Un sentiment qui tient le mur: Notes et propos sur la peinture - Couverture souple

Bonnard, Pierre

 
9782850351303: Un sentiment qui tient le mur: Notes et propos sur la peinture

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Synopsis

Pierre Bonnard était un « poète fervent de la vie brève, un célébrant du passage », comme le dit Alain Lévêque, dans son introduction à cette édition des écrits du peintre, réunissant ses notes et les entretiens qu’il donna à la presse. Pages d’agendas allant à l’essentiel en quelques mots, notes de carnets sous forme d’aphorismes dépouillés de grandiloquence, hommages à ses compagnons peintres, comme Maurice Denis, son ami du mouvement nabi, nommé selon le terme arabe qui signifie « ravi dans une extase », mais aussi Odilon Redon, Paul Signac ou Auguste Renoir : sa parole fut autant laconique que prolixe, ouvrant de multiples brèches pour consentir à « la vision brute », pour retrouver « une vision animale ». « Vous avez une petite note de charme, ne la négligez pas. Vous rencontrerez peut-être des peintres plus forts que vous, mais ce don est précieux. » Telles furent les paroles d’Auguste Renoir à Pierre Bonnard, alors jeune peintre inconnu, qui disent bien ce qui, dans la vision, dans les couleurs comme dans les formes, ne s’explique pas : cette « petite note de charme », précieuse, que le peintre n’a cessé de cultiver. Cela s’éclaire un peu, néanmoins, dans la définition que donne Bonnard du « peintre de sentiment », qu’il rêva d’être : « Cet artiste, on l’imagine passant beaucoup de temps à ne rien faire qu’à regarder autour de lui et en lui. C’est un oiseau rare. »

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À propos de l?auteur

La personnalité de Pierre Bonnard, né en 1867 à Fontenay-aux-Roses et mort au Cannet en 1947, s’est façonnée entre la fin de l’impressionnisme et le mouvement nabi dont il est l’un des principaux artisans, pour ensuite s’affranchir de tout courant artistique et de toute convention. Prédomine alors son regard sensible sur le monde, à travers lequel une nature enchantée, vibrante et lumineuse s’oppose à la réalité. Sous une apparence de tranquille simplicité, l’œuvre de Bonnard se révèle complexe, pleine de nuances et comme détachée du temps.

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« J’ai beaucoup tardé à vous répondre, car je ne savais quoi vous dire sur l’actuelle peinture française. Je vis loin de Paris et connais peu de jeunes peintres. Je vois cependant que les différentes façons d’aborder la peinture se sont éclaircies dans l’esprit des artistes. La peinture décorative a ses moyens, ses matériaux propres. C’est le grand courant actuel qui rejoint l’artisanat. Beaucoup de jeunes s’occupent de tapisseries, de vitraux, d’affiches, de décors de théâtre ou d’appartement. La peinture de sentiment, autre courant, est moins définie dans ses moyens et n’ose plus beaucoup se rattacher à la tradition clair obscuriste et analytique. Le peintre de sentiment produit un monde clos, le tableau, qui est un peu comme un livre et transporte son intérêt partout où il est placé. Cet artiste, on l’imagine passant beaucoup de temps à ne rien faire qu’à regarder autour de lui et en lui. C’est un oiseau rare. L’amateur a aussi un rôle très important pour l’avenir de la peinture. Il doit faire des commandes s’il veut mériter son titre d’amateur. En somme que chacun reconnaisse à quoi il est bon et tout ira bien. » (La peinture française d’aujourd’hui, 1943)

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