Grâce à l'amitié du vieux sage Kalinox, le jeune prince Pakkal retrouve les codex de Xibalba, véritable mode d'emploi du Monde inférieur. Mais rattrapé par le dieu de la mort et enfermé dans le Refuge des sacrifiés où rôdent les âmes des défunts, Pakkal est contraint de révéler à son ennemi l'endroit où sont cachés les codex. Dès lors, Pakkal doit se dépêcher de rassembler l'Armée des dons pour empêcher la destruction de la Quatrième création. Mais auparavant, il lui faut affronter le malhonnête Sekelzin au jeu de balle : le tournoi est décisif pour la survie de la cité de Palenque...
Pakkal, personnage inspiré du grand prince maya qui vécut au vif siècle de notre ère, entraîne le lecteur dans une suite d'aventures fantastiques au coeur d'une civilisation fascinante.
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Les ténèbres : Pakkal y était plongé depuis assez longtemps pour ne plus savoir si, à l'extérieur du Refuge des sacrifiés, il faisait jour ou nuit. Il dormait lorsqu'il sentait la fatigue s'infiltrer en lui. Le sol était froid et humide. Il se réveillait souvent, secoué de spasmes. Il aurait tout donné pour pouvoir se faire un feu ou se couvrir d'une couverture.
Deux fois par jour, un chauveyas, soldat de l'armée de Xibalbà dont Cama Zotz était le chef suprême, venait lui apporter du maïs et de l'eau. C'était tout ce à quoi il avait droit. Le jeune garçon avait faim, les gargouillis de son estomac lui donnant de douloureuses crampes. Malgré tout, il s'efforçait de se concentrer sur ce qui l'entourait.
Parce qu'il avait gagné la confiance des sak nik nahal qui vivaient dans ces lieux lugubres, Pakkal pouvait discuter avec certains d'entre eux. D'autres maintenaient toujours que, parce qu'il était prince, il était directement responsable de leur malheur : celui d'être emprisonnés dans cet endroit pour, leur semblait-il, l'éternité. Le seul plaisir qu'il leur restait était de torturer les gens de passage qui allaient, de toute façon, faire partie de leur groupe dans peu de temps.
Nasaw Chan, architecte de Tikal sous le règne du roi K'an Chitam de Palenque, plusieurs années auparavant, semblait être le chef des lieux. Pakkal s'entendait bien avec lui et ils avaient de nombreuses conversations, notamment sur les moyens de se sortir de ce pétrin.
Mais il y avait un autre groupe de sak nik nahal qui refusaient de se plier aux ordres de Nasaw Chan. Ces irréductibles, malgré les avertissements du chef, continuaient à faire ce que bon leur semblait. Ainsi, parfois, Pakkal se réveillait, les membres et la voix paralysés, submergé par une angoisse terrible, comme s'il faisait face à une menace mortelle. C'était un sak nik nahal qui s'était infiltré en lui pour lui faire subir l'épreuve de la peur extrême. Nasaw Chan ou un de ses alliés intervenait alors pour faire cesser la torture.
Depuis que le maître de Pakkal, Xantac, avait été sacrifié par Zine'Kwan, il veillait toujours à ce que le prince puisse dormir tranquille. Ce dernier avait vécu, en l'espace de quelques minutes, deux sentiments diamétralement opposés. Lorsqu'il avait été chassé du temple sacrificiel et que Cama Zotz l'avait forcé à entrer dans le Refuge des sacrifiés, il avait été mortifié à l'idée de ce que Zine'Kwan allait faire subir à son maître. Puis, dans les ténèbres, il avait entendu une voix : celle de son maître. Depuis lors, il ne s'était plus senti seul.
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