Parus il y a vingt ans de cela dans l'éphémère collection "Humour Libre" de Dupuis, ces quatorze contes saumâtres, inspirés des récits mythiques ou des personnages célèbres appartenant à notre folklore, tournent en dérision les figures légendaires de notre enfance. Ces fables délicieusement mordantes furent autrefois publiées en deux volumes, en 1997 et 1998, et réunissaient alors la fine fleur de la bande dessinée: Juillard, Zep, Boucq, Dupuy & Berberian, Hermann, Clarke, ou encore Jean-Claude Denis, auteurs émérites et reconnus aujourd'hui, tous devenus Grands Prix d'Angoulême entre-temps. Vingt ans plus tard, ces contes détournés, dessinés par des auteurs de prestige, se voient offrir une seconde jeunesse chez "Aire Libre", sous une couverture inédite d'André Juillard. L'occasion de s'assurer que l'humour libre et satirique de Yann, leur scénariste, n'a pas pris une ride !
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Véritable homme-orchestre du scénario, Yann est insaisissable. Drôle, cynique, féroce, romantique à l'occasion, féru d'Histoire, curieux de tout, il écrit, de préférence au vitriol, des récits toujours originaux, abondant en péripéties et reposant sur une vaste culture et un savoir parfaitement documenté. Amateur invétéré du bon mot, il enrichit de savoureux dialogues chacune de ses créations. Né à Marseille le 25 mai 1954, ce Breton désormais installé à Bruxelles a goûté tout jeune aux joies de la publicité et de l'architecture avant de sombrer dans la BD en réalisant seul quelques "Cartes Blanches" de l'élève Balac pour le journal de Spirou en 1974. Après un bref passage dans Curiosity Magazine, son association avec Conrad va secouer la vénérable maison de Marcinelle à partir de 1978. S'ils réussissent encore à masquer leur caractère révolutionnaire en illustrant "Jason" sur un scénario de Mythic, les deux redoutables compères mettent à profit leurs séjours dans les combles de la Maison de Spirou pour étudier durant la nuit les planches apportées par leurs confrères et imaginer des "hauts de page" d'animation particulièrement critiques à l'égard de leurs aînés et de tout ce qui passe à proximité. Attendus au tournant, ils attaquent leur première grande série d'aventure en imposant des personnages aux antipodes de la bande dessinée traditionnelle, les "Innommables", trio déjanté qui trouvera finalement refuge dans le catalogue de Dargaud. Ils mettent ensuite à mal le mythe de Bob Morane en réalisant deux albums de "Bob Marone" chez Glénat avant de se séparer pour poursuivre chacun de leur côté une œuvre renouvelant le neuvième art. S'il s'offre parfois encore le plaisir de crayonner certains scénarios ou séquences de récit pour ses illustrateurs, Yann comprend rapidement que le dessin ne permet pas la réalisation rapide de toutes les idées qui bouillonnent en lui. Soucieux d'investir tous les éditeurs du marché avec de multiples séries, il abandonne résolument la partie graphique et se tourne vers l'écriture pour une véritable armée de dessinateurs. On le verra ainsi apporter son punch à Frank Le Gall ("Yoyo" et un épisode de "Théodore Poussin"), Marc Hardy ("La Patrouille des Libellules", "Lolo et Sucette", "Croqu' la vie"), Yslaire (le premier épisode de "Sambre"), François Avril ("Le Voleur de ballerines"), Yves Chaland (quelques "Freddy Lombard"), Denis Bodart ("Les Affreux", "Nicotine Goudron", un épisode de "Chaminou")), Batem et André Franquin ("Le Marsupilami"), Olivier Neuray ("Nuits blanches"), Philippe Bercovici ("Léonid et Spoutnika"), Marc Michetz ("Tako"), Édith ("Basil et Victoria"), Louis Joos ("S.O.S. Aïcha"), Berthet ("Pin up"), Fabrice Lamy ("Colt Walker"), Laurent Verron ("Odilon Verjus"), Morris ("Lucky Luke"), etc. Après avoir placé ses pions chez presque tous les éditeurs sérieux de BD, il rentre par la grande porte chez Dupuis en écrivant des récits épiques pour René Hausman dans "Aire Libre" ("Les Trois cheveux blancs" et "Le Prince des écureuils"), la saga des "Chasseurs d'étoiles" pour Wozniak et certaines séries particulièrement pimentées de la collection "Humour Libre" : "Lolo et Sucette", "Spoon & White" et les anthologies des "Sales petits contes". Aujourd'hui, Yann est sans conteste l'un des trop rares scénaristes incontournables de la profession.
