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Le silex et le miroir - Couverture souple

Crowley, John

 
9791036001598: Le silex et le miroir

Synopsis

Tout ce territoire appartenait aux O'Neill, et ce depuis toujours. Voici l'histoire de Hugh O'Neill, seigneur d'Ulster, qui vécut entre deux mondes : la terre d'Irlande, celle des contes et des légendes où les sidhe protègent les O'Neill, et l'Angleterre, où il a été élevé, afin qu'il puisse " comme un jeune faucon, revenir plus volontiers au poing anglais ". Quand la reine Elisabeth lui susurre ordres et mots doux à travers un miroir enchanté par un mage de sa cour, John Dee, les anciens peuples d'Irlande, sortis de terre pour en faire leur champion, mettent en lui leur espoir de victoire et d'indépendance. John Crowley conte la chute d'un homme ; et celle, plus grande encore, d'une culture - sa magie, ses histoires, sa langue. Mais si ces disparitions semblent refléter l'inéluctabilité de nos destins, nous sommes de fait les porteurs de nos histoires, car nous les écrivons nous-mêmes. La fin d'un temps n'est pas la fin du poète. Traduit de l'angais par Patrick Couton.

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À propos de l'auteur

John Crowley est un écrivain américain né dans le Maine en 1942. Il a fait ses études à l'université de l'Indiana, puis s'installe à New York où il entreprend une carrière d'assistant documentariste pour le cinéma.Le critique littéraire américain Harold Bloom place John Crowley parmi les auteurs américains les plus importants du siècle et son chef-d'œuvre, Little, Big, comme l'un des romans indispensables de ces cinquante dernières années.
C'est que John Crowley, parmi les écrivains œuvrant dans la littérature dite « de genre » (science-fiction, merveilleux, fantastique), occupe une place à part : son œuvre est peu abondante, complexe, riche de niveaux de lecture et d'interprétations multiples, loin des canons et des thématiques habituels. Point de dragons, de royaumes perdus, de conquêtes spatiales ou de superpouvoirs, mais des histoires parallèles ou alternatives, des décalages subtils, des mondes ¿ réel et imaginaire ¿ qui s'interpénètrent, s'imbriquent et se reflètent. John Crowley est aussi, et surtout, l'un des auteurs du domaine à la qualité littéraire la plus aboutie. Il manie la grammaire avec une précision rare et use d'un vocabulaire clair et remarquable.

À propos de la quatrième de couverture

Tout ce territoire appartenait aux O’Neill, et ce depuis toujours.

Voici l’histoire de Hugh O’Neill, seigneur d’Ulster, qui vécut entre deux mondes : la terre d’Irlande, celle des contes et des légendes où les sidhe protègent les O’Neill, et l’Angleterre, où il a été élevé, afin qu’il puisse « comme un jeune faucon, revenir plus volontiers au poing anglais ».

Quand la reine Élisabeth lui susurre ordres et mots doux à travers un miroir enchanté par un mage de sa cour, John Dee, les anciens peuples d’Irlande, sortis de terre pour en faire leur champion, mettent en lui leur espoir de victoire et d’indépendance.

John Crowley conte la chute d’un homme ; et celle, plus grande encore, d’une culture – sa magie, ses histoires, sa langue. Mais si ces disparitions semblent refléter l’inéluctabilité de nos destins, nous sommes de fait les porteurs de nos histoires, car nous les écrivons nous-mêmes.

La fin d’un temps n’est pas la fin du poète.

Traduit de l’angais par Patrick Couton.

Extrait. © Reproduit sur autorisation. Tous droits réservés.

La nuit, à la lueur du feu et des grandes chandelles puantes de roseau et de beurre, ils buvaient de la bière de Dungannon et du vin d’Espagne, et ils discutaient. Toujours de la même chose : des O’Neill. Tout autre sujet qui venait dans les conversations et les chansons avait un lien avec cette longue histoire, qu’il s’agisse de la singularité – la stupidité ou la fourberie, les deux se défendaient – des colonisateurs anglais, qu’il s’agisse des raids et des contre-raids de clans voisins, ou encore de récits d’un lointain passé. Hugh ne savait jamais avec certitude, et peut-être ses aînés ne le savaient-ils pas davantage, quelles parties de l’histoire s’étaient passées mille ans plus tôt et lesquelles se passaient maintenant. Des héros s’étaient insurgés, avaient lancé des coups de main, tué leurs ennemis et emporté leur bétail et leurs femmes ; les O’Neill avaient été sacrés ard ri, rois des rois, à Tara. On faisait mention de leur ancêtre Niall des Neuf Otages et du roi des rois Jules César ; de Brian Boru et de Cuchulain, qui avaient vécu il y avait longtemps, et de la fille du roi d’Espagne, pas encore née ; de Shane O’Neill, vivant actuellement, et de ses féroces redshanks écossais. Conn, le grand-père de Hugh, avait été an Ò Neill, l’O’Neill, chef de son clan et de ses branches ; mais il avait laissé les Anglais l’adouber comte de Tyrone. Il y avait toujours eu un O’Neill investi à la pierre du couronnement de Tullahogue au son de la cloche de St Patrick, mais Conn O’Neill, comte de Tyrone, s’était agenouillé devant le roi Henri, de l’autre côté de la mer, et avait promis de planter du blé et d’apprendre l’anglais. Et, à l’approche de la mort, il avait dit qu’il fallait être fou pour faire confiance aux Anglais.

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