Synopsis
Les Grands Interpretes
Extrait
Extrait de l'avant-propos de Christian Pirot
Cette nouvelle série d'ouvrages collectifs a pour but de célébrer la chanson française dans ce qu'elle a de plus vivant, de plus enrichissant, de plus noble. Les chansons que nous aimons ne sont pas le reflet de l'air du temps. Elles viennent d'ailleurs, de la nuit des temps, aiguisent notre sensibilité, nos émotions, nos sentiments. Elles sont universelles.
Le premier volume paru, au titre nostalgique, Chroniques d'un Âge d'Or, regroupait Trenet, qu'«un rien... fait chanter», le premier de nos grands auteurs-compositeurs-interprètes, Ferré, Brassens, Gainsbourg, Brel, Nougaro, Barbara, Anne Sylvestre, Souchon, Lavilliers et Renaud. Le plus souvent auteurs de leurs textes ou des musiques les accompagnant, ou des deux à la fois, ils ont bouleversé le paysage de la chanson française et de nos vies.
Le deuxième, Le bel aujourd'hui de la chanson française, saluait, optimiste, l'apparition d'une nouvelle génération d'artistes peu soucieux du show-biz et de la mode, généralement auteurs de leurs textes : Les Rita Mitsouko, Juliette, Miossec, Dominique A, La Grande Sophie, Benabar, Abd Al Malik, Delerm, Grand Corps Malade, Jeanne Cherhal et Olivia Ruiz.
Ce troisième volume consacre les grands interprètes : Chevalier, Piaf, Montand, Reggiani, Bécaud, Gréco, Ferrât, Dalida, Hallyday, Bashung et Julien Clerc.
Je pressens les reproches de mes lecteurs fidèles : ce livre est un fourre-tout, qu'y a-t-il de commun entre tous ces artistes ? Plus grave encore, on soulignera que certains ont écrit une partie importante de leurs textes : Piaf (plus de 40 chansons dont La Vie en rose), idem pour Ferrât, d'autres les musiques : Bécaud, Bashung, Julien Clerc, d'autres enfin furent interprètes stricto sensu : Chevalier, Montand, Reggiani, Gréco, Dalida, Hallyday (même si ce dernier n'hésita pas à cosigner certains de ses tubes). Ce qui les unit, c'est que ni les uns ni les autres n'interprètent - ou si peu - de mauvaises chansons. Je n'ai jamais cru, comme on l'écrit trop souvent, qu'un grand interprète puisse chanter le bottin en provoquant l'émotion qui nous saisit quand nous entendons Piaf interpréter L'Accordéoniste ou L'Hymne à l'amour.
Qu'est-ce donc qu'interpréter ? Dans son texte admirable sur Juliette Gréco, Bertrand Dicale apporte la réponse : c'est «dire ce qui n'a pas été dit dans ce qui est dit». Il précise : «interpréter, c'est apporter autre chose à ce qui est écrit, rehausser ce qui avait été tracé. Un supplément, un ajout, une vérité, une invention, une poésie, une humanité». Il conclut : «Interpréter, c'est [...] faire jaillir une splendeur».
En d'autres termes, et c'est ce que je crois, une grande chanson, c'est un texte, une musique et une interprétation. Sans que l'on puisse dire lequel des trois composants est l'essentiel. Nous sommes dans le domaine de l'alchimie.
Un exemple : L'Épilogue passe pour l'un des plus beaux poèmes d'Aragon, son testament. Lorsque Jean Ferrât le mit en musique pour l'interpréter, il considéra qu'il y avait de légères boiteries dans certains vers et les rectifia sans que quiconque ne s'en offusquât, voire ne s'en aperçût.
J'avais fait, en lançant cette série d'ouvrages, ce pari audacieux de constituer «la bibliothèque idéale» de la chanson française. Restait à réunir autour de ce projet une équipe d'auteurs, plumes amies, exigeantes, férues de chanson, crédibles, de divers horizons - journalistes spécialisés, écrivains, artistes. Dans ce volume, Jacques Perciot, Frédéric Brun, Claude Frigara, Bertrand Dicale, Ludovic Dormion, Maddly Bamy et Olympia Alberti.
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