Né à Liège le 16 novembre 1965, Frédéric Seron, dit "Clarke", sait presque tout faire ! Jouer de la musique, parler l'espagnol, composer des chansons en allemand, écrire en danois, chanter en latin... et même réaliser un nombre incroyable de planches de bande dessinée chaque semaine ! Après avoir suivi les cours de l'école des Beaux-Arts, il s'oriente vers l'illustration de mode avant d'être séduit par la BD en participant à des publications collectives locales ("Qui a tué François Walthéry" et "B.D. Mode, c'est belge"). En 1987, il publie, chez Khany, son premier album personnel : "Rebecca Bon anniversaire, Papy", sur scénario d'un autre débutant, François Gilson, qui ne le quittera plus guère. SPIROU accueille ses récits complets des "Cambrioleurs", écrits par Crosky, et les mini-strips fantaisistes d'"Africa Jim", animés par Gilson. C'est avec ce dernier que Clarke découvre les charmes de la sorcellerie en lançant "Mélusine" en 1992. Envoûtées, les Éditions Dupuis accorderont rapidement sa propre collection d'albums à l'éternelle apprentie-magicienne. Avec le succès, la production de Clarke s'emballe à tel point qu'il est contraint d'adopter le pseudonyme Valda pour illustrer, dans un style plus épuré, les aventures des "Baby-sitters" que lui propose Christian Godard. La collection "Humour libre" lui permet de se multiplier. Sur des scénarios de Yann, il massacre allègrement les biographies des respectables auteurs Andersen et Perrault proposés dans la série des "Sales petits contes". Il s'octroie du reste le plaisir d'y ouvrir sa propre collection, avec la complicité de Midam pour les scénarios, sous le titre prometteur "Durant les travaux, l'exposition continue...". Caractéristique originale des deux premiers tomes de cette série : tous les personnages de ces gags arborent des lunettes. Clarke dit n'en porter que lorsque ses yeux sont fatigués... Ce qui ne doit pas lui arriver trop souvent, car il trouve encore le temps et l'énergie pour livrer moult animations au beau journal SPIROU quand il n'anime pas une nouvelle série pour le mensuel FLUIDE GLACIAL.
Né à Genève le 15 décembre 1967, Zep a tout pour lui. Il est jeune, beau gosse, sympathique, talentueux et Suisse. En outre, il cumule les succès en librairies, T-shirteries et carteries avec “Titeuf”, son personnage fétiche, qui découvre la vie (et surtout l’amour) avec beaucoup de naïveté et une curiosité insatiable. Passionné de musiques modernes et pris du virus BD dès son plus jeune âge, il lance à douze ans son propre fanzine qu’il baptise ZEP, en hommage au groupe Led Zeppelin. Viré de son école pour humour déplacé dans cette publication, il en adopte le titre comme pseudonyme! Après l’école des Arts décoratifs de sa bonne ville de banquiers, l’artiste en herbe fait en 1985 son entrée à SPIROU où il accomplit ses premiers pas de professionnel dans quelques séries plus ou moins éphémères, dont la plus remarquée propose les gaffes d’un apprenti imprimeur (“Victor”). Il affine vite son trait et sa technique de la couleur directe, faisant des apparitions dans les pages de CHAMPAGNE !, FEMMES D’AUJOURD’HUI, JEUDI-SPORTS MAGAZINE, SAUVE QUI PEUT, LA VIE, L’HEBDO et LE NOUVEAU QUOTIDIEN. Dès 1992, il lance chez Glénat sa série vedette “Titeuf”, avant de revenir par la grande porte aux Éditions Dupuis en réalisant de savoureux reportages dessinés sur l’amour chez les adolescents (“Les Filles électriques”) et ses expériences de fanatique d’évènements musicaux (“L’Enfer des concerts”), deux sujets assurément autobiographiques pour la nouvelle collection "Humour Libre". Pour le second volume des “Sales petits contes” consacré à Charles Perrault, dans la même collection, il se laisse tenter par un scénario félin de Yann : “Les Petits chats se cachent pour mourir”. Auteur complet, il manie aussi bien l’ironie que la tendresse et a su développer un style et un ton qui n’appartiennent qu’à lui. Fan de Donald Duck et de Bob Dylan, de guitare électrique et de Mandryka, il est l'une des nouvelles vedettes de la bande dessinée, conjugant avec un égal talent succès critique et plébiscite public !
