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La Fille mosaïque - Couverture rigide

Detambel, Régine

 
9782895403630: La Fille mosaïque

Synopsis

La fille mosaïque

Texte de Régine Detambel
Directrice de collection Christine Féret-Fleury

ConneXion



LE LIVRE

Tout commence par l'enterrement de Jean, victime de la guerre des gangs de son lycée. Laetitia se remémore les épisodes de leur amour, mais aussi leurs conversations interminables et leurs désaccords à propos des moyens à employer pour refaire le monde et restaurer la paix entre les élèves.
Leur idylle s'est nouée et se dénouera tragiquement dans un lycée embrasé par la violence. Entre la bande de Valérien et les Loups, le conflit ; entre Laetitia et Jean, l'amour. Mais Jean est un rêveur et un idéaliste qui croit pouvoir changer les mentalités avec les mots des chansons qu'il écrit. Laetitia et Marie Môme, la documentaliste du lycée, l'aident de leur mieux. Mais les événements se précipitent. Des armes apparaissent au lycée. Un jour, Jean se dresse seul devant la bande de Valérien.

L'AUTEUR

Écrivain dont l'ouvre est hantée par l'enfance, Régine Detambel se devait d'investir la littérature jeunesse. Depuis La Lune dans le rectangle du patio où, à travers la disparition d'une petite voisine, elle évoquait une enfance entre coups de pieds aux fesses et brimades cinglantes, elle prête souvent sa plume à de jeunes narrateurs. C'est le cas dans Solos et Le Valet de carreau (Gallimard Jeunesse) mais aussi dans Écoute-moi (Bayard) ou Le Rêve de Tanger .
Dernières publications : Pandémonium et Petit Eloge de la peau (Gallimard).



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Product Description

La fille mosaïque

Extrait

L'endroit paraissait désert, entre des murs de briques pareils à des murs d'usine. Mais il y avait là Marie Môme, la bibliothécaire du lycée, et aussi Laetitia, habillée comme tous les jours, avec un blouson de cuir et un jean mélancolique et crasseux. Elles avaient décidé de ne plus suivre la procession. Alors elles étaient retournées au lycée et regardaient par la fenêtre le cercueil qui se balançait sur les épaules des garçons.
- Ils marchent la tête levée, remarqua Laetitia.
- Ils ne font qu'affecter la désinvolture, répondit Marie Môme en penchant la tête. Tu ne veux vraiment pas aller avec eux ? Puisqu'il était ton ami, ton meilleur ami, pourquoi ne l'accompagnes-tu pas ?
- Ça ne vous regarde pas ! s'exclama Laetitia en serrant contre elle les deux pans de son blouson noir.
Elle sortit de la salle de cours, les mains toujours crispées sur le cuir noir. Le couloir qui menait à la salle de dessin sentait le vernis et la benzine. Impatiente, elle ouvrit la porte d'un coup de pied. Tous les élèves et la plupart des professeurs étaient à l'enterrement. Sur une étagère de métal gris, elle trouva le carton à dessins qu'elle cherchait. Les feuilles qu'il contenait étaient toutes sèches, comme si l'automne, cette année-là, pouvait avoir aussi une action desséchante sur le papier blanc et recroqueviller même les feuilles de Canson à grain.
Le carton contenait les dessins de Jean. Comme les mains de Laetitia tremblaient, elle fit tomber tout le paquet de dessins et les feuilles s'étalèrent sur le carrelage jaune de la salle.
Derrière les vitres, on entendait la rumeur de la procession et des manifestations silencieuses qui l'accompagnaient. Il y avait là des centaines de lycéens, et puis des étudiants, des professeurs et des parents d'élèves qui marchaient derrière le cercueil de Jean.
Laetitia flaira le dos de sa main. Elle le lécha. Elle essayait de se rappeler quelle partie de son corps Jean avait touchée en dernier. Elle tentait aussi de se souvenir du dernier mot qu'il avait prononcé pour elle.
Ils s'étaient vus quelques heures avant sa mort, ils s'étaient embrassés, à leur manière dansante et sauvage, en pleine rue, tout en marchant. Ils aimaient qu'on se retourne sur eux. Ils aimaient être enviés par ceux qui marchaient, allant à leur travail, et qui n'embrassaient plus personne depuis longtemps, ou qui ne savaient plus ce que fougueusement veut dire.
- Qu'on leur colle une amende pour leur apprendre à se bécoter devant tout le monde, avait protesté une petite vieille.
Ils étaient heureux, Jean et elle, quand on les remarquait.
Maintenant, elle considérait les dessins de Jean éparpillés sur le sol jaune de la salle de cours et elle plissait les yeux. Quelqu'un passa dans la cour, en bas, martelant le sol avec ses talons et une voix appela :
- Claudette !

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