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Manolo - Couverture souple

Crastre, Victor

 
9782915528091: Manolo

Synopsis

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Présentation de l'éditeur

Pendant de longues années, une profonde unit le sculpteur Manuel Hugué dit «Manolo» (1872-1945) et l'écrivain Victor Crastre. Ils s'étaient rencontrés à Céret en 1923, où Manolo résidait depuis 1910 ainsi que le compositeur Déodat de Séverac et le peintre et mécène Frank Burty-Haviland qui attireront dans cette petite ville une longue lignée d'artistes.

Dans cet ouvrage (entièrement remanié après la mort de Manolo en 1945), Crastre fait plus que raconter la vie - fort agitée - du sculpteur. Il en brosse un portrait sensible, intime, émouvant, qui révèle des aspects inconnus de la personnalité d'un homme passant volontiers pour un rieur impénitent et s'avérant en réalité un pessimiste incurable.

Esthète érudit, théoricien de l'art sachant rester à la portée de tous, Victor Crastre analyse aussi en profondeur le style de Manolo ; en particulier dans ce qui le distingue de Maillol, sinon l'y oppose.

Observateur attentif de ses contemporains, infatigable collecteur d'anecdotes, l'ex-journaliste Victor Crastre excelle également à restituer l'ambiance d'une époque, celle de «l'épopée de l'art moderne» et de ses «effets collatéraux» sur les habitants perplexes d'une bourgade rurale à l'aube du XXe siècle.

Victor Crastre (Perpignan 1903 - Céret 1983), spécialiste du mouvement Surréaliste (dont il a côtoyé les principaux acteurs à Paris de 1920 à 1924) est l'auteur de nombreux ouvrages sur l'art et sur la littérature.

Extrait

MANOLO

La fin de la guerre a sonné l'heure de la grande relève dans le domaine de la sculpture. Maillol est mort en 1944. Manolo le 17 novembre 1945 et Despiau moins d'un an après. Or, si la disparition de Maillol et celle de Despiau ont été déplorées comme il convenait, il semble que Manolo, en partant, n'ait pas reçu le viatique de louanges que méritaient son grand talent et ses extraordinaires qualités d'esprit. Sans doute le sculpteur espagnol s'inquiétait-il fort peu des éloges ou des critiques que ses oeuvres comme ses actes pouvaient susciter et le lecteur qui me suivra découvrira que ce n'était pas là, chez notre artiste, attitude d'orgueilleux : Manolo possédait, entre autres vertus, la vertu de modestie, si digne d'être appréciée chez un homme qui n'était, en aucune manière, un simple.
Demandons-nous, cependant, pour quelles raisons - ou par quels hasards - un créateur ainsi comblé de dons, n'occupe pas encore le rang qui doit être le sien. Tous les historiens d'art, tous les mémorialistes, citent Manolo et si l'Espagnol fournit à beaucoup l'occasion d'un trait, d'un mot pittoresque, bien peu, parlant de lui, dépassent l'anecdote : sans doute pensent-ils qu'il faudrait un volume pour camper le vrai personnage de Manolo.

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