Quelques Miettes à géométrie variable est la description d’un gigantesque dispositif mécanique. Un dispositif sûr et précis inscrit dans un paysage désert, et qui ne semble nécessiter l’intervention de quiconque : aucun personnage, aucun être vivant identifiable n’y apparaît. On pourrait coller à la va-vite l’étiquette « abstraite » sur cette bande dessinée. Pointer de la sorte ce dont elle s’abstrait effectivement (intrigue, personnages, dialogues, sens, message…) serait cependant passer à côté du concret que, par ce biais, l’œuvre intensifie : dessin, composition, rythme, découpage, narration… ce qui fait l’essentiel de la BD en somme. Resserrée, minimale, Quelques Miettes à géométrie variable est d’autant plus résolument une BD d’action, de pure action. Une BD où se noue une série de tensions complexes entre organicité et géométrie, entre mouvement et fixité, paysage et architecture, formation et effondrement, verticalité et horizontalité, noir et blanc, points, lignes, plans, regard, lecture, sensations, intelligence, émotions. Une BD. Une pure BD. En guise de postface, Quelques Miettes à géométrie variable est suivi de Cadence, un bref récit (sur papier) glacé dessiné par Nicolas Nadé au moyen d’un logiciel 3D.
Les informations fournies dans la section « Synopsis » peuvent faire référence à une autre édition de ce titre.
Nicolas Nadé, né en 1982, vit et travaille à Metz. Passionné par les plantes à caudex, Nadé collecte également les modes d’emploi et les notices techniques. Ces modèles techno et végétaux alimentent des illustrations et des bandes dessinées motivées par la description de processus abstraits, désincarnés, décrits avec distance et précision au moyen de tracés régulés et des trames autocollantes caractéristiques des manga. Le sens du découpage, l’inventivité graphique de Nadé et la puissance d’évocation de ses images font pourtant de ces paysages artificiels ― durs, raides et codifiés de prime abord ―, d’incomparables terrains d’aventure pour l’œil et pour l’intelligence. Ses objets, ses mécanismes, ses agencements mouvants et muets sont autant d’occasions d’émerveillement, de contemplation, d’exaltation, de circulation, d’égarement, d’évasion, de pensée… On le voit, la bande dessinée de Nicolas Nadé est résolument formaliste. Elle donne des formes à habiter. Mieux, elle donne le désir d’habiter ces formes. Et plus intimement peut-être, le désir de devenir l’une d’entre elles. Avec Vanessa Dziuba, Julien Kedryna et Jean-Philippe Bretin, Nicolas Nadé fonde en 2009 la plateforme éditoriale Modèle Puissance, avec laquelle il participe à plusieurs expositions et publications ainsi qu’à la création de motifs textile pour l'atelier Andrea Crews. En 2013, il est invité par Jochen Gerner à participer au n° 3 de la revue Mon Lapin (L’Association) ― cette invitation est le déclencheur de son travail de bande dessinée. En 2014, il autoédite quatre volumes intitulés Quadrilogie bitmap. L’année suivante, les éditions FP&CF publient Durville (réalisé en collaboration avec Alexandre Essayie et L’Institut sérigraphique) puis Nobu (avec Alexandre Essayie, 2016).
Les informations fournies dans la section « A propos du livre » peuvent faire référence à une autre édition de ce titre.