Il est un seuil parfois plus invisible qu une lisière, peut-être le seuil le plus intérieur de toute forêt : celui où disparaît une nature encore
familière, et ou commence celle qui revêt la dimension de l Ailleurs. C est lors de ce franchissement que très spontanément, nous venons
à dire « oui ! c est là ! ».
Désormais notre voix devient plus basse, nos échanges plus laconiques jusqu à se dissimuler dans le silence de l écoute.
Si nous entrons dans cette vieille forêt naturelle seulement avec un regard, il se peut qu à l inverse nous en ressortions avec une vision.
Effectivement en ces terres perdues, nous pouvons dépasser la seule disposition à voir pour nous retrouver dans cette impression
d entendre intérieurement ce que nous voyons ! Notre regard devient habité par tout ce qui vit. Il n y a pas que notre vue ; tous nos sens
s intériorisent, se recueillent pareillement. La résonance du lieu incise nos perceptions. Dès lors, nous sommes troublés de découvrir
qu un monde aussi étranger à nous-mêmes puisse autant vibrer dans l inconnu de notre intimité ! Une sensation plus vive d exister nous
envahit graduellement et nous déborde. L impression de reprendre connaissance nous conquiert. C est comme si l éveil extirpait de
nous un oubli qui outrepasse la seule mémoire de notre existence...
Plus tard, nous viendra l envie de partager cette expérience comme pour cautériser l exil qu un tel accroissement de sensibilité a
inopinément engendré, mais voilà, les mots nous manquent pour formuler un tel vécu. Nous ne sommes pas habitués à utiliser notre
langage pour témoigner de tels instants, et quand bien même puissions-nous y parvenir, n avons nous pas l impression dérisoire de
décrire à autrui une symphonie qu il n a pas entendu ? Oui, les mots ne semblent être que des assemblages de lettres quand nous
voulons communiquer l essence première du monde !
Ainsi, peut-être nos éveils à l essentiel se dérobent-ils aussi vite de notre vie que nos rêves au sortir du sommeil, sans doute parce que
nous restons faibles pour les reconnaître ; souvent parce que nous nous sentons impuissants à les formuler, et plus encore parce que
nous ne savons pas inventer un art de vivre pour ne pas perdre « l âme de ce que nous avons vécu ».
Comment dès lors revenir vers le monde des machines et de l humanité machinale en communiquant à nos semblables ce choc intime
avec l univers sauvage ?
Peut-être, l enjeu inconsciemment pressenti de cette découverte conditionnera ce que nous nous autorisons à vivre et mûrir réellement.
Notre expérience sera toujours à la mesure de nous-mêmes, de notre sensibilité, de notre force vitale, de notre courage...
Bernard Boisson est photographe, écrivain-poète, conférencier, réalisateur audiovisuel. Il s'emploie principalement à mettre en évidence les perceptions de nature peu ou pas encore intégrées par notre culture.
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Vendeur : Encore Books, Montreal, QC, Canada
Hardcover. Etat : Very Good. Etat de la jaquette : Very Good. Texte en français. Lengthy inscription on first page. Pages clean otherwise, with sturdy binding. N° de réf. du vendeur 10063
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Vendeur : Hairion Thibault, CREVOUX, France
Etat : Fair. A noter une tache d'eau claire au verso de la jaquette et un léger frottement au cartonnage. Intérieur propre. in-4. 1996. Cartonné/Jaquette. 213 pages. Avec des photographies en couleurs. Fair. N° de réf. du vendeur 19708
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Vendeur : Books+, Saint Maurice, France
In-4-carre, 29 cm, 216pp., illustr., photographies, reliure cart. de l'editeur avec jaquette, Nb-0181, La foret des sources - La foret intemporelle - Les signes dans la nature sauvage - Art et nature - Le biotope sensoriel primordial - Vers une sagesse organique - etc. . . N° de réf. du vendeur 52450
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