Un homme, dans la lumière de sa retraite, observe une statuette précolombienne, une apsara des Indes, un marbre des Cyclades. Il les observe et, pour tenter d’en saisir le message, il les décrit. Funéraires ou non, il médite sur leur faculté d’échapper au temps Caresse des yeux et de l’esprit qui prolonge sa méditation : l’apparente immortalité des sculptures donne un nouveau sens à la mort. Et par conséquent à la vie.
« Si vis vitam para mortem »
(Sigmund Freud)
Voici quelques mois, peut-être un an, j’avais noté ceci : je ne puis espérer de mots que s’ils naissent de la part de moi-même qui ne craint pas la mort. Or on n’écrit une telle phrase ni pour l’avoir voulue, ni pour l’avoir cherchée. Elle surgit toute faite, hors de tout contexte, et s’impose ainsi seule, incongrue, sans que l’on puisse y changer quoi que ce soit et sans liens avec les écrits qui l’ont précédée, marquant au contraire qu’ils sont clos, sur leur point final, née, si je puis dire, ex nihilo, venant de nulle part, entourée de vide.
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