Il possédait le plus grand trésor de l'histoire de la piraterie. Il choisit la potence plutôt que de le rendre.
Calais, 1714. La paix d'Utrecht vient de désarmer les corsaires du Roi. Olivier Levasseur, fils de bonne famille, lettré, élégant, tient dans sa main une lettre de marque qui ne vaut plus rien. Il lui reste deux choses : une balafre qui lui dévore un œil, et une langue si tranchante qu'on le surnomme la Bouche.
Il ne rentrera pas. Cap sur Nassau, la république des forbans, où l'on n'obéit qu'au Code. Bientôt, on ne l'appellera plus que La Buse — l'oiseau de proie qui fond sans prévenir.
Des tavernes des Bahamas aux côtes du Brésil, des comptoirs négriers de Guinée aux mangroves de Madagascar, il bâtit la carrière la plus vertigineuse de l'Âge d'Or. Et un jour d'avril 1721, devant l'île Bourbon, il aborde sans un seul coup de feu un galion portugais désemparé. À bord : le vice-roi des Indes, l'archevêque de Goa, des coffres de diamants — et une croix d'or et de rubis si haute qu'il faut trois hommes pour la soulever.
La prise la plus riche jamais faite en mer. Le début de sa fin.
Car trois ans plus tard, la France lui offre l'amnistie, la vie sauve, l'oubli. Il suffit de rendre le butin.
Il refuse.
Ce qu'il advint d'Olivier Levasseur, de sa croix disparue et du bout de papier qu'il aurait jeté à la foule, le 7 juillet 1730, à cinq heures du soir, la corde au cou — voilà ce que raconte ce livre. Et ce qu'il ne raconte pas : nul ne le sait encore. On creuse toujours.
Ce que vous trouverez dans ces pages
- Une tragédie en cinq mouvements, de l'honneur à la potence, portée par une voix de chroniqueur du XVIIIe siècle
- Un pirate qui frappait par le verbe autant que par le sabre
- Le récit exact de la prise du Nossa Senhora do Cabo, d'après les archives
- La naissance, sous vos yeux, de la plus tenace légende de chasse au trésor du monde
Chroniques de l'Âge d'Or de la Piraterie — chaque tome, un pirate, une vie entière, une chute. Tous se lisent indépendamment.
Le trésor est peut-être encore là. Le récit, lui, commence à la première page.