Il passe le petit doigt dans les deux anneaux d'or, et tire d'un coup sec. La chair cède, 1e sein s'effiloche. Un instant, il reste là, immobile, tâtant du bout de l'ongle du pouce les deux anneaux qu'il m'a volés, et qui le lient à moi maintenant. Il jette un coup d'œil circulaire. Et part, de la même démarche souple. Lentement, les fantômes s'égayent dans le cimetière. La lune, sans états d'âme, poursuit sa cours verticale. Avec Post-scriptum, Florence Dugas clôt sa trilogie sadomasochiste traduite dans le monde entier. Une signature. Un clin d'œil, contemporain, à Sade.
• « Voici déjà cinq minutes que je suis morte et cet imbécile ne s'est rendu compte de rien et continue à me limer consciencieusement. »
Dès cette première phrase, Florence Dugas définit son univers érotique de prédilection : Éros et Thanatos. Florence, la jeune morte, va suivre les périgrinations de sa dépouille. C'est ainsi qu'elle voit la peine de son amante qui la découvre, gisant écartelée, sur leur lit. Elle subira, entre autres, les assauts nécrophiles des croque-morts dans une messe païenne et orgiaque puis verra, à son enterrement, défiler les personnages des romans précédents de Florence Dugas : Dolorosa Soror et L'Évangile d'Éros. L'évocation des souvenirs de la défunte dessine alors les contours d'une sexualité voulant toujours dépasser ses propres limites, tutoyer la mort pour, parfois, y sombrer.
En trois romans qui deviendront des classiques de la littérature érotique contemporaine (elle est déjà traduite en Angleterre, aux U.S.A, en Italie, en Espagne et en Hollande), Florence Dugas a exploré les aspects les plus noirs, les plus intenses de l'amour porté au paroxisme des sens. Dans les corps tourmentés, torturés, mutilés ou détruits, Florence Dugas a redonné force et vigueur au concept de littérature sadienne. Sa plume trouble, horrifie ou terrorise comme seul savait le faire le Divin marquis.