La vengeance de la Vouivre - Couverture souple

Clade, Jean-Louis

 
9782882956378: La vengeance de la Vouivre

Synopsis

La Vouivre, dragon ailé avec une longue queue, sillonne le ciel les nuits de pleine lune ou les nuits d'orage. Sur son front brille un énorme rubis, l'escarboucle, appelé aussi "l'oeil de la Vouivre". D'après une légende, ce dragon se transforme, certaines nuits, en une jeune femme très belle, à la longue chevelure rousse, pour se baigner dans les eaux glacées de la rivière La Loue. Elle dépose alors sur la berge son escarboucle. Malheur au promeneur qui tente de s'emparer du bijou. La naïade redevient dragon et massacre le voleur... Or, une nuit de l'an 1347, un chevalier s'approche de la jolie baigneuse. Ce n'est pas l'escarboucle qui l'attire, mais la femme. Et pour la première fois, celle-ci se trouble et ressent un étrange sentiment. Alors qu'il s'apprête à la toucher, une flèche fend l'air et lui perce le coeur. Bouleversée, la femme se penche sur la victime... Quand elle relève la tête, elle s'aperçoit que son escarboucle a disparu. Le roman nous entraîne dans une aventure fantastique et passionnante, qui mêle fiction et histoire, celle de la quête, par la Vouivre, de son "oeil" de feu. Trois siècles plus tard, la guerre de Dix Ans fait des ravages. Profitant des troubles de l'époque, la Vouivre réussira-t-elle à récupérer son bien ? Ce livre reprend une légende comtoise très connue qui a inspiré de nombreux auteurs. Historien, Jean-Louis Clade n'avait jamais osé aborder le genre romanesque. Un concours de circonstance l'a conduit à rédiger cette fiction qui mêle le fantastique à l'histoire. Le roman s'adresse à un très large public. Il n'a qu'un but, celui de divertir.

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Extrait

L'an 1347, sur les bords de la Loue

Guyot de Mirebel s'était approché de la rive, parmi les rochers. De chaque côté se dressaient les hautes falaises calcaires couronnées de sapins sombres dont les ramures se noyaient dans le ciel noir parmi les étoiles. Il ne pouvait détacher son regard de ce corps nu qui ruisselait de mille perles aux rayons de la lune, dans le lit du torrent. Il était fasciné par tant de beauté mystérieuse. Il savait que c'était la Vouivre, il avait vu passer le monstre. Et puis, qui aurait osé se baigner nu au milieu de la nuit ? Pourtant il n'avait pas peur.
Depuis que son cheval, victime de la traîtrise d'une roche, s'était abattu sous lui aux sources de la Loue alors qu'il chargeait à l'épieu un solitaire, il cherchait à regagner Ornans par la vallée, afin de rejoindre, au château de Chassagne-Saint-Denis, la compagnie de son cousin Humbert, son hôte de quelques jours. Dans une course folle, en cette fin de journée, il avait semé le reste de la chasse, suivant la dizaine de chiens qui avaient emprunté ce sentier escarpé.
Il ne connaissait pas la région, mais il avait supposé qu'en longeant le cours de la rivière, il parviendrait plus aisément au bourg; là, il trouverait bien un cheval pour rejoindre le château ou encore il passerait le reste de la nuit chez un notable du lieu ou dans une auberge. Il n'avait pas imaginé que l'itinéraire choisi fût si long, si accidenté.
La nuit était venue. Il avançait difficilement entre les blocs erratiques quand, brusquement au-dessus de sa tête, surgi de nulle part, un trait de feu traversa l'espace. Dans cette nuée ardente, il reconnut la Vouivre. Son oeil unique lançait des éclairs. Son long corps de serpent ondulait nerveusement et ses ailes de chauve-souris géantes fouettaient l'air à petits coups rapides, dans un froissement de soieries. Elle avait disparu dans un méandre de la rivière.
Guyot se signa. Quand il était enfant, les soirs de veillées, devant la vaste cheminée du château de Mirebel, sa tante lui avait raconté bien des fois l'étrangeté de ce dragon ailé qui sillonnait le ciel de la Comté avec pour seul oeil une escarboucle brillant de mille feux, un rubis fabuleux. Celui qui aurait l'audace de s'en emparer, téméraire ou inconscient, acquerrait richesse et puissance... et, peut-être, l'immortalité.
Sa tante lui avait expliqué que la Vouivre n'était pas un animal vagabond, mais qu'elle avait ses habitudes. Son repaire pouvait être un trou à même le sol ou une caverne au flanc d'une falaise, ou encore le souterrain d'un château abandonné. Elle volait d'un donjon ruiné à un autre, (...)

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