La Critique de la Raison Pure de Kant (Paperback). Cet article n’est pas disponible.
Langue : français
Edité par Klincksieck, 2024
- Livre broché
- Neuf

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Paperback. Le 7 juillet 1959, dans le quatorzieme de ses cours sur la Critique de la raison pure, Adorno avoue subitement: il ne s'agit ici de rien moins que la fondation de la position philosophique que je defends moi-meme et que je crois pouvoir rattacher a cette reflexion sur Kant. Plus que d'un cours, il est question d'une histoire restee jusque-la muette, celle du detour adornien par Kant dans l'elaboration de la dialectique negative et celle du retour de Kant dans une trajectoire philosophique qui s'etait eloignee du criticisme apres s'etre pourtant initiee dans la Critique de la raison pure. C'est a l'age de quinze ans qu'Adorno encore lyceen est forme par Siegfried Kracauer de maniere inoubliable a la lecture de ce livre difficile. Les rencontres avec Walter Benjamin en 1923 puis avec Alfred Sohn-Rethel en 1936 seront autant d'occasions de relecture de la premiere Critique dont ce cours de 1959 livre les strates de memoire en meme temps qu'il les rearticule dans une perspective propre, comme on fait soudain rayonner une nouvelle question philosophique depuis son passe oublie. Kant est le philosophe qui permet a Adorno de retrouver un moment de non-identite dans la connaissance et de ressaisir ce qui a ete perdu de la chose dans son traitement conceptuel. Les choses en soi, c'est-a-dire l'inconnaissabilite de l'en soi des choses, que Kant ne voulait pas abandonner - en depit de toutes les critiques qu'elles lui valurent - parce qu'elles reservaient l'avenir de la metaphysique, sont interpretees par Adorno comme les depositaires de l'irreductible inadequation entre la connaissance et la chose. Et cette irreductibilite kantienne fait voler en eclats le mensonge premier de l'idealisme, qui consiste a reduire tout objet a sa constitution par le sujet. Detour par Kant, retour de Kant - Kant nomme la difference d'Adorno dans la filiation hegelienne et marxienne de sa pensee, et cette difference apparait ici comme une des entrees decisives dans le laboratoire de la Dialectique negative (1966), puisque s'y elaborent a la fois la these du primat de l'objet Shipping may be from multiple locations in the US or from the UK, depending on stock availability.…
N° de réf. du vendeur 9782252047422
- Titre
- La Critique de la Raison Pure de Kant (Paperback)
- Auteur
- Theodor Wiesengrund Adorno
- Éditeur
- Klincksieck
- Année de publication
- 2024
- État de l'article
- new
- Reliure
- Paperback
- Langue
- français
- ISBN à 10 chiffres
- 2252047429
- ISBN à 13 chiffres
- 9782252047422
Le 7 juillet 1959, dans le quatorzième de ses cours sur la Critique de la raison pure, Adorno avoue subitement : « il ne s’agit ici de rien moins que la fondation de la position philosophique que je défends moi-même et que je crois pouvoir rattacher à cette réflexion sur Kant. »
Plus que d’un cours, il est question d’une histoire restée jusque-là muette, celle du détour adornien par Kant dans l’élaboration de la dialectique négative et celle du retour de Kant dans une trajectoire philosophique qui s’était éloignée du criticisme après s’être pourtant initiée dans la Critique de la raison pure. C’est à l’âge de quinze ans qu’Adorno encore lycéen est formé par Siegfried Kracauer de manière inoubliable à la lecture de ce livre difficile. Les rencontres avec Walter Benjamin en 1923 puis avec Alfred Sohn-Rethel en 1936 seront autant d’occasions de relecture de la première Critique dont ce cours de 1959 livre les strates de mémoire en même temps qu’il les réarticule dans une perspective propre, comme on fait soudain rayonner une nouvelle question philosophique depuis son passé oublié.
Kant est le philosophe qui permet à Adorno de retrouver un moment de non-identité dans la connaissance et de ressaisir ce qui a été perdu de la chose dans son traitement conceptuel. Les choses en soi, c’est-à-dire l’inconnaissabilité de l’en soi des choses, que Kant ne voulait pas abandonner ― en dépit de toutes les critiques qu’elles lui valurent ― parce qu’elles réservaient l’avenir de la métaphysique, sont interprétées par Adorno comme les dépositaires de l’irréductible inadéquation entre la connaissance et la chose. Et cette irréductibilité kantienne fait voler en éclats le mensonge premier de l’idéalisme, qui consiste à réduire tout objet à sa constitution par le sujet.
Détour par Kant, retour de Kant ― Kant nomme la différence d’Adorno dans la filiation hégélienne et marxienne de sa pensée, et cette différence apparaît ici comme une des entrées décisives dans le laboratoire de la Dialectique négative (1966), puisque s’y élaborent à la fois la thèse du « primat de l’objet »
« Synopsis » peut appartenir à une autre édition de cet ouvrage.
À propos de l’auteur
Philosophe, sociologue, compositeur, musicien et musicologue, Theodor Wiesengrund Adorno
(1903-1969) est un d'un des principaux représentants de l'école de Francfort (philosophie), au sein de
laquelle a été élaborée la « Théorie critique » (Théorie esthétique, traduction française : Klincksieck,
1985) et de la seconde école de Vienne (musique), théoricien de la « Nouvelle Musique ».
Rolf Tiedemann est un philosophe et philologue allemand. Il fut l'assistant de Theodor W. Adorno à l'Institut de recherche sociale de L’École de Francfort.
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