Dans le cadre de l’exposition «Le Temps retrouvé : Cy Twombly photographer, friends and others» proposée par la collection Lambert en Avignon, Cy Twombly se fait également commissaire d’exposition au moment des Rencontres d’Arles pour inviter deux grands artistes à la Chapelle du Méjan, Douglas Gordon et Miquel Barceló qui interrogent en ce lieu l’idée même du portrait et de son devenir.
Douglas Gordon a été à l’honneur avec le livre «Point Omega» de Don DeLillo (Actes Sud) où l’auteur américain prenait comme point de départ l’hypnotique installation vidéo « 24 Hours Psycho », où le temps du film est étiré par l’artiste sur toute une journée. Cette installation est présentée, accompagnée de photographies de stars brûlées, “Selfportrait as you+me, 1998”, comme autant d’icônes qui se consument devant nous : Arletty, Montand, Deneuve, Jouvet, Romy Schneider, Trintignant…, notre propre visage apparaissant à travers le reflet des miroirs au dos de ces images détruites par le feu. Barceló n’est pas photographe et pourtant, sa toute nouvelle série de peintures sera associée à cette exposition déroutante. Comme il l’avait esquissé en 2010 pour la grande exposition « Terramare », son invention picturale consistant à peindre des portraits d’Africains albinos à l’eau de Javel prend une dimension nouvelle alors que partout dans la ville d’Arles se dérouleront les «Rencontres internationales de la photographie».
En alchimiste virtuose, Barceló peint à l’aveugle ― sans voir le résultat final ― des portraits sur de la toile de lin noire qui réagit chimiquement à la Javel, laissant apparaître des visages comme passés par le feu dans un étrange bain révélateur ; Modiano, Deneuve, Podalydès ainsi que des amis proches. Tout l’art de Rembrandt, Goya, Eugène Carrière est là, dans une noirceur rappelant les flammes et les cendres des portraits énigmatiques de Douglas Gordon.
Don DeLillo s'est aujourd'hui imposé comme un auteur culte sur le plan international.
Il est l’auteur de dix-huit romans parmi lesquels Bruit de fond, Libra, Outremonde, L’Homme qui tombe, Zero K, Le Silence, et de quatre pièces de théâtre.
Il a obtenu les distinctions littéraires les plus prestigieuses dont The National Book Award, The PEN/Faulkner Award et The Jerusalem Prize pour l'ensemble de son œuvre, ainsi que la William Dean Howells Medal de l’Académie américaine des arts et des lettres. Son recueil de nouvelles L’Ange Esmeralda a été finaliste du Story Prize et du PEN/Faulkner Award. En 2013, Don DeLillo a reçu le Library of Congress Prize for American Fiction et en 2015 la National Book Foundation lui a décerné la Medal for Distinguished Contribution to American Letters.
En France, toute son œuvre est publiée par Actes Sud.
Anne-Marie Garat est née en 1946 à Bordeaux. Après des études de Lettres, elle poursuit un DEA de Cinéma à l'université de Paris I.
S'intéressant à l'expérimentation de la pédagogie de l'image, elle a enseigné le cinéma et la photographie à Périgueux, puis à Paris et dans sa banlieue. Elle fut également chargée de mission, auprès de Jack Lang, pour l'enseignement du cinéma à l'école.
Anne-Marie Garat a publié de nombreux articles relatifs à l'image dans plusieurs revues (Trafic, La Recherche photographique, Les Cahiers du cinéma, plusieurs catalogues d'exposition). Elle participe régulièrement à des colloques universitaires, et donne des conférences en France et à l'étranger.
Auteur d'une œuvre littéraire de tout premier plan, Anne-Marie Garat a notamment obtenu le prix Femina pour son roman Aden (Seuil) en 1992.
Elle a été très remarquée, ces dernières années, pour sa grande trilogie romanesque, parue chez Actes Sud : Dans la main du diable (2006), L’Enfant des ténèbres (2008) et Pense à demain (2010). Avec cette trilogie, elle relève le défi d'allier exigence littéraire et succès populaire.
Derniers titres parus : Programme sensible (2012), La Première Fois (2013, collection “Essences”), et La Source (2015). La Nuit Atlantique, son dernier roman, a paru chez Actes Sud début 2020.
Traductrice du français vers l'anglais