis. Sa force tient en son ambition politique qui le conduit à affronter le chef romain Syagrius en une bataille victorieuse, au terme de laquelle se situe le fameux épisode du vase dont un guerrier lui conteste la propriété. Le roi est capable de se venger de l'affront un an plus tard, car sa force n'a cessé de grandir. Il étend son royaume jusqu'à la Loire et se heurte aux Alamans à l'Est, dont il est victorieux à Tolbiac, ainsi qu'au puissant roi wisigoth, Alaric II, qui s'est converti à l'arianisme, une hérésie que dénoncent les évêques car elle ne reconnaît pas l'égalité des trois personnes de la Trinité. Il le bat à Vouillé en 507. La force de Clovis tient aussi à son habileté qui le conduit à prendre comme seconde épouse Clotilde, catholique, nièce du roi arien des Burgondes, Gondebaud, sans doute au terme d'une alliance entre les deux hommes. Clotilde le pousse alors à se convertir au catholicisme, ce qui donne au roi l'appui des évêques et en fait l'héritier de la culture romaine. Mais Clovis n'a pas pour autant le sens d'un royaume indivisible. Il rassemble les Francs saliens et ripuaires, mais à sa mort, il partage son royaume entre ses fils qui prennent le titre de rois des Francs, une titulature qui subsiste jusqu'au XIIIe siècle. Il se donne aussi une capitale, Paris, où il choisit de se faire enterrer avec Clotilde, auprès de sainte Geneviève. Au hasard des suc­cessions et des ambitions, les principales parties de la Gaule, Neustrie et Austrasie, peuvent être réunies, comme c'est le cas sous le règne de Dagobert. Ce roi multiplie les pillages et les concubines, et ses contemporains le comparent à un lion «ardent» et «redoutable». Mais il est aussi très tôt entré dans la légende, sans doute à cause des liens qu'il entretient avec l'abbaye de Saint-Denis où il choisit de se faire enterrer et où les moines écrivent son histoire. A sa mort, en 639, le royaume commence une grave crise qui donne le pouvoir aux maires du palais, les Pippinides, d'où émerge Charles Martel, un bâtard, mais un chef de guerre victorieux des Frisons au Nord et de l'avancée des Arabes au Sud. Les rois mérovingiens, dépouillés pour avoir donné leurs biens à leurs fidèles, n'ont plus aucun pouvoir. En 751, le dernier d'entre eux, Childéric III, est renvoyé à l'abbaye de Saint-Bertin et le fils de Charles Martel, Pépin le Bref, devient roi. Pour justifier cette usurpation, dès le IXe siècle, naît la légende de rois fainéants, juste bons à se laisser traîner sur un char. De plus, le nouveau souverain connaît par deux fois la cérémonie du sacre. De magique, la monarchie devient sacrée.

Présentation de l'éditeur

Rois en majesté, majesté des rois : ce livre donne à voir des images du pouvoir et, en même temps, il permet de mesurer le pouvoir de l'image. «Gouverner, c'est faire croire», écrivait Machiavel. Gouverner, c'est aussi «faire voir» : pièces de monnaie à l'effigie du prince, enluminures magnifiques, peintures, gravures, sculptures, architecture... De Clovis à Napoléon III, les souverains (et parfois les souveraines !) ont su utiliser tous les supports disponibles pour rendre manifeste et palpable leur puissance. Entre séduction et intimidation.
En même temps, tout au long de cette extraordinaire galerie de portraits de rois, d'empereurs, de reines, de ministres, de courtisans, on pourra apprécier la puissance de la représentation. Capable de magnifier un pouvoir, elle peut aussi le mettre à mal, à nu, par la caricature, quand l'opinion publique, en s'emparant de l'image, devient à son tour une force désacralisatrice. C'est plus de mille ans d'événements et d'effervescences multiples que raconte ce livre, qui ne fait pas de l'image une simple illustration, mais l'un des moteurs même de l'histoire de la «nation France».

Les auteurs

Joël Cornette

Joël Cornette est professeur d'histoire moderne à l'université de Paris VIII et ancien élève de l'Ecole normale supérieure de Saint-Cloud. Il est l'auteur de plus d'une dizaine d'ouvrages historiques dont notamment Le Roi de guerre. Essai sur la souveraineté dans la France du Grand Siècle, Chronique du règne de Louis XIV, La Mélancolie du pouvoir. Orner Talon et le procès de la raison d'Etat.

Emmanuel Fureix

Maître de conférence à Paris XII, il s'est ici attaché à la présentation des souverains du XIXe siècle de Louis XVIII à Napoléon III.

Claude Gauvard

Claude Gauvard est membre de l'Institut universitaire de France et professeur d'Histoire du Moyen Age à l'Université de Paris I. Auteur de plusieurs ouvrages, elle a notamment dirigé la publication du monumental Dictionnaire du Moyen Age (PUF, 2002).

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