Pour un pain volé, pour vagabondage ou pour indiscipline ; suite à une lettre de dénonciation d’un frère, à la tyrannie d’un père ; au nom de la protection et de l’éducation, sur fond de peur du corps féminin et des classes populaires, elles sont jugées comme délinquantes et enfermées dans une école de préservation, maison de correction pour jeunes filles.
Elles s’appellent Marthe, Monelle, Jeanne ou Berthe ; visages blafards, les jeunes filles apparaissent identiques dans leurs uniformes de cendre, leurs sabots et leurs tabliers à carreaux bleus. Âgées de 11 à 21 ans, elles sont toutes considérées comme coupables ou, pour le moins, dérangeantes.
Discipline et maltraitances sont le lot quotidien de ces pupilles soumises à la violence des surveillantes, à des ordres qui brisent les nuques.
Mais ces mauvaises filles résistent...
Un jour de novembre 1934, trois heures durant, sur les toits de l’école de préservation de Clermont, ces jeunes filles se réapproprient leur enfance inachevée et remplissent le ciel de leurs chants et de leurs rires.
Un soulèvement-joie auquel Perrine Le Querrec prête son souffle en donnant voix à ces mutines.
Perrine Le Querrec est née en 1968 à Paris et vit aujourd’hui dans l’Indre. Qu’elle publie des formes poétiques, des romans ou des pamphlets, la langue de Perrine Le Querrec nous entraîne dans un univers d’une grande singularité. Longtemps « recherchiste » pour la télévision, le cinéma ou encore l’édition, l’image et l’archive sont restées des matériaux essentiels à ses travaux d’écriture.
À La Contre Allée, elle est l’autrice de Rouge Pute, Le prénom a été modifié, Soudain Nijinski et LePlancher.
L’œuvre de Perrine Le Querrec s’exprime également au sein des catalogues des éditions Bruno Doucet, Les Inaperçus, Arts et fiction, ou encore Les Lisières.