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L'Ile Perdue - Couverture souple

Hall, James-Norman

 
9791093406107: L'Ile Perdue

Synopsis

Après le désastre de Pearl Harbor, l ingénieur américain George Dodd est chargé par son gouvernement de construire une base aéronavale dans un atoll de Polynésie. Il doit pour cela raser un Rot paradisiaque où vivent, en parfaite harmonie avec la nature, une centaine de Polynésiens. A son retour de mission, le narrateur raconte la découverte émerveillée de cette vie simple et heureuse, et son oeuvre désolante de destruction qui a brisé sa croyance optimiste dans la civilisation du progrès. Avec cet ouvrage sensible et indigne, écrit a chaud en 1943, au fort de la guerre du Pacifique, James Norman Hall nous invite a une réflexion écologique avant l'heure, qui frappe aujourd'hui par son actualité.

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C'était le genre d'île dont rêve un enfant sans trop croire à son existence. La plage qui donnait sur le lagon était de pur sable de corail, légèrement doré par la lumière du couchant et marqué d'empreintes d'oiseaux et de traînées sinueuses de bernard-l'ermite. Du côté de l'océan, le récif était à une cinquantaine de mètres, séparé par des grandes flaques d'eau qui reflétaient le ciel du soir. D'anciennes tempêtes avaient amoncelé sur le rivage des fragments de coraux arrachés au récif qui formaient comme un rempart. Assis sur ce rempart, Viggo et moi regardions les garçons prendre des poissons au harpon; deux d'entre eux étaient partis sur le motu contigu à celui-ci pour ramasser des œufs d'oiseaux... Je marchai lentement jusqu'au bout de l'île, le cœur brisé à la pensée de la tâche qui m'attendait, maudissant le sort qui m'avait désigné pour cet acte de vandalisme exigé par les nécessités de la guerre. Je m'emportais contre cette prétendue civilisation industrielle et ses œuvres, qui ne pensait qu'à elle-même et à la recherche de nouveaux espaces pour étendre sa croissance monstrueuse. Pour la première fois de mon existence, je voyais en elle un horrible cancer, désolant la terre, polluant les rivières, abattant les forêts, empoisonnant l'air de son haleine fétide, et proliférant de proche en proche, en enserrant pour les détruire jusqu'à des miettes de terre comme celle-ci...

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