Chère louve,
nous formons une croix avec nos corps
nous désignons un milieu
amour un pointillé
l'histoire, un oeil : une ronde, mon oculaire
des années vertes
à se pousser
l'un l'autre - dans le cercle le plus fin
Chère louve,
le ciel est foutu d'écarts
foulons
Comme le dit Stéphane Korvin, Percolamour est «la chronique d'un goutte-à-goutte amoureux : aller, retour et retour». Une rencontre, un possible : la découverte de la peau, un parcours doux, lent vers la compréhension intuitive des corps. Le sien, celui de l'autre. Malgré cet accès immédiat au corps - comme un choc initial -, une fois cet instant rompu, il ne reste plus qu'à cheminer en proximité («Nous promenons nos poids de terre, nos poids quiets nos/dialogues [...] le temps de prononcer les noeuds qui nous séparent»). Comme si l'accès à l'autre devenait impossible, comme si l'autre n'existait plus ou n'avait jamais existé («Je ne t'ai jamais connue»).
Reste alors le discours amoureux, vécu ici comme un paysage qui devient souvent voyage : la phrase est traitée comme instantané photographique : le visage en mouvement est flou, quelques couleurs sont arrêtées, presque figées, une lumière projette son spectre contre des murs qui enferment lorsqu'une voix de femme dit : «je ne suis pas là, ne te retourne pas».
Ces mots d'amour laissent entendre une expérience effarée de l'autre, dans ces séries incessantes de va-et-vient, ces décalages dans l'espace et le temps, jusqu'à l'épuisement de tout langage, de tout récit.
Stéphane Korvin se concentre sur les corps, les souffles, sur les peaux, les caresses, les déplacements... et les donne dans le bégaiement ce qui est déjà perdu, sauf à se convaincre qu'il faut «se croire sur parole» : glose amoureuse performative sans issue, lorsque renonciation de celle-ci remplace à jamais l'amour : «sans énoncer, serait presque aimer je pressens». Décidément les contes ne sont plus : «quelle vieille / chronique, citrouille / crois-tu encore tenir là ?
Stéphane Korvin, né en 1981, vit et travaille à Paris. Il poursuit un travail photographique et pictural autour des espaces projetés du corps et a, notamment, réalisé une série photographique à Gao (Mali) autour du Calendrier lagunaire d'Aimé Césaire, qui a donné lieu à une exposition à la galerie Le Lucernaire à Paris. Ses textes sont régulièrement publiés dans les revues A Verse, D'ici là, Libr-critique, N4728 ou Pyro. Percolamour est son premier recueil publié.
s'intiment (îles)
«L'île aussi est un mot, qui hésite entre liquide, solide et gazeux, un mot qui flotte dans la lumière un mot qui peut sombrer, l'île sur laquelle le mot sur lequel s'est porté mon amour, et comme tous les mots de la langue une détresse.»
Dominique Fourcade
le temps d'un
(on taille colibri)
lumière de tous bords
oiseaux cousus dans le vent
*
nous pesons si peu
une rosace d'hélium, une pelure d'encre
paupières à tâtons
rares et chétifs
nous pesons si peu
courant les rues, des restes de couvertures jetés sur les
épaules, du mercure sous les tempes
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