Né à Paris le 9 juin 1948, André Juillard est un des grands maîtres contemporains qui ont fait école : son graphisme élégant et précis a influencé une large part des auteurs de bandes dessinées historiques qui s’illustrent dans la collection “Vécu” des éditions Glénat. Formé aux Arts décoratifs, il accomplit ses premiers pas professionnels chez Fleurus ("La Longue piste de Loup Gris" en 1975 sur un scénario de Claude Verrien, également son complice pour “Bohémond de Saint-Gilles”, “Isabelle Fantouri” et “Les Cathares” avec Didier Convard). C’est dans PIF GADGET en 1980 qu’il crée “Masquerouge” avec Patrick Cothias, ébauche de la série des “Sept vies de l’épervier” qui assurera leur succès chez Glénat. Reconnu comme un spécialiste de la reconstitution du passé, il est approché par Jacques Martin pour concrétiser “Arno”, héros en marge de la fresque napoléonienne à laquelle le père d’Alix rêve de donner vie. Son œuvre se diversifie désormais au gré de sa passion pour l’histoire et de ses inspirations ; évocations méticuleuses (“Deux mille ans d’histoire du Loiret”, “Deux mille ans d’histoire du Calvados”, “Paris”), feuilleton historique (‘Plume au vent” avec Cothias), la série fantaisiste du “Dernier Chapitre” où il imagine la vieillesse de célèbres héros de la BD, illustrations de livres, affiches, cartes postales, portfolios... et même la reprise de classiques Blake et Mortimer sur scénario d’Yves Sente. Pour la collection "Humour Libre", Yann fait appel à lui pour illustrer dans le premier volume des “Sales petits contes” la singulère quête matrimoniale de “La Princesse aux concombres”. Grand Prix de la Ville d’Angoulême 1996, Juillard a prouvé avec “Le Cahier bleu” et "Après la pluie", dont il a signé scénario et dessin, qu’il était aussi un auteur complet. Ici, derrière la justesse et la précision caractéristiques de son trait, on lui découvre en plus un humour décalé et pince-sans-rire.
Né le 17 juillet 1938 à Bévercé, en Belgique, Hermann Huppen vit son enfance dans un pays en guerre, habitant d'un petit village où la seule culture est celle des champs. Élevé par sa mère, il suit cette dernière à Bruxelles, comprenant vite que la ville ne sera jamais son élément naturel. Le jeune homme, désireux de s'assumer au plus tôt, suit une formation d'ébéniste. Diplôme en poche, il n'exercera toutefois cette profession que 15 jours, avant de décider de changer de voie. Tout en suivant en parallèle quelques cours du soir à l'Académie des Beaux-Arts de Saint-Gilles, Hermann travaille ensuite dans un bureau d'architecture. L'expérience, là encore, sera courte, puisqu'à 18 ans, il part pour le Canada avec sa mère. Déçu par le grand canyon existant entre la réalité des choses et l'idée qu'il se faisait du rêve américain, Hermann revient en Belgique trois ans plus tard, où il reprend son travail dans l'architecture. À 22 ans, Hermann se marie et se découvre un beau-frère bédéphile : Philippe Vandooren, futur directeur éditorial des Éditions Dupuis. Vandooren dirige à l'époque la revue scoute Plein-feu, pour laquelle il commandera Histoire en able, tout premier récit signé Hermann. Hermann illustre ensuite, en 1965, un Oncle Paul pour le Journal Spirou. Il est alors remarqué par le Studio Greg, qui l'engage, lui permettant de définitivement se consacrer à la bande dessinée. Hermann et Greg, qui vont vite former un duo mythique, démarrent deux séries appelées à devenir légendaires : Bernard Prince , symbole ultime de la BD de grande aventure exotique (Dargaud puis Le Lombard), mais aussi Comanche, western humaniste tout en restant bourré d'aventure. Les deux séries seront publiées dans le Journal Tintin avant de l'être en albums. Herman se consacre ensuite, à partir de 1975, aux deux premiers Jugurtha (écrits par Laymillie). En 1977, Hermann décide de s'occuper en personne de ses scénarios. Il démarre ainsi l'étonnante et addictive série post-apocalyptique Jeremiah, aujourd'hui publiée chez Dupuis. En 2002, Jeremiah deviendra une série avec Luke Perry dans le rôle-titre. Trente-cinq épisodes seront tournés. En 1982, Hermann démarre Les tours de Bois-Maury (Glénat), épopée médiévale dont dessin et scénario suscitent, tout comme Jeremiah, un fort engouement. Entre deux productions en solo, Hermann réalise la série onirique Nic, avec Morphée. Nic sera publié dans le Journal Spirou et fera l'objet d'une fresque à Bruxelles.En 1991, Hermann publie Missié Vandisandi dans la prestigieuse collection Aire libre de Dupuis. Grâce à ce premier one-shot, il découvre la liberté que peut apporter une histoire complète et reviendra dès lors très régulièrement à ce style d'écriture. Il le prouve en 1995 avec Sarajevo-Tango (Aire libre), critique indignée de la situation de la Bosnie-Herzégovine d'alors, plongée en pleine guerre. La couleur directe proposée par Hermann dans cet album signe les prémisses de ce qui deviendra une marque de fabrique réputée. En 1996, Hermann publie Caatinga, une somptueuse fresque brésilienne (Le Lombard). Il revient ensuite au western avec On a tué Wild Bill (Dupuis, 1999) et salue l'an 2000 en illustrant Lune de guerre, (d)étonnant polar signé Jean Van Hamme. Hermann, stakhanoviste à la régularité légendaire, est également l'auteur de bien d'autres récits, tels que La vie exagéré de l'Homme Nylon (Lombard, 2007). Mais la BD, chez Hermann, est aussi une affaire de famille. En témoignent ses nombreuses collaborations avec son fils Yves H, qu'il seconde tout d'abord sur son premier album : Le Secret des hommes-chiens (Dupuis, 1995). Père et fils publient ensuite, dans la collection Signé du Lombard, des albums aussi forts que Liens de sang (2000) ou Manhattan Beach 1957 (2002). En 2003, le duo signe chez Aire libre le récit Zhong Guo puis, chez Casterman, la trilogie Sur les traces de Dracula (2006). Hermann et Yves H reviennent alors chez Aire libre avec le remarquable diptyque du Diable des sept mers (2008-2009), avant de publier chez Glénat (2011) Une nuit de pleine lune puis Retour au Congo (2013). 2015 voit l'arrivée de Sans pardon (Lombard) et 2016 celle deStation 16 (même éditeur). Hermann et Yves H reviennent ensuite chez Dupuis pour Le passeur (Aire libre) avant d'entamer pour Le Lombard un grande série western : Duke. Déjà titulaire du prix Diagonale, Hermann est élu Grand Prix du Festival d'Angoulême en 2016. Une distinction mille fois méritée au vu de l'apport de l'auteur à son média, mais aussi au vu des générations de lecteurs enchantés par ses séries, pour la plupart devenues mythiques.
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Vendeur : Gallix, Gif sur Yvette, France
Etat : Neuf. Juillard, André; Zep; Hermann; Dupuy; Berberian; Rossi, Christian; Denis; Boucq, François; Bodart; Clarke; Gabrion; Michetz; Wendling (illustrateur). N° de réf. du vendeur 9791034730322
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