Parus il y a vingt ans de cela dans l'éphémère collection "Humour Libre" de Dupuis, ces quatorze contes saumâtres, inspirés des récits mythiques ou des personnages célèbres appartenant à notre folklore, tournent en dérision les figures légendaires de notre enfance. Ces fables délicieusement mordantes furent autrefois publiées en deux volumes, en 1997 et 1998, et réunissaient alors la fine fleur de la bande dessinée: Juillard, Zep, Boucq, Dupuy & Berberian, Hermann, Clarke, ou encore Jean-Claude Denis, auteurs émérites et reconnus aujourd'hui, tous devenus Grands Prix d'Angoulême entre-temps. Vingt ans plus tard, ces contes détournés, dessinés par des auteurs de prestige, se voient offrir une seconde jeunesse chez "Aire Libre", sous une couverture inédite d'André Juillard. L'occasion de s'assurer que l'humour libre et satirique de Yann, leur scénariste, n'a pas pris une ride !
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Né sous le regard de la fée bande dessinée, fort d'un oncle auteur des Petits Hommes et de parents diplômés des Beaux-Arts, Clarke (Frédéric Seron) choisit de perpétrer la tradition familiale et, après des débuts dans l'illustration, il conjugue rapidement son talent en planches. C'est en 1987 qu'il rencontre Gilson, autour d'un premier album, Rebecca/Bon anniversaire Papy. Le duo se retrouve six ans plus tard pour leur premier véritable carton, Mélusine. Le trait incisif et expressif de Clarke fait mouche, mais le scénariste qui sommeille en lui mettrait bien ses histoires au diapason ! C'est à Fluide Glacial qu'il se rôde en tant qu'auteur complet, au fil de maints récits courts – car Clarke est d'une productivité redoutable ! Cette première étape franchie, le moment est venu de nous révéler toute la vérité sur Mister President – le sujet d'origine est si risible que Clarke n'a pas vraiment à forcer sa vision au vitriol de la vie. Ca tombe bien, du coup, il lui reste un peu du précieux acide, qu'il mâtine d'une goutte d'absurde et de pantalonnade pour proposer à Türk d'écrire les aventures du Docteur Bonheur. Et Dieu sait ce qu'il ira encore rajouter au cocktail dans les prochaines années...
S'il a commencé dans l'illustration de presse avec des caricatures pour des magazines aussi renommés que Le Point, l'Expansion ou Playboy, c'est dans la bande dessinée que François Boucq explose véritablement. De son expérience passée, il retire un goût prononcé pour les visages expressifs et le dessin fouillé, magnifié par un sens peu commun du cadrage et de la mise en scène. Il se fait connaître pour ses récits humoristiques, où l'absurde le dispute souvent à la parodie. Mais, doué d'une capacité de travail peu commune (il lui est arrivé de dessiner jusqu'à deux planches par jour, sans jamais renoncer à la qualité qui a fait sa réputation), il délaisse volontiers l'humour pour se consacrer à des récits plus réalistes. Il adapte ainsi le romancier américain Charyn (La femme du magicien, Bouche-du-diable) explore le western avec Jodorowsky, dans les pages de Bouncer, ou les services secrets du Vatican avec Sente (Le Janitor). Héritier direct d'un Giraud, Boucq a ouvert des portes dans le dessin réaliste. Au fil des années, cette synthèse entre caricature et rigueur, lisibilité et précision du dessin a donné naissance à un style unique, qui lui permet de faire vivre tous les genres de récit avec le même brio.
Hermann est né en 1938, en Belgique. Il sort d'une enfance passée au milieu de la guerre et de l'occupation avec une envie urgente d'apprendre un métier, et une confiance toute relative en l'Homme. Après un détour par le Canada, il rentre au pays natal et se marie. Hasard de la vie, c'est son beau-frère, Philippe Vandooren, qui le mettra sur les rails en lui commandant une histoire pour une revue scoute dont il s'occupe. Hermann se prend au jeu, et va frapper à la porte du studio Greg. L'auteur d' « Achille Talon » est immédiatement frappé par le vent de renouveau que le jeune homme fait souffler sur le dessin réaliste, et entame « Bernard Prince » en sa compagnie. Suivront les aventures de « Comanche », à l'issue desquelles la notoriété d'Hermann est telle qu'il peut sereinement envisager de se lancer en solo. Il en résultera « Jeremiah », tout d'abord, et une pléthore de one-shots, au fil desquels il nous fait partager son goût pour l'aquarelle, mais surtout une certaine misanthropie. Hermann ne s'en est jamais caché : il se méfie de l'Homme, ne l'aime guère. Et toute son oeuvre a pour ambition de nous plonger le nez dans notre propre noirceur. Et il est rare, et précieux, qu'une telle laideur épouse de la sorte la beauté du dessin !
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Vendeur : Gallix, Gif sur Yvette, France
Etat : Neuf. Juillard, André; Zep; Hermann; Dupuy; Berberian; Rossi, Christian; Denis; Boucq, François; Bodart; Clarke; Gabrion; Michetz; Wendling (illustrateur). N° de réf. du vendeur 9791034730322
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